Encore raté !

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Encore raté !
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Comme à Rome en 2009, le relais 4x100m français échoue dans sa quête d'or au premier jour des Mondiaux de Shanghai. Dominés il y a deux ans par les Américains seulement bronzés ce dimanche, les Français (Bernard, Stravius, Meynard, Gilot) tombent cette fois sur une équipe d'Australie surprise, mise sur orbite par un premier relais venu d'ailleurs, oeuvre de James Magnussen en 47"49 ! Camille Muffat offre le bronze sur 400m.

Comme à Rome en 2009, le relais 4x100m français échoue dans sa quête d'or au premier jour des Mondiaux de Shanghai. Dominés il y a deux ans par les Américains seulement bronzés ce dimanche, les Français (Bernard, Stravius, Meynard, Gilot) tombent cette fois sur une équipe d'Australie surprise, mise sur orbite par un premier relais venu d'ailleurs, oeuvre de James Magnussen en 47"49 ! "On n'est pas déçu de notre prestation, c'est une médaille d'argent. On n'avait rien à perdre, on n'a jamais gagné de relais." Toute la fraîcheur de Jérémy Stravius, le nouveau venu dans le relais 4x100m français, s'exprime au micro de France 2 après que les Bleus ont ce dimanche, à Shanghai, encore tutoyé la première marche, avant d'échouer à la deuxième place. L'équipe de France qui rêvait de lancer d'entrée ses Mondiaux par un premier titre a encore assisté à l'échec, relatif, de ses sprinters. Après tout, pour la quatrième fois consécutive dans un grand championnat après les Jeux olympiques de 2008 (argent), les Mondiaux de 2009 (bronze) et les Championnats d'Europe de 2010 (argent), les Français sont montés sur le podium. Sans doute, mais deux ans après la déception de Rome, les Tricolores, en argent pour quatorze centièmes (3'11"14) derrière l'étonnante Australie (3'11"00), mais devant les Etats-Unis (3'11"96), ratent encore l'or auquel l'extraordinaire densité du sprint français les promettent depuis plusieurs années maintenant. Un titre accroché en décembre dernier aux Mondiaux de Dubaï, mais il ne s'agissait que de petit bassin. Mais au moins Alain Bernard et ses coéquipiers semblaient en avoir fini avec leur complexe. En Chine, le collectif débarquait une fois encore avec la pancarte de favori avec les Etats-Unis et la Russie, finalement rentrée dans le rang (5e). Un statut assumé lors des séries matinales, où le relais tricolore signait le meilleur chrono en 3'12"09 devant... les Américains et les Russes. Le ton était donné, notamment par Bernard, auteur d'un excellent premier relais en 48"37 -un chrono qui lui aurait permis de décrocher son billet pour Shanghai en individuel-, même si les Américains laissaient dans le même temps au repos les Phelps, Adrian et autre Lezak. Bernard craque encore Comme aux JO de Pékin, le duel franco-américain promettait le feu en finale. Une prévision battue en brèche par une équipe d'Australie sortie de sa boîte pour se hisser à un niveau de performance insoupçonné en ce jour de sacre pour Cadel Evans sur la Grande Boucle. Celui de la grande époque des Kangourous quand Ian Thorpe et Michael Klim s'offraient l'Olympe (JO de Sydney 2000) et le Monde (Fukuoka 2001). Pour quatorze centièmes de seconde, l'Australie va souffler à la France, qui avait choisi de conserver les mêmes hommes et le même ordre de relais (Bernard, Stravius, Meynard, Gilot), cette fichue médaille d'or. "C'était une course de très haut niveau. Les Australiens ont fait la course de leur vie. Ils étaient sous-cotés, on s'attendait aux USA et à la Russie", relevait Alain Bernard toujours sur France Télévisions. "Deuxième aux championnats du monde. On ne fait pas ça tous les jours", ajoutait-il. A Pékin, en 2008, l'Antibois avait craqué dans le dernier relais face à Lezak. Quatre ans plus tard et Bernard, plus lent qu'en séries, va signer le cinquième chrono (48"75) des nageurs au départ. Rédhibitoire ! A sa décharge, le protégé de Denis Auguin, qui prétendait accueillir ce résultat "sans amertume", va tomber face à lui sur un extra-terrestre. A tout juste 20 ans, James Magnussen incarne le futur et même déjà le présent sur la distance, capable d'avaler ce premier relais dans le temps hallucinant de 47"49, à six dixièmes seulement du record du monde en combinaison de Cielo (46"91). Et reléguant Michal Phelps au rang de faire-valoir (48"08). Et dire que l'intéressé avait abordé ces Mondiaux diminué par une pneumonie... Mise ainsi sur orbite, l'Australie ne sera plus revue. Pourtant, derrière, Stravius, malgré son inexpérience à ce niveau, fait mieux que sa course en 47"78 pour permettre aux Bleus de revenir de la cinquième à la troisième place aux 200 mètres. "On n'avait rien à perdre. On y est allé avec les tripes", commentait le Picard, tout à sa joie d'accrocher sa première médaille mondiale. William Meynard suivait de près et explosait son chrono du matin (48"23) en signant en 47"39 le troisième meilleur chrono lancé derrière les 47"31 de l'Italien Filipo Magnini. "J'ai fait mon boulot", soulignait sobrement l'intéressé. Fabien Gilot pouvait entrer en lice pour partir à l'assaut des Etats-Unis à l'entame de son dernier relais. Le Marseillais claquait un terrible 47"22 inégalé dans le bassin de l'Oriental Sports Center. Et venait mourir dans le sillage de l'intouchable Australie, même s'il tenait à l'arrivée à souligner "l'importance du partage" dans ce relais et, conscient qu'il confirme ses prétentions en individuel, ajoutait: "Il nous a manqué quelques mètres. La semaine est encore longue." Autre chance en individuel, Meynard, lui, ne perdait pas la foi dans cette "équipe jeune (qui) peut nager beaucoup plus vite". Encore faut-il le prouver le jour-J...