Djokovic taille XXL

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On pouvait craindre pour lui que la pression de l'événement ne l'écrase. Il n'en a rien été. Novak Djokovic a tenu à merveille son rôle de leader tout au long de la finale de Coupe Davis à Belgrade. Intouchable pour les Français en simple, le héros du peuple serbe, véritable ambassadeur du tennis au pays, a montré qu'il avait les épaules assez larges pour supporter une pression extrême. Le n°3 mondial en ressort plus fort.

On pouvait craindre pour lui que la pression de l'événement ne l'écrase. Il n'en a rien été. Novak Djokovic a tenu à merveille son rôle de leader tout au long de la finale de Coupe Davis à Belgrade. Intouchable pour les Français en simple, le héros du peuple serbe, véritable ambassadeur du tennis au pays, a montré qu'il avait les épaules assez larges pour supporter une pression extrême. Le n°3 mondial en ressort plus fort. Avec un peu de recul, et malgré les trois premiers bons sets de Viktor Troicki lors du double, l'équipe de France a peut-être obtenu un sursis avec la non titularisation de Novak Djokovic le samedi. Préservé par son capitaine pour le choc des n°1 du lendemain, le chef de file du tennis serbe aurait peut-être tué le suspense au soir de la deuxième journée. Pas qu'il soit un joueur de double confirmé, mais parce qu'il a su élever lors de cette finale de Coupe Davis son niveau de jeu à la hauteur de l'événement. Attendu par tout un peuple, soumis à une pression énorme depuis plusieurs semaines, le n°3 mondial a parfaitement tenu son rôle de leader. Gilles Simon en avait fait les frais dès la première journée. Le score sans bavure (6-3, 6-1, 7-5) laissait croire que le Niçois était complètement passé à côté de son match. Mais deux jours plus tard, Gaël Monfils, pourtant en forme en cette fin de saison, n'a pas fait mieux que lui, marquant même un jeu de moins que son équipier (6-2, 6-2, 6-4). Si les victoires de «Djoko» étaient attendues, le Serbe a su y ajouter la manière, on pense notamment au premier set de son deuxième simple. Bien que sous pression dimanche, quand une défaite de sa part aurait mis fin aux rêves de la Serbie de toucher son premier Saladier d'argent, Djokovic a su sortir un très gros match et empêcher toute tentative de rébellion de Monfils. "C'est juste trop bon, historique" Son «pétage» de plomb au cours du troisième set, quand sa raquette n'a pas résisté à une frustration énorme causée par la perte de son service, traduit le poids qui reposait sur ses épaules dans une Beogradska Arena remplie d'un public qui n'aurait pas forcément pardonné un échec de la Serbie pour sa première finale dans l'épreuve. "Etre capable d'être aussi performants que nous l'avons été, dans de pareilles circonstances, c'est juste trop bon, historique, l'un des plus beaux résultats sportifs que ce pays ait jamais eu", jubilait dimanche soir, sans jamais tirer la couverture à lui, le meilleur joueur serbe. Cette grande victoire, plus importante à ses yeux que son seul succès à ce jour en Grand Chelem, lors de l'Open d'Australie 2008, devrait aider «Djoko» à poursuivre une ascension qui tend à stagner depuis deux ans. Avoir montré pendant trois jours qu'il était en mesure de gérer une attente extrême l'a déjà fait entrer dans une autre dimension. Très souvent nerveux sur un court, parfois fébrile, Djokovic aura sans doute beaucoup appris à l'issue de ce week-end triomphal. De quoi sans doute en faire un joueur plus fort encore.