Emane se couvre d'or

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Emane se couvre d'or
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L'équipe de France a décroché sa deuxième médaille, mais surtout son premier titre, ce jeudi à Paris-Bercy à l'occasion de la troisième journée des Mondiaux 2011. Gevrise Emane, déjà sacrée il y a quatre ans dans la catégorie des moins de 70 kilos, a cette fois-ci été la reine des moins de 63 kilos en venant à bout, en finale, de la Japonaise Yoshie Ueno. Elle montre ainsi la voie à suivre aux autres judokas tricolores.

L'équipe de France a décroché sa deuxième médaille, mais surtout son premier titre, ce jeudi à Paris-Bercy à l'occasion de la troisième journée des Mondiaux 2011. Gevrise Emane, déjà sacrée il y a quatre ans dans la catégorie des moins de 70 kilos, a cette fois-ci été la reine des moins de 63 kilos en venant à bout, en finale, de la Japonaise Yoshie Ueno. Elle montre ainsi la voie à suivre aux autres judokas tricolores. Il aura donc fallu attendre la troisième journée des Mondiaux de Paris-Bercy pour que l'équipe de France ouvre son compteur doré, grâce à une jeune femme qui, à 29 ans, réussit un doublé rare: quatre ans après avoir décroché le titre mondial en -70kg, Gevrise Emane se pare à nouveau d'or, mais dans la catégorie inférieure des -63kg. Championne d'Europe en début d'année, victorieuse du prestigieux de Tournoi de Paris, la sociétaire du Levallois Sporting Club boucle là une saison exceptionnelle qu'elle tentera de confirmer dans un an à Londres. Je suis de nouveau championne du monde, en plus à Paris, c'est énorme. C'est beaucoup de plaisir, explique une Gévrise Emane particulièrement rigoureuse et travailleuse. Pour arriver à ce deuxième titre, il lui aura certes fallu batailler, mais toute la journée, la Française a semblé maîtriser son sujet: victorieuse au golden score en demi-finale de la Néerlandaise Elisabeth Willeboordse, assez nettement dominée cependant, elle s'est ensuite débarrassée en finale de la double tenante du titre japonaise, Yoshie Ueno, qui, si elle a été vaincue sur décision arbitrale (à l'unanimité), n'aura jamais semblé pendant les huit minutes du combat en mesure de battre la native de Yaoundé. Ueno est forte, elle est double championne du monde en titre, il ne faut pas l'oublier. Je savais que je devais être à l'attaque la première, j'étais concentrée, je savais ce que je devais faire, explique-t-elle. La voilà désormais reine de cette catégorie des -63kg. Elle va évidemment désormais se concentrer vers les Jeux Olympiques. C'est le seul titre qui me manque, je vais beaucoup travailler pour y arriver. Avant, cela il va d'abord falloir que je me qualifie car on est deux dans la catégorie, glisse-t-elle, humble. Il n'y a pas de doute sur le fait que, sauf blessure, c'est bien elle qui représentera la France à Londres avec l'objectif de se parer de nouveau d'or. Pietri au pied du podium Gevrise Emane n'était pas seule en demi-finale. Loïc Pietri avait également réalisé le score parfait lors de la session matinale pour se hisser dans le dernier carré. Pour ce faire, il a d'abord disposé du Serbe Miroljub Ivezic, un premier combat dans le ton offensif nécessaire avec à la clé deux waza ari. La suite s'annonçait autrement plus compliquée face Guillaume Elmont. Mais il a su s'accrocher et répondre au défi physique imposé pour l'emporter d'un yuko. Deux succès contre le Géorgien Tchrikishvili (waza ari) puis surtout de l'Azeri Rajabli en quarts de finale et il filait donc vers les combats de feu. Mais son face-à-face avec l'Azeri lui a coûté très cher. Mené, il a dû s'employer comme jamais allant au bout de ses forces pour remonter un handicap et s'imposer. Il s'est surtout blessé au tibia et n'a pas du coup pas été en mesure de défendre correctement ses chances en demi-finale contre le Coréen Kim numéro 1 mondial et de nouveau champion du monde à Bercy. Même son de cloche contre le Moldave Sergiu Toma dans le combat pour le bronze perdu sur un étranglement. Je me suis blessé, j'ai pris un pet et je n'ai pas pu tout donner en demi-finale et en place de 3. Je pense que ce n'est pas grave mais je ne pouvais pas être au top, confirme le Niçois évidemment très déçu après coup. Schmitt est passé tout près Alain Schmitt et Clarisse Agbegnou ont, eux, été contraints de céder avant. Bien avant même en ce qui concerne la Rennaise. Exempte de premier tour, elle a débuté sa compétition face à la vice-championne d'Europe néerlandaise Anicka Van Emden. ''C'était difficile mais largement à sa portée, elle avait la capacité de passer, elle a bien avancé mis du rythme mais à chaque fois son adversaire attaquait avant. Il fallait lancer avant'', considère Larbi Benboudaoud, entraîneur national. A seulement 19 ans, Agbegnenou a peut-être eu du mal à appréhender l'événement. A l'inverse Alain Schmitt a mordu dans la compétition tant qu'il a pu. Il s'en est fallu de peu pour qu'il ne vienne à bout du Brésilien Leandro Guilheiro en huitièmes de finale. Une décision en sa défaveur deux drapeaux à un. Dur à digérer pour un Schmitt qui se sentait en grande forme après trois succès par ippon. La fin de parcours est d'autant plus amère qu'il avait le sentiment d'avoir fait ce qu'il fallait pour passer. "Je savais que ce serait dur, que ça se jouerait à un détail ou au golden score. J'ai eu la sensation d'être au-dessus, il restait droit mais il fuyait. J'avais le combat en mains... Les arbitres ne sont pas au niveau, depuis le début les Français sont désavantagés", lâchait-il dépité à la sortie du tapis.