Dupuy: "Impossible n'est pas français"

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Dupuy: "Impossible n'est pas français"
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RUGBY - Julien Dupuy, le demi de mêlée des Bleus, n'a pas peur de relever le défi proposé par les champions du monde sud-africains, vendredi.

Alors qu'il a fêté sa première sélection en Nouvelle-Zélande cet été pour une victoire historique à Dunedin, Julien Dupuy connaîtra vendredi sa première cape sur le territoire français face à l'Afrique du Sud. Associé à François Trinh-Duc à la charnière, il ne se laisse pas impressionner par les champions du monde.Julien, est-ce que cette équipe sud-africaine ne suscite pas chez vous tous un peu d'intimidation ?Non, je crois que ce n'est pas le terme que j'emploierais. C'est une grande équipe, qui joue avec ses qualités, à savoir qu'ils sont très gaillards, voire même violents sur certaines phases. Ce n'est pas qu'ils font peur, simplement, il faut les respecter, les Boks sont tout de même champions du monde. Mais je pense qu'on a aussi des arguments à proposer. Il ne faut donc pas être intimidé, bien au contraire, ça nous empêcherait de développer notre jeu. Donc du respect, oui, mais c'est la meilleure façon pour imposer notre jeu.On se dit que pour le huit de devant et le neuf, qui les accompagne, cette opposition doit être hyper-intéressante à jouer...Complètement. C'est ce qui se fait de mieux au monde. Et puis, nous, Français, on aime bien ce jeu-là. Je pense qu'il y a le potentiel avec ces joueurs-là devant pour rivaliser et pouvoir prétendre à les dominer en conquête ou dans le jeu au sol. Même si les Boks, c'est robuste et gaillard. Mais impossible n'est pas français..."Derrière, nos trois-quarts sont capables de tout"Existe-t-il dans cette armure sud-africaine des faiblesses que vous êtes parvenus à déceler ?(sourires) Oui, bien sûr, on a pointé quelques failles, même devant d'ailleurs, qu'on s'est employées à travailler. J'espère que ça fonctionnera ce week-end...Physiquement, existe-t-il un meilleur test ?En tout cas, ça va être épais. J'espère qu'il ne va pas pleuvoir en plus parce qu'ils vont nous envoyer des quilles et du combat. Mais, je l'ai dit, on a des armes de notre côté. On possède notamment une très belle ligne de trois-quarts. Il faut qu'on ait de bons ballons et qu'on parvienne à avancer sur nos premiers temps de jeu, parce que je sais que derrière, ils sont capables de tout. Il ne faut pas qu'on soit timides, mais bien au contraire, entreprenants, et donc que nous, la charnière, on mène le jeu en étant intelligent et forts dans nos têtes.Une belle ligne de trois-quarts, mais est-ce que le paquet d'avants est à la hauteur ?J'en suis persuadé. On n'a pas à rougir de notre ligne de devant, bien au contraire, ce sont quand même des joueurs costauds, à fort potentiel, donc je pense qu'on est en mesure de rivaliser et que nos avants profitent des bons ballons, qu'on pourra voir, même s'il ne s'agira pas de faire plus briller les avants que les trois-quarts. Je crois qu'on a les moyens de faire de belles choses avec cette équipe. Peut-on parler d'opposition de styles entre Français et Sud-Africains ?Non, je ne suis pas tout à fait d'accord parce que nos avants ont quand même cette réputation d'être aussi robustes et gaillards ; il est certain que le jeu des trois-quarts est complètement différent. Mais les Sud-Africains, depuis quelques années, se sont bien améliorés dans leur jeu de ligne, sur les premiers temps de jeu en tout cas. Donc ce n'est pas un jeu totalement différent.Première sélection face aux Blacks cet été et vendredi, première cape en France face aux Boks, vous êtes gâté ?Ceux qui me connaissent savent que je n'accorde pas trop d'importance à ce genre de choses. Je n'y ai pas trop pensé, même si ça avait déjà été un moment d'émotion en Nouvelle-Zélande. Ça va être excitant et ce sont de bons moments à vivre, je ne peux pas le nier."Il vaudra mieux être gainé..."Les matches des Springboks, ne faudrait-il pas parfois indiquer « interdit aux moins de 12 ans » sur l'écran, tellement ils sont à la limite ?C'est sûr qu'il y a quelques phases, où ils sont violents, ils cherchent à faire mal à l'adversaire, même si ce n'est jamais par des coups de poing ou des coups de genou. C'est toujours dans la règle ou plutôt à la limite ; mais on sait à quoi s'attendre. Les joueurs français ont toujours répondu présents physiquement face aux Sud-Africains, je ne vois pas pourquoi il n'en serait pas de même vendredi.A défaut d'avoir besoin de rétroviseurs, vous aurez besoin d'airbags vendredi pour faire face ?Il vaudra mieux être gainé, s'attendre à tout. Mais, ne nous voilons pas la face, nous aussi, nous allons essayer de leur faire mal. Si on commence à se dire qu'on va charger contre eux, ce n'est même pas la peine de les jouer. Au contraire, je pense qu'il faut qu'on inverse la tendance, leur faire mal, leur montrer qu'on est en France et que pendant quatre-vingt minutes, ça va piquer pour eux.