Djokovic: "Le rêve de toute une vie"

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Djokovic: "Le rêve de toute une vie"
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Vainqueur de Jo-Wilfried Tsonga, vendredi, à Wimbledon (7-6, 6-2, 6-7, 6-3), Novak Djokovic a fait d'une pierre deux coups. Non content d'avoir ainsi rallié la finale du Majeur londonien, le Serbe s'est octroyé l'assurance de ravir la place de n°1 mondial à Rafael Nadal, son ultime adversaire. Un aboutissement pour celui qui mesure aujourd'hui le chemin parcouru.

Vainqueur de Jo-Wilfried Tsonga, vendredi, à Wimbledon (7-6, 6-2, 6-7, 6-3), Novak Djokovic a fait d'une pierre deux coups. Non content d'avoir ainsi rallié la finale du Majeur londonien, le Serbe s'est octroyé l'assurance de ravir la place de n°1 mondial à Rafael Nadal, son ultime adversaire. Un aboutissement pour celui qui mesure aujourd'hui le chemin parcouru. Novak, qu'est-ce que cela fait d'être en finale de Wimbledon ? C'est incroyable... A la fin du match, je ne savais pas comment exprimer mes émotions. J'étais vraiment heureux, c'est un moment difficilement descriptible par les mots. Toute ta carrière défile dans ta tête, ton enfance, et tout ce pour quoi tu as tant travaillé... finit par devenir réalité ! Etiez-vous inquiet après la perte du 3e set, sachant que Tsonga avait remonté un handicap de 2 sets à 0 en quart de finale ? Vous savez, Tsonga est le genre de joueur qui se nourrit de l'énergie du public. Par moments, il peut être inarrêtable, servir monstrueux et frapper très fort depuis sa ligne. J'étais un peu déçu de perdre ce 3e set, mais je me suis parlé au changement de côté et j'ai essayé de rester calme, concentré, de façon à ne pas le laisser revenir. A partir du moment où j'ai fait le break, j'ai retrouvé le rythme et le match a rebasculé en ma faveur. Jo-Wilfried Tsonga a dit que vous aviez joué de façon incroyable, tout particulièrement en défense. Est-ce votre meilleure prestation depuis le début de la quinzaine ? Vu les circonstances... c'était probablement le meilleur, oui. J'étais un peu nerveux au début de la partie, puis je l'ai breaké à 5-4, et j'ai senti que le moment était venu pour moi de monter d'un cran et de m'octroyer la victoire. Je pense avoir assez bien joué aujourd'hui. Jo aurait facilement pu revenir dans le match. Il est très dur à jouer car il reste imprévisible, peut sortir des coups gagnants hallucinants et faire basculer la situation à tout moment. Mais je suis content d'avoir réussi à rester déterminé après la perte de ce 3e set. Vous sentez-vous particulièrement fier aujourd'hui ? C'est définitivement l'un des plus grands accomplissements et l'un des jours les plus importants de ma vie, de ma carrière. Nous, joueurs, sommes tous dédiés à ce sport à 100%. Alors quand tu sais que tu es en train de devenir le meilleur joueur au monde et que tu atteins en même temps la finale de ton tournoi favori, forcément, c'est très spécial. Pourquoi ce tournoi vous tient-il autant à coeur ? C'est le premier tournoi que j'ai suivi. La première fois que j'ai regardé du tennis, c'était Wimbledon. J'avais quatre ou cinq ans. Je m'en rappelle très bien. Wimbledon a toujours été pour moi « LE » tournoi. "J'ai toujours cru en moi" Lorsque l'on évolue en même temps que Federer et Nadal, à quel point est-il compliqué de se hisser au rang de n°1, et qu'est-ce que cela représente pour vous ? C'est vrai. Roger et Rafa sont incroyablement réguliers et dominent outrageusement le circuit depuis quelques années. Ils ne te laissent pas beaucoup de chances de devenir n°1... Donc pour en arriver là, j'imagine qu'il ne faut perdre qu'un match en sept mois (sourire). Si tu y arrives, c'est bien joué... Avez-vous traversé des moments de doute ? Vous êtes-vous dit que Roger et Rafa étaient tout simplement trop forts ? Qu'avec