Domenech: "Bâtir une équipe compétitive"

  • A
  • A
Domenech: "Bâtir une équipe compétitive"
Partagez sur :

FOOTBALL: Raymond Domenech a communiqué une liste de 24 joueurs sélectionnés pour la double confrontation face à l'Irlande.

Sans surprise, Raymond Domenech a communiqué ce jeudi une liste de 24 joueurs sélectionnés pour la double confrontation face à l'Irlande, les 14 et 18 novembre prochain. Si Patrick Vieira, jugé encore trop juste par le sélectionneur, ne figure pas dans la liste, Aly Cissokho pourrait quant à lui avoir l'occasion d'honorer sa première sélection en équipe de France. Raymond, vous allez affronter des Irlandais, mais avec un Italien à leur tête, Giovanni Trapattoni. Avez-vous un sentiment de revanche après la finale perdue au Mondial 2006 ?Non, c'est France-Irlande, deux nations qui s'affrontent avec onze joueurs de chaque côté. Ce ne sont pas deux sélectionneurs qui font le match, ce n'est pas un combat de coqs. Donc, non, il n'y a rien. J'étais content parce que l'autre jour, j'étais à Milan. Et à San Siro, j'étais assis à côté de Lippi, et derrière nous, il y avait Trapattoni. J'ai demandé quelques infos à Lippi, parce qu'il a déjà rencontré les Irlandais. Mais il n'a pas voulu trop m'en donner, de peur que Trapattonni entende. Mais avec lui, ça s'est très bien passé. On s'est serré la main, on s'est donné rendez-vous la semaine prochaine. Donc, ce n'est pas un Français contre un Italien, mais deux sélectionneurs qui veulent qualifier leur équipe pour la Coupe du monde.Quand vous avez établi cette liste, avez-vous pensé que ce pourrait être la dernière ?Non, je n'ai jamais fonctionné comme ça. Je travaille au présent. Il y a deux matches important à jouer pour aller au Mondial, il faut travailler là-dessus, le reste... C'est écrit quelque part, une tradition orientale, un peu fataliste. Mon seul souci, c'est de bâtir une équipe compétitive pour ces deux matches à jouer.L'état de forme de Patrick Vieira et son expérience en Bleu n'ont pas été suffisants pour être appelé contre l'Irlande ?Ça n'a pas été facile. Je suis heureux que Pat retrouve peu à peu le haut niveau. On a pesé le pour et le contre ce matin avec tout le staff. Je ne souhaite qu'une chose, c'est que Pat continue à jouer régulièrement. Et à la Coupe du monde, il nous apportera le métier et l'expérience nécessaires pour ce type de compétition de haut niveau. Je ne l'ai pas pris en raison de son niveau de jeu actuel. C'est un ensemble d'éléments qui font qu'il n'est pas dans la liste.Que vous inspire cette équipe d'Irlande, que vous avez affrontée en tant que joueur et en tant qu'entraîneur ?On connait leurs caractéristiques. Ce sont tous des joueurs de haut niveau. Il y a aussi un état d'esprit particulier. On se souvient que lorsqu'on les avait affrontés il y a quatre ans, au match aller comme au retour, il y avait autant d'ambiance que d'intensité sur le terrain. C'est une équipe qu'on ne prend pas à la légère, qui a aussi envie d'aller à la Coupe du monde."Ce sont les joueurs qui vont en découdre sur le terrain."Allez-vous modifier la hiérarchie des gardiens ou conserver l'actuelle, à savoir Lloris devant Mandanda ?Je ne sais pas, il faut demander à Bruno Martini. (Il s'adresse alors à l'entraîneur des gardiens, présent dans la salle, ndlr). Bruno, t'as fait quelque chose ? Non, pas pour l'instant. Il reste encore deux matches avant de prendre une décision. On avisera après.Vous avez eu des accrochages verbaux avec Trapattoni. Ces deux matches seront-ils l'occasion d'une réconciliation ?Je ne suis fâché contre