Ducalcon, ombre et lumière

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Ducalcon, ombre et lumière
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Dans le secteur d'une première ligne tricolore sinistrée par les blessures, Luc Ducalcon est le pilier titulaire d'un premier test-match face à l'Irlande samedi, à Bordeaux, que l'on n'attendait pas. Le Castrais discret, malgré ses six sélections au compteur, se surprend lui-même, mais vois plus loin et se découvre de nouvelles ambitions.

Dans le secteur d'une première ligne tricolore sinistrée par les blessures, Luc Ducalcon est le pilier titulaire d'un premier test-match face à l'Irlande samedi, à Bordeaux, que l'on n'attendait pas. Le Castrais discret, malgré ses six sélections au compteur, se surprend lui-même, mais vois plus loin et se découvre de nouvelles ambitions. L'IRLANDE: "J'espérais jouer..." Nicolas Mas rattrapé par une contracture (ischio-jambiers) et voilà Luc Ducalcon prêt à prendre sa part de lumière. Lui l'unique représentant castrais au sein de ce groupe France, parmi les joueurs les moins en vue de l'effectif tricolore, se retrouve bombardé titulaire aux côtés du doyen, Sylvain Marconnet, et de Dimitri Szarzewski, au sein d'une première ligne inédite pour le dernier match des Bleus en France. Une sacrée cote pour tout dire pour le pilier droit qui ne totalise que six petites sélections, dont une seule titularisation face aux Fidji en novembre dernier. Et pourtant, le Martiniquais tient bon la barre, prêt à transcender sa condition de doublure. "J'espérais jouer... comme j'espère jouer l'autre aussi (sourires)", n'hésite-t-il pas à lancer sur un ton à peine blagueur. "C'est une revue d'effectifs, au fond, tout le monde en est conscient et si ce n'est pas pour cette fois-ci, ce sera pour celle d'après. Je ne me mets pas à l'épreuve. On me demande de faire un bon match, le maximum, et je ne joue pas tout sur ce match-là, parce que c'est un coup à faire n'importe quoi. La préparation s'est bien passée, il y a un match, qui fait partie de cette préparation, il faut bien le jouer, mais il n'y a pas de pression particulière." La première mêlée ? Elle ne le préoccupe pas lorsqu'il avoue: "Dès le premier impact, ça va revenir très vite..." LA PREPARATION: "Je l'ai fait au mental" Cette titularisation, c'est une première récompense pour les efforts consentis depuis près de sept semaines que dure cette aventure unique en son genre. Lui le taiseux, homme de peu de mots a dû se faire violence. Au propre comme au figuré. "Dans la difficulté et dans la douleur, on découvre des personnalités, qui ressortent. Et à se côtoyer 24 heures sur 24, forcément, on est bien obligé d'aller vers les gens, on se découvre et ça crée forcément des liens, ça n'est que du bénéfice. Je me suis surpris, c'est la préparation la plus dure qu'il m'ait été donnée de suivre. Je m'étais préparé à ce que ce soit dur, je m'attendais à du solide, à du costaud, et ça l'a été. Je n'ai pas eu de surprise. Je l'ai fait au mental, il y a des moments où j'en avais un peu marre, on en avait un moment tous marre ; Je n'en pouvais plus, les charges de travail, la fatigue il y a le moral qui en prend un coup parce qu'on n'avait pas du beau temps non plus. On se sent loin de chez soi. Au mental, je l'ai faite au mental..." L'ANNONCE DES 30: "Ce n'est pas une conversation interdite" Révélé sur le tard, Ducalcon savoure aujourd'hui chaque instant de cette aventure unique. Du jamais vu pour le Castrais: "Les charges de travail ne sont pas les mêmes. En saison, il y a toute la fatigue du championnat qui rentre en compte. Là, on est passé sur une autre dimension de préparation." Pour ne pas dire une autre planète, où la perte de repères à mesure que l'on repousse ses limites fait de ces matches de préparation des temps de passage recherchés: "En tant que joueur, on est curieux de savoir comment on va réagir physiquement sur le terrain et comment la préparation va être digérée. Si on est déjà en pleine bourre, plein gaz, ou si on accuse encore le coup. On a envie d'y être, de partir et de vivre ces fameux moments, uniques, dans la vie d'un joueur de rugby." Une expérience qui pour Ducalcon, comme pour chacun des membres de cette première ligne, du fait des blessures, reste suspendue au verdict de l'annonce de la liste des 30 sélectionnés, pressenti le dimanche 21 août, au retour de Dublin. Un sujet tabou, pourrait-on imaginer, chez cette confrérie des "gros" en sursis: "Tabou, tabou... Mais à la rigueur, ce n'est pas nous qui nous plaçons dans cette situation-là. On la vit, on attend, ça arrive qu'on échange, ce n'est pas une conversation interdite. On attend, ça se rapproche et on verra le choix des coachs..." Pour Ducalcon, l'incertitude demeue. Et c'est déjà en soi une première victoire.