Dusautoir: "On est capable de tout"

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Dusautoir: "On est capable de tout"
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A un peu plus de 24 heures du choc face aux All Blacks, Thierry Dusautoir a donné ce vendredi matin le cap d'une équipe de France qui devra se montrer enfin décomplexée et libérée pour contrecarrer l'appétit de revanche des Néo-Zélandais. Loin du souvenir de Cardiff 2007, le capitaine des Bleus aspire à voir ses coéquipiers profiter de ce match de poule pour se lâcher. Si tel était le cas, alors il prévient: "La Nouvelle-Zélande a du souci à se faire."

A un peu plus de 24 heures du choc face aux All Blacks, Thierry Dusautoir a donné ce vendredi matin le cap d'une équipe de France qui devra se montrer enfin décomplexée et libérée pour contrecarrer l'appétit de revanche des Néo-Zélandais. Loin du souvenir de Cardiff 2007, le capitaine des Bleus aspire à voir ses coéquipiers profiter de ce match de poule pour se lâcher. Si tel était le cas, alors il prévient: "La Nouvelle-Zélande a du souci à se faire." Thierry, le capitaine que vous êtes va-t-il convoquer le souvenir de l'exploit du quart de finale en 2007 pour préparer ces retrouvailles avec les All Blacks ? En 2007, le contexte était assez différent, même s'ils étaient déjà, comme ils le sont assez souvent, favoris de ce match. Il faut croire que c'est un contexte qui nous va assez bien, d'avoir une grosse équipe en face de nous, ça nous permet de repousser nos limites et d'aller chercher ce genre de victoires. Faut-il s'attendre selon vous au même genre de match samedi, à l'Eden Park ? Franchement, j'espère que non parce qu'en 2007, on avait eu peu le ballon et on était concentré surtout sur notre occupation et notre défense. J'espère que demain, on proposera beaucoup plus de choses offensivement, mais qu'on aura la même rigueur défensivement parce que c'est ce qui nous avait permis de gagner. Après, face aux Néo-Zélandais, le plus important, c'est de bien conserver les ballons, éviter les turn-over parce que ce sont les rois de la contre-attaque. Votre record de plaquages ce jour-là en atteste: ce choc de 2007 fut d'une intensité physique hors du commun... Je n'ai jamais rejoué un match comme celui-ci depuis. Mais c'était à la fois dur physiquement et mentalement parce qu'il s'agissait d'un quart de finale de Coupe du monde. Je suis sûr que l'intensité sera au moins de ce niveau samedi. "McCaw ? On espère simplement pouvoir gâcher la fête..." Ce match sera également marqué par la 100e sélection de votre homologue néo-zélandais, capitaine et flanker de son équipe, Richie McCaw (voir par ailleurs). Votre réaction ? Il est le meilleur flanker du monde depuis dix ans. Il a deux fois plus de sélections que moi en dix ans de carrière. Je ne peux que respecter ce joueur, il est un grand capitaine pour les All Blacks, en plus d'être un grand joueur. Maintenant, les Blacks n'ont pas besoin de cet évènement-là pour se motiver pour gagner ce match. Je pense qu'ils ont déjà suffisamment de pression comme ça sur les épaules. On espère simplement pouvoir gâcher la fête demain (samedi). La polémique née cette semaine dans la presse néo-zélandaise a-t-elle pu constituer une source de motivation supplémentaire au sein du groupe ? Pour moi, il n'y en a pas. Une équipe a été annoncée et l'ensemble des joueurs concernés par ce match vont évidemment donner le maximum pour le gagner. Toute l'agitation qu'il peut y avoir autour de nous quelque part ne nous concerne pas. Sentez-vous les All Blacks aussi sereins qu'ils pouvaient le laisser paraître en 2007 ? Personnellement, je les ai trouvés impressionnants lors de leurs deux premiers matches. Après, c'est vrai qu'ils dominent moins le rugby international qu'ils ne le faisaient en 2007, mais c'est une Coupe du monde à domicile, c'est une grande équipe de rugby et ils n'ont pas trop le choix. Une seule place leur est réservée et ils feront tout pour la gagner. Je pense qu'au-delà du rugby en lui-même, ils ont la motivation pour aller au bout. Je pense aussi que perdre demain face à la France serait quelque chose de dur pour eux. Toute cette semaine, vos coéquipiers, par-delà la portée de ce match et de l'évènement, n'ont cessé de rappeler qu'il ne s'agissait pas d'une fin en soi. C'est aussi votre approche ? Depuis le début de la compétition, la pression est plus sur les épaules de nos adversaires, ça nous change pas mal. Je pense que si on arrive à évacuer la fébrilité dont on a pu faire preuve lors de nos derniers matches et à montrer plus de constance, alors les Néo-Zélandais ont du souci à se faire. Est-ce qu'à l'approche d'un match de cette dimension, votre rôle de capitaine est plus facile ? La motivation de vos joueurs n'est-elle pas toute trouvée ? Je pense que le fait de vous voir si nombreux aujourd'hui, la pression qu'on a pu avoir dans la presse au sujet de l'équipe, toute cette atmosphère montre que ce match est particulier, donc mes coéquipiers n'ont pas besoin que je leur mette une pression supplémentaire. C'est surtout qu'il me faut trouver les mots justes. Je le dis depuis assez longtemps : pour moi, être capitaine, ce n'est pas une question de débit dans mes propos, c'est la portée de ce que je peux dire à mes coéquipiers, ce que je peux éveiller chez eux. "Jusqu'à présent, il est certain qu'on a montré le pire..." Jusqu'à quel point faut-il s'inspirer de la victoire des Irlandais sur les Wallabies ? Je crois que les Irlandais ne se sont pas posé trop de questions. Ils ont pratiqué le rugby qu'ils savent pratiquer avec de la conviction. Ils ont cru en eux, ils ont abordé ce rendez-vous avec quatre matches de préparation perdus et une victoire face aux Etats-Unis, qui avait convaincu peu de monde. Ça montre bien que l'essentiel, c'est ce qui existe dans l'équipe et ce qu'elle peut générer, malgré le contexte et les matches précédents. Voilà en quoi la victoire irlandaise est intéressante. Sentez-vous justement au sein de votre groupe cette force susceptible de renverser la montagne qui vous attend samedi ? Oui, on en est d'autant plus capable qu'on n'a quelque part qu'à jouer un match de rugby et à profiter de l'évènement. C'est ce qui nous correspond le mieux. C'est sûr que le contexte est difficile. Notre année 2010 n'a pas été bonne, au niveau de la confiance, on n'est peut-être pas au top, mais quelque part, c'est dans ces situations-là qu'on réussit à faire ces exploits. On est capable de tout. Jusqu'à présent, il est certain qu'on a montré le pire, mais j'espère bien qu'on pourra samedi montrer le meilleur. Une défaite ne nous condamnerait pas en vue de la qualification et une victoire nous permettrait de passer en quarts de finale. Je dirais que demain, on n'a peut-être pas tout à gagner, on a juste à profiter et à se décomplexer.