personne. C'est un match parmi tant d'autres. Ce sont les joueurs qui vont en découdre sur le terrain.La menace de suspension de certains défenseurs a-t-elle pesé dans votre choix ?On a été obligé de doubler tous les postes, c'est une évidence. On ne sait pas ce qu'il peut arriver, déjà pendant le match puis c'est vrai avec les possibles suspensions pour le match retour. Mais on a aussi des solutions supplémentaires au milieu de terrain, avec des joueurs qui peuvent évoluer à d'autres postes comme cela s'est vu ces dernières semaines. C'est une liste qui ressemble à peu près aux précédentes, mais c'est vrai aussi que ça a été un élément de discussion.Vous appelez Aly Cissokho. Quelle est la différence avec Benoît Trémoulinas ?L'ordre alphabétique (Rires, ndlr). Ils jouent à peu près au même niveau, ils jouent tous les deux la Ligue des Champions, ils sont dans les équipes de tête en championnat. Il y a en un qui a peut-être plus de matches de haut niveau dans les jambes, mais ils sont très proches. Au départ, c'est pour pallier l'absence de Gaël Clichy qui normalement aurait dû être dans le groupe.Pouvez-vous nous donner des nouvelles sur l'état de forme de Thierry Henry et Franck Ribéry ?Thierry, je l'ai vu l'autre jour. Il est rentré dans le match, ça veut dire qu'il est dans un bon état. Compte tenu de sa passion et de son amour pour l'équipe de France, je sais qu'il sera prêt. Il aura en plus une semaine pour bien se préparer et il a un match samedi prochain. Quant à Franck, il est encore à l'arrêt. J'espère que sa blessure va guérir rapidement et qu'on le récupèrera très bientôt."Je préfère les interprétations aux calculs."Avec le retour dans le groupe de Yoann Gourcuff, allez-vous modifié votre dispositif ?Je le répète souvent, je ne suis pas figé sur un système. Ce sont les joueurs qui font le système. Depuis quelques matches, l'équipe a montré qu'elle savait évoluer, s'adapter et être attractive. Quand on regarde les derniers matches qu'elle a fait, je pense que c'est le mot qu'on peut utiliser pour qualifier cette équipe de France.La bonne dynamique des clubs français sur la scène européenne peut-elle entraîner l'équipe de France dans son sillage ?Sur ce que l'équipe de France a fait lors de ses derniers matches, on peut inverser la chose. Les Bleus ont aussi entraîné une bonne dynamique des clubs. Les deux sont liées de toute manière. Plus il y a de joueurs français qui participent à la Ligue des Champions, plus l'équipe de France sera bonne.La taille des joueurs est un paramètre important dans ces deux rencontres. Allez-vous construire votre équipe en fonction de l'adversaire ?On fait avec ce qu'on a. Si en face, il y a des joueurs qui font tous deux mètres, il faut trouver d'autres moyens. Le football, ce n'est pas qu'une problématique de taille, il y a plein d'autres paramètres qui entrent en ligne de compte, comme la technique, l'intelligence. S'il n'y avait que la taille, on jouerait au football avec des basketteurs.A votre avis, qu'a apporté Trapattoni à cette équipe d'Irlande ? Et quel est selon vous le pourcentage de chances de vous qualifier ?Le mieux, c'est de lui poser la question directement. Même si je peux l'imaginer, ce n'est pas à moi de l'évoquer. Si je dis ce qu'il leur a apporté, ça veut que dire que je sais ce qu'il leur a manqué. Mais je ne parle jamais de l'adversaire, donc de ce côté-là je suis tranquille. Chacun joue son rôle du mieux possible. Après pour les pourcentages, je l'ai dit l'autre fois: moi j'ai fait un bac philo, pas un bac maths. Je préfère les interprétations aux calculs.