les blessures, vous n'y parviendriez peut-être jamais ? Il y a eu des moments ces deux, trois dernières années où les choses n'étaient vraiment pas évidentes, quand je perdais contre eux presque tous les matches importants aux derniers stades des tournois majeurs. Mais j'ai toujours cru en moi. Je dois avouer que je me suis posé des questions, mais je suis toujours passé au-dessus de tout ça car je croyais suffisamment fort en moi. Je savais que, si je travaillais dur pour améliorer mon jeu, j'atteindrais le niveau nécessaire pour être à l'aise et les dominer. Le fait d'être en compétition avec eux est vraiment excitant. Dans un sens, ils te font progresser. Ils sont tellement bons que tu n'as pas d'autre choix que de pratiquer ton meilleur tennis ! Pour que cette place de n°1 soit véritablement « validée », devez-vous impérativement remporter la finale dimanche ? Bien sûr ! C'est une chose dont j'ai toujours rêvé depuis que j'ai commencé le tennis. J'ai toujours essayé de m'imaginer là, le dernier dimanche, à Wimbledon... Ce sera certainement fabuleux. J'entrerai sur le court avec la ferme intention de gagner. Etre n°1 mondial était votre rêve de gosse... Gamin, tout le monde a des rêves. On rêve tous de devenir quelque chose dans la vie. J'ai été très soutenu par ma famille et mes proches, qui m'ont permis d'atteindre ce rêve de toute une vie. J'ai commencé le tennis dans les montagnes, dans un tout petit village, puis je me suis entraîné à Belgrade. Le tennis n'était alors pas très populaire là-bas. On est passé par des moments difficiles, avec les guerres, tout ça. Ce n'était pas évident de garder ce désir, et de croire toujours en soi. Mais je l'ai fait, comme l'ont fait les gens qui m'entouraient. Atteindre cette place de n°1 est donc quelque chose de très particulier. "La Coupe Davis restera ce qui m'a procuré le plus de joie" Aviez-vous déjà embrassé le gazon comme vous l'avez fait aujourd'hui ? Oui. Mais là, c'était incroyable ! De la victoire en Coupe Davis ou de ce moment, lequel compte le plus ? Jusqu'à présent, ou jusqu'à dimanche, la Coupe Davis restera ce qui m'a procuré le plus de joie sur un court de tennis, car il s'agit d'une équipe. Et cela concerne toute une nation. Ce n'est pas une chose que tu gagnes uniquement pour toi. C'est une chose que tu partages avec l'équipe, avec les gens, avec tout le monde. Ce titre, c'était juste une expérience incroyable. Jouer pour son pays est tellement différent de jouer pour soi... Peut-on dire que la saison que vous êtes en train de réaliser est due à ce résultat en Coupe Davis ? En partie, oui. Vous semblez avoir rencontré quelques petits problèmes de confiance dans ce tournoi... Je ne dirais pas de confiance. La confiance était toujours présente. C'est sûr qu'après avoir perdu ton premier match en six ou sept mois, tu peux t'attendre à ce qu'il y ait des hauts et des bas dans un tournoi. Ce fut celui-ci. Je suis heureux d'avoir réussi à m'en sortir face à Baghdatis et Tomic. Ces matches ont été très durs, aussi bien physiquement qu'émotionnellement. Mais on ne peut raisonnablement pas attendre d'un joueur qu'il se hisse en finale d'un Grand Chelem sans jamais rencontrer d'embûches. Quelques mots sur votre dernier adversaire, Rafael Nadal ? Ce sera un autre match important. Nous nous sommes affrontés tellement de fois cette année, nous avons joué tellement de finales ou de matches importants l'un contre l'autre... Même si la surface est différente, je crois que je suis capable de le battre. Il n'a plus perdu à Wimbledon depuis... allez... presque 20 matches ? Il joue très bien sur gazon. Il a toujours confiance et sait ce que c'est que de soulever le trophée à Wimbledon. Moi, je ne sais pas. Mais je n'ai rien à perdre. Je vais entrer sur le court et être agressif, car je ne veux pas le voir prendre le contrôle du match.