Duchaussoy: "J'ai confiance"

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Duchaussoy: "J'ai confiance"
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Après un Conseil fédéral forcément agité, Fernand Duchaussoy s'est présenté devant la presse vendredi en début d'après-midi, au siège de la Fédération française de football, afin de réagir aux accusations de Mediapart à propos de soi-disant quotas ethniques dans le choix des jeunes joueurs au sein de la formation française. Le président de la FFF a rétabli certaines vérités, mais a aussi annoncé la tenue d'une enquête.

Après un Conseil fédéral forcément agité, Fernand Duchaussoy s'est présenté devant la presse vendredi en début d'après-midi, au siège de la Fédération française de football, afin de réagir aux accusations de Mediapart à propos de soi-disant quotas ethniques dans le choix des jeunes joueurs au sein de la formation française. Le président de la FFF a rétabli certaines vérités, mais a aussi annoncé la tenue d'une enquête. Président, quel est votre regard sur les accusations de Mediapart à propos de soi-disant quotas ethniques dans le système de formation français ? Je suis meurtri par les accusations portées sur les dirigeants, qu'il ne faut pas confondre avec des directeurs. Les directeurs sont des salariés, les dirigeants sont des bénévoles. Je n'ai jamais donné d'instructions de quelque nature que ce soit et les termes évoqués me fâchent. Ça n'a jamais été dans notre philosophie. J'ai découvert cette accusation jeudi soir après un bureau du Conseil fédéral. Il n'y a aucune instruction, de près ou de loin, qui ait été donnée. Il peut y avoir eu des propos sur une réunion informelle, à propos d'un certain nombre de sujets. Je m'associe à la proposition de la ministre des Sports pour mener une enquête, qui peut aller très vite puisque les personnes incriminées sont des salariés de la Fédération. Il a pu y avoir des propos inadmissibles dans un contexte donné, mais je ne peux pas être garant de ça. Y a-t-il une réflexion à mener sur la double nationalité ? Ce n'est pas du ressort de la Fédération, la réflexion a été menée par le DTN. Ça peut être une fierté de voir, dans d'autres pays, des joueurs qui ont été formés en France. On est toujours en train de dire que c'est la meilleure formation du monde, à juste titre, donc on est forcément copié. La DTN a donc raison d'entamer une réflexion là-dessus, puisqu'à force d'être copié, on est souvent dépassé. Il n'y a donc jamais eu de demande de quotas, aucune trace en ce sens ? Non seulement dans l'esprit, mais dans la lettre non plus. Je suis tombé sur les fesses d'entendre un truc pareil. Jamais ça ne nous viendrait à l'esprit... Dans mon parcours personnel, j'ai créé la Coupe des villes d'outre-mer, j'ai fait aller le vainqueur de la Coupe métropolitaine à la Réunion il y a deux ans, la Normandie en Martinique cette année... Je ne vois pas en quoi il pourrait y avoir une suspicion, de quelque nature que ce soit, sur les dirigeants de la Fédération française. "On sera responsable dans tous les cas" Etes-vous en mesure de démentir point par point les accusations de Mediapart, avez-vous des preuves tangibles ? Je le répète, je vais faire toute la clarté et la transparence nécessaires sur cette affaire. Je répète aussi que je me joins à la proposition de la ministre des Sports, que j'ai eue vendredi matin au téléphone. J'ai proposé d'y associer un dirigeant incontestable de la Fédération. J'ai eu un conseil fédéral vendredi matin de 8 heures à 13 heures, pas uniquement sur ce sujet. Je n'ai pas encore eu le temps de travailler sur ce sujet, mais la transparence sera d'actualité dès que je le pourrai. Concernant l'enquête, vous disiez que le ministère sera impliqué. Quelle sera la répartition avec la Fédération, qui sera la personnalité incontestable de la FFF dont vous parliez et dans quel délai cette enquête sera-t-elle menée ? Le ministère a la main sur le DTN, puisqu'il le nomme. Mais d'autres personnes sont citées, des salariés de la Fédération, donc si on veut entendre tout le monde, il faut une commission de composition mixte. Pour la FFF, contrairement à ce que vous pensez, il y existe bien des personnalités incontestables. Ça peut être le président de la Commission d'éthique, par exemple, ou la président de la Fondation du football. Ce sont des personnalités incontestables. Je ne pense pas non plus qu'il y ait un nombre incalculable de personnes à voir, d'autant qu'elles sont sur place puisque ce sont des salariés. Ça peut aller très vite et je souhaite que ça aille le plus vite possible. Mais je peux vous répondre de façon très claire à propos d'éventuelles directives ou instructions à ce propos: c'est non. Ça me choque d'entendre un certain nombre de mots. Mais je ne peux pas être présent partout et si, dans une discussion informelle, certaines personnes ont sorti des paroles qui ont dépassé leur pensée, l'enquête le dira. Mais des instructions, ça ne nous viendrait même pas à l'esprit ! Si de tels propos avaient effectivement été tenus, des sanctions seraient-elles prises ? Je ne vais pas prendre de sanctions avant la conclusion de l'enquête. Si des fautes graves sont avérées, je pense qu'il y aura des sanctions, oui. Mais j'ai confiance en cette enquête. Il faut voir la teneur des propos qui auraient été véritablement tenus et dans quelles conditions, est-ce que c'est sorti du contexte ? Si on fait une enquête qui n'aboutit à rien, on prendra les mesures nécessaires au niveau juridique par rapport à nos accusateurs. S'il y a eu des errances ou des erreurs, on prendra aussi des décisions. On sera responsable dans tous les cas.