Domenech réclame 2,9 millions d'euros

  • A
  • A
Domenech réclame 2,9 millions d'euros
Domenech n'a peur de rien. Après le fiasco sud-africain, il demande réparation.@ REUTERS
Partagez sur :

EQUIPE DE FRANCE - L’ex-sélectionneur souhaite obtenir réparation de son licenciement par la FFF.

Comme le droit du travail lui en donne le droit, Raymond Domenech, licencié pour faute grave en septembre dernier par la fédération française de football (FFF), a saisi le conseil des prud'hommes de Paris, selon L'Equipe de mercredi, confirmant une information du Post. Cela ne va pas arranger sa cote d'amour auprès du public mais Raymond Domenech ne cherche plus à plaire. Si seulement un jour il a tenté de plaire à quiconque... L'ancien sélectionneur, qui a qualifié l'équipe de France pour trois grandes compétitions d'affilée et qui compte le plus de matches à la tête des Bleus, est désormais engagé dans une lutte juridique avec la FFF.

La FFF n'a pas tardé à réagir. Son président Fernand Duchaussoy, est scandalisé par les exigences de l'ancien coach des Bleus. "Le montant des prétentions de Domenech est extravagant", a estimé le patron de la FFF. Et de conclure : "c'est une provocation de plus de sa part".

Liencié pour faute grave, et donc sans indemnité, Raymond Domenech demande 2,9 millions de réparation à la fédération. "Raymond Domenech n'a pas à être sacrifié à l'aune d'une certaine opinion publique et, comme n'importe quel salarié licencié sans motif valable, il mérite que ses droits soient défendus", souligne son avocat Jean-Yves Connesson dans L'Equipe. "Nous allons réclamer les salaires qu'il aurait dû percevoir pendant son préavis, l'indemnité de licenciement à laquelle il a droit et une somme complémentaire liée aux préjudices subis."

Les explications de Me Connesson, interrogé par Europe 1 :

De solides arguments à faire valoir

L'argumentaire du camp Domenech est solide. Son contrat de travail distinguait en effet sa fonction de sélectionneur de son emploi d'entraîneur national au sein de la DTN. Or, les trois faits qui lui sont reprochés concernent uniquement la dernière Coupe du monde, en Afrique du Sud : non-communication à la fédération des insultes proférées par Nicolas Anleka à la mi-temps de France-Mexique, lecture du communiqué des joueurs lors de la grève de l'entraînement à Knysna et enfin refus de serrer la main du sélectionneur sud-africain Carlos Alberto Parreira lors du dernier match.

Si la FFF s'appuie essentiellement sur l'atteinte à son image pour justifier la faute grave, l'avocat de Domenech entend mettre en avant les failles dans la procédure de licenciement, mais pas seulement. En dévoilant dans la presse le nom de son successeur un mois avant la Coupe du monde, Domenech estime que la 3F n'a pas respecté ses obligations contractuelles et sapé son autorité sur les joueurs, préparant ainsi le terrain à une inédite débâcle sportive et médiatique. Les deux parties vont maintenant être convoquées par les prud'hommes pour une audience de conciliation. Si aucun accord n'est trouvé, une phase de contentieux sera ouverte. Le match Domenech-FFF ne fait que commencer.