Domenech-FFF, premier round

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Domenech-FFF, premier round
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C'est jeudi qu'aura lieu devant le conseil des prud'hommes de Paris l'audience de conciliation entre la Fédération française de football (FFF) et Raymond Domenech, ce dernier contestant son licenciement pour faute grave. A priori, il y a très peu de chances que les deux parties, que tout oppose, s'entendent, d'où une audience de jugement sur le fond, qui devrait avoir lieu en fin d'année.

C'est jeudi qu'aura lieu devant le conseil des prud'hommes de Paris l'audience de conciliation entre la Fédération française de football (FFF) et Raymond Domenech, ce dernier contestant son licenciement pour faute grave. A priori, il y a très peu de chances que les deux parties, que tout oppose, s'entendent, d'où une audience de jugement sur le fond, qui devrait avoir lieu en fin d'année. Les deux parties fourbissent leurs armes. Plus de sept mois après que la Fédération française de football (FFF) a signifié à Raymond Domenech son licenciement pour faute grave, les deux parties ont rendez-vous jeudi devant le conseil des prud'hommes de Paris pour une audience de conciliation, qui devrait s'apparenter davantage à une formalité de procédure qu'à un débat sur le fond. Car visiblement, entre l'ancien sélectionneur et son ex-employeur, les positions sont difficilement conciliables. D'un côté, il y a une Fédération qui justifie la faute grave sur trois plans: le refus par Raymond Domenech de serrer la main au sélectionneur sud-africain, Carlos Alberto Parreira, à la fin de France-Afrique du Sud (1-2) ; le fait de ne pas avoir prévenu le président de la Fédération d'alors, Jean-Pierre Escalettes, de l'altercation verbale l'ayant opposé à Nicolas Anelka à la mi-temps de France-Mexique (0-2). Et surtout la lecture par celui qui a présidé aux destinées de l'équipe de France pendant six ans de la fameuse lettre des joueurs dans laquelle ces derniers justifiaient leur refus de s'entraîner à Knysna pour protester contre le renvoi du même Nicolas Anelka. "Nous démontrerons que Monsieur Escalettes était parfaitement informé" De l'autre, il y a Raymond Domenech qui, via ses conseils, se défend bec et ongles et surtout point par point. Le refus de serrer la main de Carlos Alberto Pareira ? Joint au téléphone, maître Jean-Yves Connesson écarte cet argument d'un revers de main: "Même Parreira a jugé que c'était un épiphénomène. Quant à la Fifa, elle ne lui a même pas adressé un blâme. La Fédération considère que c'est un élément constitutif d'une faute grave, alors que c'est juste un mouvement d'humeur pour défendre l'honneur de Thierry Henry, qui avait fait l'objet de critiques très dures de la part de Monsieur Parreira suite à l'affaire de la main contre l'Irlande." La faute par omission à propos des insultes proférées par Nicolas Anelka ? Pour la défense de l'ancien sélectionneur, et elle entend bien citer des témoins à l'appui, quasiment toute la délégation française était au courant à l'issue de la défaite concédée face au Mexique. "C'est un mensonge, nous démontrerons que Monsieur Escalettes était parfaitement informé, c'est fallacieux de la part de la Fédération de prétendre le contraire", répond maître Connesson. Quant à la lecture de la lettre incriminant ouvertement la Fédération française, là encore, l'argument ne trouve pas grâce auprès du défenseur de l'ancien sélectionneur: "Ce n'est pas une faute grave de pallier les carences de gouvernance de la Fédération et de gestion de cette crise. Monsieur Escalettes était dans le bus, monsieur Duchaussoy aux alentours, monsieur Valentin (ancien directeur général adjoint de la FFF, ndlr) venait de démissionner avec pertes et fracas, ça faisait 45 minutes que le bus était rideaux tirés devant les caméras du monde entier, la seule façon de faire cesser cette mascarade était de lire le communiqué. Monsieur Domenech a juste pris ses responsabilités", poursuit maître Connesson. Bref, pour le conseil de l'ancien sélectionneur (la présence de ce dernier jeudi à l'audience reste incertaine), la faute grave n'est pas caractérisée, d'où cette action devant les prud'hommes et une demande de réparation pour le double préjudice financier et moral subi par l'intéressé. "Nous ne demandons rien, rectifie-t-il, juste d'être rétabli intégralement dans nos droits pour le préjudice subi par un homme, qui était salarié depuis 17 ans de la Fédération française. Comme tout salarié." Apparemment, la FFF est prête à aller au bras de fer, puisque de l'aveu même de la partie adverse, "elle ne semble pas disposée à proposer une somme indemnitaire." Les deux parties devraient donc camper sur leurs positions jeudi pour mieux se retrouver en fin d'année...