Dijon à quelle sauce ?

  • A
  • A
Dijon à quelle sauce ?
Partagez sur :

Comme lors de chaque période estivale, notre rédaction vous propose un Tour de France des clubs de Ligue 1 avant le début des hostilités prévu le 6 août prochain. Au menu ce dimanche, le Dijon Football Côte-d'Or, petit Poucet garanti puisqu'il évoluera pour la première fois parmi l'élite. Avec un budget très limité entre les mains, Patrice Carteron a bâti une équipe plus ou moins cohérente. De là à dire que le maintien sera au bout...

Comme lors de chaque période estivale, notre rédaction vous propose un Tour de France des clubs de Ligue 1 avant le début des hostilités prévu le 6 août prochain. Au menu ce dimanche, le Dijon Football Côte-d'Or, petit Poucet garanti puisqu'il évoluera pour la première fois parmi l'élite. Avec un budget très limité entre les mains, Patrice Carteron a bâti une équipe plus ou moins cohérente. De là à dire que le maintien sera au bout... LA SAISON DERNIERE "L'objectif était déjà d'arriver à exister sportivement parlant, se rappelle Patrice Carteron, l'entraîneur du Dijon Football Côte-d'Or. Je ne savais pas jusqu'à quelle hauteur on allait pouvoir s'élever". Son équipe, construite avec l'un des plus petits budgets du plateau, a dépassé les attentes... Troisième du championnat de France de Ligue 2, le DFCO, né en 1998 de la fusion entre le Cercle Dijon et le Dijon FC, a rejoint l'élite pour la première fois de sa toute jeune histoire ! L'avant-centre Sebastian Ribas a été le grand artisan de cette surprenante accession. Avec 23 buts au compteur, l'Uruguayen a fini meilleur buteur et meilleur joueur UNFP de l'année. De ce fait, les éliminations, très précoces, au premier tour de la Coupe de la Ligue et en 64e de finale de la Coupe de France sont passées au second plan. Ce qui n'a pas été le cas de l'arrivée de Florent Malouda dans le capital du club bourguignon. LE RECRUTEMENT Malheureusement pour Dijon, mais aussi pour la Ligue 1, Ribas (23 ans), en fin de contrat, est parti au Genoa. "Cela a été un coup dur, reconnaît Carteron. Maintenant, la plus belle réaction que l'on ait eue, cela a été de faire signer Grégory Thil vingt-quatre heures après son départ". L'ancien Boulonnais, auteur de 105 buts en 224 matches sous les couleurs de l'USBCO, "sera un de mes leaders de vestiaire", annonce son nouvel entraîneur. "Le capitaine sera certainement Abdoulaye Meïté", arrivé en provenance de West Bromwich, "et le vice-capitaine Younousse Sankharé", milieu défensif qui s'est engagé définitivement pour trois ans. Ajoutez le défenseur Cédric Varrault (Panionios), l'attaquant Brice Jovial (Le Havre) plus, sans doute, le milieu offensif japonais Daisuke Matsui (Grenoble) et un autre milieu de terrain défensif, vous obtiendrez "un recrutement relativement cohérent." LE JOUEUR À SUIVRE "Cela fait plaisir de voir qu'il n'y a pas que l'argent qui fait la différence, qu'il existe aussi des joueurs qui se reconnaissent dans un projet", se félicite Carteron. Meïté (30 ans) est de ceux-là. L'ex-défenseur de l'Olympique de Marseille, entre 2000 et 2006, qui "connaissait déjà un peu le coach", est de retour en France, après cinq années passées en Angleterre, du côté de Bolton puis de West Bromwich, "où c'était un peu lourd à la fin.""C'est un défi intéressant à relever, estime l'Ivoirien, lié avec Dijon jusqu'en 2014. C'est un club qui cherche à rester en Ligue 1, je peux contribuer à cela, donc il n'y a pas de souci. Et je me relance en même temps." Dans la perspective de retrouver les Éléphants ? "Ce n'est pas la priorité." En tout cas, il a "hâte" de revenir au Vélodrome ! L'ENTRAÎNEUR Qui mieux qu'un Dijonnais pour parler de Carteron (40 ans) ? Meïté: "C'est un nouveau coach à la mode. Il est jeune, ambitieux, a une expérience tactique très développée..." L'intéressé, recruteur puis entraîneur de Cannes de 2007 à 2009, tempère: "Je n'ai pas inventé grand-chose !" L'ancien défenseur de Lyon et de Saint-Étienne, notamment, apparaît pourtant comme le premier technicien à envoyer Dijon en L1. Même Rudi Garcia, qui a dirigé les Bourguignons pendant cinq ans, n'y est pas parvenu. Cela n'empêche pas Carteron de se reconnaître dans ce que fait l'actuel patron du LOSC. "Je me suis aussi beaucoup reconnu, à mon petit niveau, dans la méthode de Mourinho, quand j'ai eu la chance d'aller le voir il y a quelques années à Chelsea." C'est-à-dire ? "J'aime bien avoir une base défensive assez solide, mais, globalement, je suis plutôt quelqu'un qui aime le jeu offensif". L'OBJECTIF "La dix-septième place, répond du tac au tac Carteron. En ce qui me concerne, si Dijon reste en Ligue 1 à l'issue de la 38e journée, ce sera un exploit encore plus retentissant que la montée en elle-même." Avec un budget compris "entre 20 et 22 millions d'euros", comment le DFCO pourrait-il viser plus haut ? "Comme l'année dernière c'était impossible qu'on monte, aujourd'hui beaucoup disent que c'est impossible qu'on se maintienne... On nous a comparés il y a quelques jours à Arles-Avignon, par rapport au nombre d'arrivées (NDLR, neuf joueurs pour le moment). Je ne suis pas du tout dans le cas de figure où j'ai renouvelé mon effectif à 100%, puisque j'ai gardé le noyau dur, et renforcé ce noyau dur afin de créer une saine concurrence. Je sens plutôt qu'on a un groupe relativement équilibré qui monte en puissance". En atteste la victoire sur le Benfica Lisbonne (2-1), mardi dernier, en amical. LE PRONOSTIC DE LA REDAC Demandez donc au Mans (2003-04), à Istres (2004-05), ou encore à Arles-Avignon (2010-11) quels souvenirs gardent-ils de leur premier passage historique en L1... Il y a bien sûr des contre-exemples, mais la mission maintien s'annonce très, très compliquée pour Dijon. Son maillon fort la saison dernière, Ribas, est parti et a été remplacé par Thil, prometteur mais presque novice dans l'élite (15 matches). "Instinctif" selon son président Bernard Gnecchi, Carteron l'entraîneur n'en reste pas moins inexpérimenté, lui aussi, à ce niveau. Budget limité oblige, le recrutement dijonnais est une somme de paris. Et un pari se gagne, mais il peut également se perdre... "Je ne sais pas si cela sera suffisant, avoue d'ailleurs Carteron. Je trouve juste que notre façon de faire me semble relativement cohérente." Mais "qui veut de la cohérence" demandait Oscar Wilde ?