Dusautoir: "Que ça devienne naturel"

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Dusautoir: "Que ça devienne naturel"
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Capitaine du XV de France, Thierry Dusautoir s'est présenté aux médias en préambule d'une tournée automnale, qui verra les Bleus défier successivement les Fidji, l'Argentine et l'Australie. L'occasion pour le troisième ligne aile du Stade Toulousain de confirmer que le Mondial occupe l'esprit des troupes de Marc Lièvremont et de clamer son envie d'effacer une tournée de juin de triste mémoire. Mais également de saluer ceux qui ont dû déclarer forfait, Jonathan Wisniewski en tête.

Capitaine du XV de France, Thierry Dusautoir s'est présenté aux médias en préambule d'une tournée automnale, qui verra les Bleus défier successivement les Fidji, l'Argentine et l'Australie. L'occasion pour le troisième ligne aile du Stade Toulousain de confirmer que le Mondial occupe l'esprit des troupes de Marc Lièvremont et de clamer son envie d'effacer une tournée de juin de triste mémoire. Mais également de saluer ceux qui ont dû déclarer forfait, Jonathan Wisniewski en tête. Thierry, ça y est, vous êtes officiellement en mode "préparation Coupe du Monde"... Je pense que Marc (Lièvremont, ndlr) veut sensibiliser tous les joueurs sur le fait que la Coupe du Monde est dans un an. Le staff nous a demandé de bien récupérer, de faire attention aux petits bobos que l'on pouvait avoir, nos organismes ayant été soumis à rude épreuve depuis août. En plus, avec l'absence de tournée d'été, nous allons jouer pour la dernière fois contre l'une des plus importantes nations du Sud (l'Australie) fin novembre. Il faut se rendre compte que le Mondial n'est vraiment pas loin, et qu'il faut commencer à y penser sérieusement. Après, je ne pense pas qu'être en mode "préparation Coupe du Monde" se quantifie. Cela se fait au quotidien, petit à petit. C'est peut-être le départ de la montée en puissance... En tout cas, je ne pense pas qu'être en configuration Coupe du monde soit uniquement une pensée. Ce sont des gestes à faire tous les jours, sans forcément se dire qu'on les fait pour la Coupe du monde. C'est les faire pour être le meilleur à son poste. Si on les fait tous- et c'est déjà le cas depuis longtemps-, petit à petit, l'équipe progressera. Cette date est toujours importante, car symbolique. Un compte à rebours est lancé. Tout le monde s'en inquiète. Mais il faut savoir qu'un joueur, pour être en équipe de France, fait déjà des efforts, et pour y rester, encore plus. De lui-même, il fera des efforts pour se préparer et être présent pour cette Coupe du monde. Cela rajoute-t-il de la pression pour cette tournée d'automne ? Non. En tout cas, cela ne devrait pas en rajouter. Jouer une Coupe du monde, c'est un plaisir, une fierté. Il ne faut pas le prendre comme une pression. La pression qui est présente - et légitime - c'est celle de savoir si l'on va en faire partie ou pas. C'est la seule qui existe. Pas le fait de savoir que la Coupe du monde est dans un an... L'ambiance au CNR est-elle différente ? Y a-t-il une volonté de s'appliquer plus forte que d'habitude ? On y pense. Ce serait mentir que de dire que l'on n'y pense pas. Mais la Coupe du monde, on ne la joue pas aujourd'hui. Nous avons nos objectifs sur ces trois matches qui sont importants pour nous. La manière dont nous allons les aborder va commencer à conditionner notre état d'esprit pour ce Mondial. Nous commençons donc à préparer cette Coupe du Monde, sans pour autant se taper la tête contre les murs. Au contraire: il faut que cela devienne naturel. L'important aujourd'hui est de retrouver le goût de la victoire, de retrouver un groupe qui gagne. Il y a une grosse ambition dans l'effectif, à tous les niveaux. Reste maintenant à le montrer sur le terrain. Dans quel état de forme vous trouvez-vous aujourd'hui ? Êtes-vous aussi fatigué, plus fatigué ou moins fatigué que les autres années à la même période ? Aussi fatigué que les autres années, ni plus ni moins. Mais je ne peux parler que de moi... La saison est fatigante, c'est vrai. Au Stade Toulousain, nous sommes actuellement plutôt en forme. A savoir s'il s'agit d'un pic de forme ou si c'est le système qui est bien intégré... J'espère que ça continuera un maximum de temps. Mais nous ne sommes qu'au premier tiers de la saison, c'est encore bien loin... Si vous me posez la question pendant le tournoi des 6 Nations, ce sera pire ! Donc pour l'instant, disons que je suis moins fatigué que ça ne pourrait l'être (sourire)... Ne serait-ce que ces trois prochaines semaines, nous