Dusautoir: "Les premiers fautifs"

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Dusautoir: "Les premiers fautifs"
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Si certaines mauvaises langues ont pu prétendre qu'il avait lui aussi été pris du même sentiment de trahison éprouvé par son sélectionneur après le fiasco de l'Italie (22-21), Thierry Dusautoir est apparu ce jeudi, à Marcoussis, conquérant et bien décidé à emmener ses hommes sur le chemin du rachat samedi, au Stade de France, face au Pays de Galles.

Si certaines mauvaises langues ont pu prétendre qu'il avait lui aussi été pris du même sentiment de trahison éprouvé par son sélectionneur après le fiasco de l'Italie (22-21), Thierry Dusautoir est apparu ce jeudi, à Marcoussis, conquérant et bien décidé à emmener ses hommes sur le chemin du rachat samedi, au Stade de France, face au Pays de Galles. Thierry, ressentez-vous derrière vous un réel soutien collectif pour permettre à cette équipe de France de faire taire les critiques samedi soir face au Pays de Galles ? Je crois surtout qu'il est malvenu après une déconvenue comme on l'a subie ce week-end de notre part de critiquer qui ou quoi que ce soit. Les joueurs sont les premiers fautifs, ce sont les joueurs qui sont sur le terrain, ce sont les joueurs qui on reculé sur les impacts et qui ne sont pas parvenus à avancer lorsqu'ils avaient le ballon. On a pris une nouvelle leçon. Tout le monde a compris assez tôt que l'on était moins agressif que les Italiens. On passe par une période qui est compliquée. Mais je suis sûr qu'on en sortira plus forts. Il y a eu une envie de se resserrer et de repartir du bon pied. On s'est préparé en conséquence. Ce non match face aux Italiens ne risque-t-il pas de trotter dans les têtes encore samedi soir face à ces Gallois ? Avez-vous le sentiment qu'il est évacué ? Il n'y a rien à évacuer... Bien sûr il y a une remise en question de l'ensemble de l'effectif par rapport à notre performance en Italie. On se concentre sur le gain du match et il y a une volonté d'avancer maintenant. On a perdu le match de la semaine dernière sur une absence dans nos comportements et une faillite dans l'agressivité, là, aujourd'hui, on se prépare à être présent sur ces valeurs, qui sont le minimum syndical quand on joue au rugby. Après, on y pensera forcément, mais le meilleur moyen de l'évacuer, c'est de faire un match plein ce week-end. Les plus jeunes de ce groupe, et on pense notamment à votre charnière, ne sont-ils pas les plus exposés en termes de confiance après un tel résultat ? Cette charnière, comme dans toutes les équipes, porte notre jeu. Et je suis certain qu'elle va réagir comme l'ensemble de l'équipe ce week-end. "La réaction de Marc a été légitime" On parle beaucoup de l'équipe de France, mais finalement très peu de ces Gallois. Ils vous inspirent quoi ? Ils ont eu une fin de match correcte contre les Anglais, malgré leur défaite à domicile, depuis, on voit qu'ils restent des joueurs entreprenants, même s'ils jouent sans doute un peu moins et s'ils relancent un peu moins qu'ils ne le faisaient il y a un certain temps. Petit à petit, ils reprennent confiance en eux. Mais la priorité sera de s'occuper de nous-mêmes et notre performance en découlera. Ils auront vingt-deux Français en face, certes dans une situation difficile, mais qui auront l'envie de démontrer qu'ils sont présents et fiers de porter leur maillot. A la différence de l'Australie en novembre, n'est-ce pas une chance pour l'équipe de pouvoir déjà vous racheter ? C'est important de bien terminer le Tournoi. On tombe sur une équipe galloise qui est pas mal face à laquelle il nous faudra retrouver une forme de respect de notre jeu, de notre adversaire pour mettre en place notre agressivité. Ça nous donnera les clés sur un match de haut niveau. A contrario du match contre l'Australie (16-59), où il y a eu pas mal de remises en question sur le mode de fonctionnement, l'honnêteté de chaque joueur dimanche vous a démontré qu'on ne s'était pas préparé correctement sur ce match. On l'a payé. Qu'apporterez selon vous une victoire samedi à cette équipe de France ? Ça permettrait déjà, je le répète, de bien terminer parce que c'est important. Ça nous permettrait aussi de nous projeter plus rapidement vers la Coupe du monde et sa préparation. Je ne vous cache pas qu'on aurait préféré être dans une position similaire à l'année dernière quand à la veille du dernier match, on allait jouer le Grand Chelem. On n'a pas fait ce qu'il fallait pour. Il n'en reste pas moins important de bien terminer sur ce dernier match. Ne craignez-vous pas une réaction hostile à votre égard du public du Stade de France ? Toute équipe a besoin de son public. Je pense que certaines personnes seront mécontentes de ce qu'on a produit la semaine dernière, mais le soutien de notre public est essentiel et même dans ces moments compliqués pour notre équipe, ils sauront nous soutenir et apporter ce surnombre nécessaire face aux Gallois. Après les paroles qui ont été prononcées, la relation entre votre sélectionneur, le groupe et vous-même a-t-elle évolué ces derniers jours ? Sa réaction a été légitime. Quand on est coupable comme on l'a été de si peu d'investissement dans les bases mêmes de ce sport, je pense qu'on ne peut qu'écouter et accepter les leçons qu'on nous donne.