Dumerc: "On est attendues"

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Dumerc: "On est attendues"
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A deux jours du début de l'Euro 2011 féminin en Pologne, où l'équipe de France défendra son titre acquis il y a deux ans, Céline Dumerc a conscience que le statut des Bleues n'est plus le même. Mais la meneuse et capitaine tricolore refuse tout excès de confiance, malgré une préparation sans faute. "On verra comment le groupe est capable de réagir dans les moments difficiles", affirme-t-elle.

A deux jours du début de l'Euro 2011 féminin en Pologne, où l'équipe de France défendra son titre acquis il y a deux ans, Céline Dumerc a conscience que le statut des Bleues n'est plus le même. Mais la meneuse et capitaine tricolore refuse tout excès de confiance, malgré une préparation sans faute. "On verra comment le groupe est capable de réagir dans les moments difficiles", affirme-t-elle. Céline, l'équipe de France féminine s'envole pour la Pologne après une préparation parfaite, avec huit matches et huit victoires. Dans quel état d'esprit êtes-vous à deux jours de cet Euro 2011 ? Je pense qu'on est prêtes. Mais il ne faut pas s'enflammer non plus. Je me souviens notamment que sous l'ère Alain (Weisz), on était les championnes des matches amicaux et pourtant, on n'avait jamais été plus loin que les quarts de finale. Ces rencontres, ce sont des tests. Je suis plus ou moins satisfaite de ce qu'on a fait pendant la préparation parce qu'on a eu des adversaires différents et on a su rectifier le tir, même quand on était mal embarquées. C'est important de voir notre capacité à réagir avec très peu de temps. Donc c'est plutôt positif. Mais il ne faut pas penser que ça se passera aussi bien au Championnat d'Europe. Les adversaires seront bien plus âpres, à mon avis. Et il y aura forcément des choses à régler au fil de la compétition. Quel sera l'objectif des Bleues en Pologne ? Assurer une place dans les cinq premiers ou tout simplement le titre, qui vous permettrait d'être qualifiées directement pour les Jeux Olympiques de Londres ? La priorité, c'est d'être dans les cinq pour pouvoir disputer le tournoi pré-olympique (qui aura lieu juste avant les J.O., ndlr). Mais on ne va pas se priver et finir cinquième juste parce qu'on a atteint ce qu'on s'était fixé au départ. On va essayer d'aller le plus loin possible. Il ne faut pas non plus se tromper: on parle des Jeux Olympiques mais si on finit dans les cinq premiers, il y aura un TPO et il faudra rejouer pour aller à Londres. Cet Euro, on y va avec nos armes et pour défendre notre qualité de jeu, notre qualité d'équipe. Quelles sont vos armes, justement ? On a un gros secteur intérieur. Notre axe un-cinq (meneur-pivot) est très intéressant avec le retour d'Edwige (Lawson-Wade). C'est forcément un plus quand on récupère des bonnes joueuses, ça facilite le jeu de tout le monde. On a également retrouvé Sandrine (Gruda), Isa (Yacoubou) et Emilie Gomis, qui a été importante durant la préparation. On a de bonnes intérieures, de bonnes meneuses, et il ne faut pas non plus oublier nos ailières. C'est cette alternance de jeu qui peut nous rendre difficilement contrôlables. Si le danger vient de partout, c'est forcément plus délicat pour l'adversaire. Il y a vraiment une bonne complémentarité et un état d'esprit sain et combatif. Je pense qu'on a un bon groupe, On verra comment il est capable de réagir dans les moments difficiles. Avez-vous l'impression que cette équipe de France-là, en 2011, est peut-être la meilleure dans laquelle vous ayez joué ? C'est difficile à dire. Pour l'instant, on n'a joué que des matches amicaux. On a des qualités mais il faut voir comment elles vont s'exprimer. Je l'ai vécu en club (à Ekaterinbourg, ndlr), où on avait une grosse armada et pourtant, on a été plusieurs fois en difficulté. Vu notre force à l'intérieur, les défenses adversaires vont sans doute porter toute leur attention sur ça et il va falloir trouver d'autres solutions et que nous, à l'extérieur, on arrive à alterner. On est attendues, c'est ça le plus difficile. Comment vivez-vous ce manque d'exposition médiatique, alors que vous êtes championnes d'Europe en titre ? Je suis résignée par rapport à ça. Il y a des journalistes qui m'ont demandé: comment faire parler un peu plus du basket féminin ? Alors les photos dénudées, les photos de mode... Bon, vous demandez ça à "Miss Go" (Emilie Gomis, ndlr), elle va dire ok parce qu'elle adore ça. Mais moi, je ne me vois pas faire ressortir mon côté féminin pour qu'on parle du basket. Le basket, c'est un sport. Il faut parler du jeu en lui-même mais ça ne plait pas aux médias. C'est dommage. Nous, on est là pour ramener les meilleurs résultats possibles. C'est le même problème en handball. Ils ont tout gagné et ce n'est pour autant qu'on les voit tous les jours à la télé alors qu'on voit des matches de Nationale 14 en football (sic) et qu'on en n'a rien à faire... Clip de présentation de l'Equipe de France... par basketfrance