Dick-Peyron, bientôt la délivrance

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Dick-Peyron, bientôt la délivrance
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Trois mois jour pour jour après leur départ de Barcelone, Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron touchent au but sur la Barcelona World Race. En approche du détroit de Gibraltar, les deux hommes sont attendus en vainqueurs, probablement dans la nuit de dimanche à lundi, à Barcelone. Une délivrance après plus de 90 jours de mer dont deux dernières semaines épuisantes au près.

Trois mois jour pour jour après leur départ de Barcelone, Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron touchent au but sur la Barcelona World Race. En approche du détroit de Gibraltar, les deux hommes sont attendus en vainqueurs, probablement dans la nuit de dimanche à lundi, à Barcelone. Une délivrance après plus de 90 jours de mer dont deux dernières semaines épuisantes au près. Si la date n'est pas encore fixée, probablement en milieu de semaine prochaine, le rendez-vous est pris. A défaut de pouvoir contester la domination de Virbac-Paprec 3, Iker Martinez ne pouvait se refuser jeudi, dans un large sourire qui traduit mal la pénibilité de ces derniers jours de course, à inviter Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron, promis à la victoire sur la Barcelona World Race, autour d'une bonne table catalane. L'occasion pour le sympathique et volubile champion olympique espagnol de Mapfre, contraint lui et son fidèle coéquipier Xabi Fernandez de se rationner depuis trois semaines en raison d'un problème de nourriture lyophilisée, de refaire la course en compagnie des deux expérimentés Français, lui qui découvrait tout juste ce type de bateau il y a 14 mois à Port-la-Forêt, la Mecque de la course en solitaire. Une invitation comme un aveu, celui de la résignation du tandem espagnol relégué à près de 300 milles de Virbac-Paprec 3 et qui semble se contenter aujourd'hui de la deuxième place de la Barcelona World Race avec la satisfaction et la fierté de ne pas avoir fait d'escale. "S'il avait fallu s'arrêter pour gagner, on l'aurait fait car gagner, c'est gagner. Mais dans notre esprit, il y avait cette envie de ne pas s'arrêter", a commenté ce jeudi Martinez lors de la vacation quotidienne de la course, en compagnie notamment de Kito de Pavant, l'un des infortunés de ce tour du monde en double, contraint d'abandonner à Ushuaia sur avarie de quille. De la baston à Gibraltar "Je suis très admiratif du parcours d'Iker et Xabi", a répondu en écho Jean-Pierre Dick, sans lyrisme déplacé. "Ils ont fait un parcours fantastique, presque un rêve", a-t-il ajouté, bien décidé à faire plus ample connaissance avec ses poursuivants espagnols une fois de retour à terre. Et le Niçois d'ajouter, comme un hommage : "Moi, je ne serai jamais champion olympique..." S'il ne suivra jamais la trace des champions olympiques 2004 de 49er, lesquels pourraient annoncer la semaine prochaine leur volonté de participer aux Jeux de Londres en 2012, Jean-Pierre Dick pourra bientôt se targuer d'avoir remporté les deux seuls éditions à ce jour de la Barcelona World Race, la première avec Damian Foxall, la seconde au côté de Loïck Peyron, avec lequel il avait déjà remporté la Transat Jacques-Vabre 2005. Discret sur ses relations avec le Baulois - "ce sont des choses personnelles, presque intimes. On ne se dévoile pas en place publique", dit-il - l'ancien vétérinaire reconverti coureur au large préfère se souvenir de son passage du Cap Horn, "une explosion de joie, quelque chose de fort", à l'heure où la ligne d'arrivée se rapproche. Pas question pour autant de savourer, pas encore, les derniers jours de course étant loin d'être une sinécure pour les leaders. "Cette fin de course n'a pas de saveur particulière. On est dans la version hard, c'est un peu un calvaire... Ça tape depuis trois jours sans discontinuer", a-t-il expliqué. "Je crois qu'avec Loïck, on n'a jamais fait autant de près d'affilée de notre vie. Quand on va arriver, on aura été au louvoyage pendant 15 jours sans choquer la moindre écoute. C'est un peu douloureux, car ce ne sont pas des bateaux faits pour ça. Les conditions pour arriver ne sont pas géniales." C'est le moins que l'on puisse dire. Et Virbac-Paprec 3, un bateau bien né malgré quelques soucis techniques inévitables sur un tour du monde, promet encore de souffrir encore un peu avant son entrée dans la Méditerranée, programmée dans la nuit de jeudi à vendredi, vers cinq heures du matin (heure française). Marcel Van Triest, en charge de la météo pour la course, prévoit ainsi plus de 30 noeuds de vent d'Est, avec un courant contraire, soit une mer abrupte pour des leaders impatients d'en terminer après certainement plus de 93 jours de mer. Une fin de parcours complexe d'un point de vue météorologique, difficulté à laquelle s'ajoute la gestion d'un trafic maritime dense dans le détroit où le passage des cargos est incessant. "Ça serait injuste d'avoir un gros souci maintenant", souffle Jean-Pierre Dick, plutôt chanceux dans ses malheurs depuis le départ. La vigilance reste de mise. Et la fête programmée dimanche ou lundi prochain.