En maîtres du monde !

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En maîtres du monde !
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A 34 jours de l'ouverture de la Coupe du monde (9 sept-23 oct.), les All Blacks ont pris date en surclassant samedi, dans leur forteresse de l'Eden Park, théâtre de la finale du Mondial inviolée depuis 17 ans, le rival australien (30-14) renvoyé à ses chères études. Plus qu'une option sur la victoire finale dans ce Tri Nations, l'avantage psychologique pris par McCaw et ses hommes est incontestable.

A 34 jours de l'ouverture de la Coupe du monde (9 sept-23 oct.), les All Blacks ont pris date en surclassant samedi, dans leur forteresse de l'Eden Park, théâtre de la finale du Mondial inviolée depuis 17 ans, le rival australien (30-14) renvoyé à ses chères études. Plus qu'une option sur la victoire finale dans ce Tri Nations, l'avantage psychologique pris par McCaw et ses hommes est incontestable. L'Eden Park reste bel et bien le paradis des All Blacks. L'invincibilité du rugby néo-zélandais dans son temple d'Auckland dure depuis dix-sept ans -et un succès de l'équipe de France- et même l'Australie, annoncée comme le plus dangereux rival de l'équipe de Graham Henry, n'y peut rien changer. Les Wallabies et leurs jeunes stars issues des Reds ont soudain fait leur âge (24 ans de moyenne) pour lourdement chuter (30-14) sans jamais pouvoir contester le rouleau compresseur d'une sélection néo-zélandaise au sommet de son art. Ses adversaires ne peuvent que l'espérer à 34 jours de l'ouverture de la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.)... Plus encore que les options prises sur la Bledisloe Cup et sur une nouvelle victoire finale dans ce Tri nations, l'avantage psychologique pris avant le Mondial par Richie McCaw et ses partenaires, même s'il ne garantie rien (voir par ailleurs), est certain. L'équipe all black la plus âgée de l'histoire (29 ans et 123 jours de moyenne) est aussi la plus expérimentée (766 sélections), qui renvoie au moins jusqu'au match retour à Brisbane, le 27 août, Ashley Cooper, surclassé dans son duel avec Carter, et sa jeune phalange, décevante et plombée par un déficit flagrant de puissance, à leurs chères études. L'impact des Blacks "Les Australiens ne nous craignent pas", avait prévenu cette semaine Steve Hansen, l'entraîneur-adjoint de Graham Henry. Peut-être... Mais la réciproque se vérifie dès l'entame de match. Après une pénalité Dan Carter qui, auteur d'un 100% au pied (15 points, à 6 sur 6), continue de creuser l'écart sur Jonny Wilkinson en tête des meilleurs buteurs de l'histoire (3-0, 6e), les All Blacks marquent au fer rouge leurs rivaux. C'est la puissance physique qui parle, terrible, et offre le premier essai de la rencontre à Ma'a Nonu, qui fête comme il se doit son association record avec son compère du centre, Conrad Smith. A l'origine, Piri Weepu est le premier à transpercer la défense australienne pour alerter le futur Clermontois, Sitiveni Sivivatu, qui profite de la montée hasardeuse de Kurtley Beale, avant d'être repris à un mètre de la ligne. A l'affût, Nonu, relayé par Jerome Kaino, a bien suivi pour relever le ballon et aplatir cet essai transformé par Carter (10-0, 10e). L'Australie tente bien de réagir, notamment sur cette séquence à quatorze phases de jeu (20e), mais la révolte des Wallabies, interdite sur des extérieurs verrouillés à double tour, se fait dans l'affolement et le jeu au près des hommes de Robbie Deans n'a certainement pas la même efficacité que du côté des Blacks. Des visiteurs dans l'urgence, à l'image d'un Quade Cooper soudain moins souverain et qui sur cette chandelle dévissée, met son équipe sous la pression d'un Weepu dynamiteur. Le demi de mêlée confirme l'avance prise sur son rival Jimmy Cowan, et impose le mouvement, le rythme et la rapidité dans le jeu de son équipe. Au ras, l'impact néo-zélandais fait des merveilles, encore relayé par Kaino, avant que le talonneur Keven Mealamu ne conclue sous les poteaux (17-0, 28e). Les Blacks sont d'un réalisme clinique quand en face, même la botte de James O'Connor est rattrapée par la fébrilité sur ces deux échecs, qui privent les Wallabies d'un rapproché avant la pause. Le jeune buteur australien compromet un peu plus les chances d'un retour de sa formation sur ce nouveau raté dès la reprise (42e). Là où Carter prend les points dès qu'ils se présentent avec ce drop impeccable (20-0, 46e). Il faut un exploit personnel de Digby Ioane, qui dépose d'un "cad-déb" d'école Mils Muliaina, excusez du peu, pour à peine desserrer l'étreinte d'un essai que transforme Cooper (20-7, 52e). Un sursaut sanctionné du tac au tac sur le renvoi, où Cooper se rate pour laisser Smith filer sur l'aile et envoyer Sivivatu inscrire en coin un 33e essai en sélection (27-7, 54e). Comme John Smit le week-end dernier, à Dunedin, Rocky Elsom en est réduit à sauver les honneurs en fin de match sur une nouvelle inspiration d'un Ioane, rare satisfaction de ce qui ressemble bien à un camouflet pour l'Australie.