En pensant à lui

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En pensant à lui
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C'est accompagnés de Tyler Farrar, le meilleur ami de Wouter Weylandt dans le peloton, que les coureurs de la formation Leopard-Trek ont franchi la ligne d'arrivée de la 4e étape du Tour d'Italie, pour rendre hommage à leur coéquipier décédé en course la veille. L'étape a été neutralisée pour honorer la mémoire du Gantois de 26 ans, en présence de sa famille et de ses proches.

C'est accompagnés de Tyler Farrar, le meilleur ami de Wouter Weylandt dans le peloton, que les coureurs de la formation Leopard-Trek ont franchi la ligne d'arrivée de la 4e étape du Tour d'Italie, pour rendre hommage à leur coéquipier décédé en course la veille. L'étape a été neutralisée pour honorer la mémoire du Gantois de 26 ans, en présence de sa famille et de ses proches. "Il n'y a pas grand-chose à faire." Giovanni Visconti, le champion d'Italie, a résumé toute la détresse du peloton du Giro, au lendemain du décès tragique de Wouter Weylandt lors de la 3e étape. Pour honorer la mémoire du coureur belge, un futur papa de 26 ans, décrit comme un homme charmant par la presse belge, les coureurs ont décidé, après concertation, et après avoir consulté le père du Gantois, de prendre le départ de la 4e étape, neutralisée. Pareil hommage avait été rendu en 1995, après le décès de l'Italien Fabio Casartelli sur le Tour de France. La course a donc continué, "parce que c'est ce que Wouter aurait voulu", selon son ancien coéquipier Jérôme Pineau, en larmes, interrogé par Eurosport. Leader du classement général depuis lundi, David Millar, l'un des coureurs les plus influents du peloton, est à l'origine de cette décision. "Je porterai le maillot rose demain (mardi), mais ce sera à la mémoire de Wouter. Il n'y aura ni célébration, ni gloire, juste de la tristesse", déclarait lundi soir le Britannique, sur le site de la Garmin-Cervélo. Les coureurs, qui avaient pour la plupart enfilé un brassard noir, ont tardé ce matin à aller signer la feuille de départ, sur laquelle était inscrite la mention RIP (Rest in peace, repose en paix) dans la case réservée au dossard n°108. Une minute de silence a été observée au départ de Gênes, à 11h40. Puis les équipes, tout au long de la journée, se sont relayées, dans l'ordre inverse du classement général, pour assurer un tempo régulier de 37 à 40 km/h. Une lente procession. Rapidement, le peloton est passé à proximité du Passo del Bocco, là où Weylandt a perdu la vie. "Dans une descente technique, difficile, mais nous avons vu bien pire", selon Paolo Bettini, interrogé sur Sky Sports. Une enquête a été ouverte par la police italienne, mais selon toute vraisemblance, Weylandt aurait heurté un muret avant de chuter à près de 85 km/h. "C'est la fatalité", estime Eddy Merckx. Il serait mort pratiquement sur le coup, mais l'information n'a été révélée qu'une heure plus tard. Les organisateurs auraient d'abord voulu prévenir Anne-Sophie, la compagne du coureur. La douleur de Farrar La jeune femme était présente au départ, et à l'arrivée de cette 4e étape. Elle a pu assister à l'hommage rendu par le peloton au père de son futur enfant, qui naitra en septembre. A quatre kilomètres de l'arrivée, alors que le "relais" des Garmin-Cervélo arrivait à son terme, David Millar s'est avancé pour indiquer aux Leopard-Trek de prendre quelques mètres d'avance. Les huit coureurs de la formation luxembourgeoise, alors accompagnés de Tyler Farrar, le meilleur ami de Wouter Weylandt, complètement effondré, ont coupé la ligne d'arrivée tous ensemble. Sous les applaudissements de la foule, qui s'est massée pour rendre un ultime hommage au Belge. Comme la veille, il n'y aura pas eu de cérémonie protocolaire, et l'étape ne comptera pas pour le classement général. Selon Eurosport, il n'est pas encore certain que tous les coureurs de la formation luxembourgeoise prennent de nouveau le départ mercredi matin. La famille de Weylandt aimerait voir ses anciens coéquipiers continuer et pourquoi pas imiter Lance Armstrong en 1995. L'Américain, tout jeune à l'époque, avait remporté l'étape trois jours après le décès de Fabio Casartelli, et franchi la ligne d'arrivée les doigts et les yeux pointés vers le ciel. Tyler Farrar, lui, rentrera en Belgique dès ce soir. "Wouter était mon ami, mon partenaire d'entraînement et, de bien des façons, un frère pour moi, décrit le sprinteur américain. Sa mort marque un changement irréparable dans ma vie et, plus important encore, dans les vies de sa famille et de ses proches. Je me souviendrai toujours de lui, et m'efforcerai de le rendre fier, comme il l'a toujours fait pour son sport et pour les gens qu'il aime."