allons oublier que l'on est toulousains et nous concentrer sur le maillot de l'équipe de France. "Il y a deux jours encore, on se rentrait dedans..." Avant même le début de cette tournée, on dénombre quatre forfaits... (Dimitri Szarzewski, William Servat, Pascal Papé et Jonathan Wisniewski, ndlr) Je suis déçu pour eux. Ce n'est jamais évident d'arriver à Marcoussis et de repartir... Surtout lorsque l'on n'a jamais eu de sélection. Je pense notamment à Jonathan Wisniewski, qui a eu cette opportunité et se blesse. Il doit se sentir un peu maudit. Mais cela montre bien aussi la richesse de l'effectif français: il n'y a pas trop de mal à trouver d'autres joueurs quand il y a des blessés. Ces forfaits ne m'inquiètent pas, ça arrive à chaque fois. Il y a toujours ce lot de blessures. Les matches de championnat et de coupe d'Europe sollicitent beaucoup les organismes. En club, il y a des impératifs qui font que l'on demande peut-être à certains de faire un peu plus d'efforts à un moment donné: ils le paient à un moment ou à un autre, ce qui explique peut-être le nombre de blessés. J'espère en tout cas que ceux qui partiront reviendront assez vite. Ces forfaits mettent-ils une sorte d'épée de Damoclès au-dessus de la tête de tous les joueurs ? Non. On est déçus pour les copains. Mais on sait tous que c'est la loi du sport, on sait tous que le week-end prochain, ça peut être notre tour. Malheureusement, cela fait partie de notre sport, de la vie de sportif de haut niveau. Nous sommes déçus pour ceux qui partent, mais cela ne met pas pour autant de pression particulière sur le groupe. Avez-vous hâte de débuter cette tournée ? Oui. On est toujours heureux de jouer les matches internationaux. Nous nous sommes regroupés hier, donc il faut quand même un petit peu de temps pour que l'on "s'apprivoise": il y a deux jours encore, on se rentrait dedans... Mais je pense que dès lundi, tout rentrera dans l'ordre et l'on pourra recommencer à former une équipe. "Envie d'effacer la tournée de juin" Un sentiment de revanche vous anime-t-il après la tournée catastrophique de juin dernier ? C'est sûr que, pour ceux qui l'ont vécue, ça a vraiment été difficile de s'en remettre. Nous avons un groupe ambitieux, et même si nous avions eu une tournée réussie, nous aurions voulu continuer sur cette lancée. En sport de haut niveau, on a toujours envie de gagner. Maintenant, nous avons peut-être encore plus de raisons, puisque l'on a échoué cet été. Mais cette ambition ne doit pas forcément venir de nos échecs, elle doit être tout le temps présente. Évidemment, nous avons envie d'effacer cette tournée. Nous avons envie de gagner parce que l'on doit gagner. On se prépare pour ça. Nous avons trois matches pour le faire, et il faut le faire ! Comment appréhendez-vous ce match contre les Fidjiens ? C'est un match de rugby, c'est du sport. L'aborder en disant que c'est un match facile, est, à mon sens, la meilleure façon pour le perdre. Nous serons légitimement ultra favoris pour cette rencontre. Mais les connaissant, ce sont souvent des joueurs qui, à eux seuls, font la différence. Nous serons vigilants, et j'espère que notre organisation et notre cohésion nous permettront de l'emporter. Vous allez vous frotter successivement à trois adversaires aux profils radicalement différents. La stratégie va évoluer, et c'est à mon avis une bonne chose d'aller crescendo, sachant que l'Australie est vraiment en forme. Mais les Fidji sont loin d'être des novices... Les joueurs qui évoluent dans notre championnat et jouent dans cette sélection marquent des essais tous les week-ends, font gagner leur équipe tous les week-ends. Ce sera par conséquent un match difficile. Mais je suis sûr que l'on est capables de relever le défi. La réussite d'une équipe Championne du Monde passe, en partie, par une forte communication, tant en interne qu'en externe. Avez-vous prévu de travailler tout particulièrement le discours vers le public et les médias ? Je pense que l'on doit être mal préparés, parce que l'on ne m'a rien dit... Le message extérieur n'est pas encore rôdé ! (sourire) La communication en interne se fait depuis longtemps déjà, de façon naturelle. Je pense qu'elle est nécessaire dans tout collectif lorsque l'on a l'ambition de gagner quelque chose. Nous sommes des êtres humains, il y a toujours de petits problèmes, au niveau du sportif ou de la vie de groupe. La communication dans le groupe est essentielle. Après, pour ce qui est de la communication externe, pour l'instant, nous n'avons pas de feuille de route à suivre... en tout cas on ne m'en a pas parlé (sourire)...