Dinart, la défense dans le sang

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Dinart, la défense dans le sang
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A l'heure d'aborder les huitièmes de finale de la Ligue des champions, Chambéry accueille Ciudad Real, dimanche, au Phare. L'occasion pour les Savoyards de retrouver Didier Dinart, l'inoxydable défenseur du club de la Mancha. Du haut de son vertigineux palmarès, le Guadeloupéen est considéré comme le meilleur défenseur au monde, et nous livre quelques parcelles de cette science à part.

A l'heure d'aborder les huitièmes de finale de la Ligue des champions, Chambéry accueille Ciudad Real, dimanche, au Phare. L'occasion pour les Savoyards de retrouver Didier Dinart, l'inoxydable défenseur du club de la Mancha. Du haut de son vertigineux palmarès, le Guadeloupéen est considéré comme le meilleur défenseur au monde, et nous livre quelques parcelles de cette science à part. Trois titres de champion du monde, deux de champion d'Europe, une médaille d'or olympique, quatre Ligue des champions, cinq titres de champion d'Espagne, le même nombre en France... Inutile d'aller plus loin, le palmarès de Didier Dinart est aussi long qu'une journée sans soleil. La vitrine la plus garnie du sport collectif français. Né il y a 34 ans du côté de Point-à-Pitre, ce colosse d'1m97 pour 104 kilos a élevé la défense au rang d'art. Un art noble, loin de l'image du boucher, prêt à essuyer le sang des adversaires avec son essuie-front. Et si l'équipe de France domine outrageusement la planète handball, elle le doit en grande partie au bonhomme. Loin des paillettes, "La Roca" s'occupe des basses-oeuvres. Son crédo ? Réduire à néant les attaques adverses. Pour cela, Dinart dirige ses compagnons de son poste de numéro 3, au milieu de la défense. "C'est un peu le chef d'orchestre, la tête pensante qui est chargé de gérer toutes les situations d'un match", lâche le successeur de Pascal Mahé en équipe de France à ce poste toujours un peu ingrat, "Normalement, en disant une seule phrase, tout le monde doit être au pas". "En défense, chacun a un rôle bien déterminé" Pour cela, les qualités physiques ne suffisent pas. Il faut sans cesse communiquer. "Chacun a un rôle bien déterminé, ce qui permet que les choses soient plus harmonieuses", explique le leader de la défense. "Quand le match devient compliqué, tout le monde sait ce qu'il a à faire quand il doit le faire, parce que moi, je n'ai pas forcément le temps de dire à chacun ce qu'il doit faire", ajoute celui qui n'hésite pas à rappeler vertement à l'ordre celui qui va à l'encontre de ses consignes. Au sortir du dernier Mondial, Samuel Honrubia, l'ailier gauche de Montpellier, avouait d'ailleurs avoir beaucoup appris à ses côtés. Appris quoi ? "Contrairement à ce que pense les gens, un ailier n'est pas là juste pour se mettre à l'aile, et boucher un trou", expose Dinart, "Il doit par exemple savoir gérer les situations de deux contre un quand on a mis plus de densité dans la zone du ballon. Il a un travail bien précis à effectuer quand son vis-à-vis entre en deuxième pivot". Un savoir patiemment compilé au fil des années, depuis ses débuts à Dijon, en 1993, en provenance directe de la Guadeloupe. "Chambéry est un très bon adversaire" Autre exemple de ce secteur de jeu un peu à part, la relation invisible avec le gardien de but. "Dans une situation établie, lui prend le coin court, et nous, au contre, on prend le coin long", illustre le maître d'oeuvre, qui raconte également son évolution dans la gestion du pivot attaquant, après son arrivée à Ciudad Real, et sa rencontre avec Talant Dujshebaev. "Je ne suis plus en confrontation directe avec lui. Le pivot c'est un marquage à deux ou à trois. Il suffit de le mettre dans son dos et de défendre sur la ligne de passe", précise celui qui va devoir se coltiner Grégoire Detrez, dimanche, lors du huitième de finale aller de la Ligue des champions face à Chambéry. Un adversaire que le triple champion du monde ne compte pas négliger: "C'est un très bon adversaire. Ils sont leaders du championnat, ce n'est pas pour rien". Pas question toutefois de fuir les responsabilités, ce n'est pas le genre de la maison. "Pas question de dire que l'on est pas favoris. On a quand même gagné trois Ligue des champions (2006, 2008, 2009)". Didier Dinart n'est en tout cas pas mécontent de retrouver la France: "C'est quand même mieux que d'aller en Pologne, en Allemagne ou je ne sais pas où", sourit-il. Pas sûr cependant que les Chambériens voient ce genre d'expression faciale sur le terrain...