Dick et Beyou tiennent le bon bout

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Dick et Beyou tiennent le bon bout
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Sur le point de basculer lundi en Mer des Caraïbes, Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou mènent toujours sur la Transat Jacques-Vabre. A 1000 milles du but au Costa Rica, les skippers de Virbac-Paprec 3 restent sous la menace d'Alex Thomson et Guillermo Altadill (Hugo Boss), à une cinquantaine de milles, tandis que la lutte pour la troisième place sera serrée jusqu'au bout entre Macif (Gabart-Col), Banque Populaire (Le Cléac'h-Pratt) et Bureau Vallée (les frères Burton).

Sur le point de basculer lundi en Mer des Caraïbes, Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou mènent toujours sur la Transat Jacques-Vabre. A 1000 milles du but au Costa Rica, les skippers de Virbac-Paprec 3 restent sous la menace d'Alex Thomson et Guillermo Altadill (Hugo Boss), à une cinquantaine de milles, tandis que la lutte pour la troisième place sera serrée jusqu'au bout entre Macif (Gabart-Col), Banque Populaire (Le Cléac'h-Pratt) et Bureau Vallée (les frères Burton). La messe est dite ? Alors que Transat Jacques-Vabre entre dans sa dernière ligne droite, à savoir une route directe de 1000 milles entre l'arc antillais et Puerto Limon, son terminal costaricien, Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou semblent bien partis pour décrocher le gros lot, eux qui ont réussi à faire la différence grâce à une option nord-ouest en Atlantique que seuls Alex Thomson et Guillermo Altadill ont également suivie. Du coup, le fougueux tandem anglo-espagnol est aujourd'hui le seul en mesure de priver les skippers de Virbac-Paprec de la victoire, une grosse cinquantaine de milles séparant lundi après-midi les deux bateaux, soit entre trois et cinq heures, selon la vitesse des bateaux. Sur le point de quitter l'Atlantique lundi pour basculer en Mer des Caraïbes via Mona Passage, entre la Républicaine dominicaine et Porto Rico, le duo Dick-Beyou devrait conserver cette avance sur son poursuivant immédiat une bonne partie du sprint final, puisque les prévisions météo annoncent un alizé bien établi sur les deux premiers tiers. "Des alizés assez costauds semblent s'établir pour les prochaines 48 heures, de l'ordre de 20 noeuds avec rafales à 30, le début de course sera assez rapide en Mer des Caraïbes pour les Imoca", estimait lundi à la mi-journée Cyrille Duchesne, de Météo Consult, avant de prévenir: "Dans le dernier tiers, il y a une baisse de régime, un desserrement du gradient, donc pas mal d'instabilité pour la fin de course. Il faudra se méfier, cette dernière partie de course pourrait redistribuer les cartes." Bref, si les leaders ont quelque chose à craindre, c'est bien cet atterrissage sur le Costa Rica qui pourrait se faire dans des conditions si ce n'est «pétoleuses» (absence de vent), au moins instables, le chasseur ayant souvent dans pareil cas l'avantage sur le chassé qui ouvre la route et paie parfois les pots cassés. Mais vu l'expérience de Jérémie Beyou et de Jean-Pierre Dick, on les voit mal se faire piéger par cette situation que l'un comme l'autre ont sans doute maintes fois vécue en course. Les pronostics semblent donc favorables pour Virbac-Paprec, mais également pour Hugo Boss idéalement placé pour terminer au pire deuxième, ce qui serait une sacrée performance pour Alex Thomson, jusqu'ici présenté comme un coureur certes talentueux mais surtout comme une «tête brûlée» terminant rarement ses courses. Associé à un autre tempérament fougueux, l'Espagnol Guillermo Altadill, l'Anglais a cette fois réussi à passer à travers les fronts qui ont secoué les partisans de l'option nord-ouest, à la barre d'un bateau qui n'est autre que le tenant de la Route du Rhum 2010, l'ancien Veolia Environnement de Roland Jourdain, mis à l'eau en 2007 sous le nom de BT pour le Vendée Globe et Sébastien Josse. Pratt: "Pas des vacances, c'est ambiance humide, très humide !" Derrière ce duo qui semble aujourd'hui hors de portée, la troisième place va donner lieu d'ici l'arrivée à une lutte beaucoup plus serrée, puisqu'ils sont a priori trois dans la course au podium, Macif (François Gabart-Sébastien Col), Bureau Vallée (Louis et Nelson Burton) et Banque Populaire (Armel Le Cléac'h-Christopher Pratt), réunis lundi après-midi en une vingtaine de milles. L'option de la dernière chance tentée au sud en fin de semaine dernière par Kito de Pavant et Yann Régniau sur Groupe Bel semble en effet avoir vécu, le premier reconnaissant lundi: "On est en train de rejoindre la route des nordistes, on va voir comment ça va croiser, on verra le fruit de notre option audacieuse. Je pense qu'on n'aura pas perdu, mais je ne suis pas sûr qu'on ait gagné grand-chose, on va se retrouver avec Mirabaud et Safran, avec peut-être un gain par rapport à Mirabaud." Comme Marc Guillemot et Yann Eliès (Safran) vont s'arrêter à Saint-Domingue pour réparer une pièce de... safran défectueuse, Groupe Bel, deuxième il y a deux ans, devrait achever sa transat à la lutte pour la sixième ou la septième place, avec Mirabaud (Dominique Wavre-Michèle Paret), voire Gamesa (Mike Golding-Bruno Dubois). Pour le podium donc, l'incertitude reste grande et devrait donner lieu à une belle régate finale en Mer des Caraïbes, peut-être à vue. A bord de Banque Populaire, Christopher Pratt confiait lundi: "Macif, on les a eus à 500 mètres il y a une journée et demie, maintenant, on n'est plus à vue, mais on regarde ce que ça donne au niveau des vitesses, ça va être le match avec ces bateaux jusqu'à l'arrivée. C'est sur la fin que ça va se jouer, probablement dans la pétole sur l'arrivée à Puerto Limon." Un match qui oblige les skippers à barrer sans cesse, avec, vu les vitesses et les angles de vent, beaucoup d'eau sur le pont. "Quand on est à la barre, on est complètement sous l'eau, confirme le Marseillais. On est tout le temps trempés, on se relaie à la barre 24 sur 24, le rythme est assez élevé. La barre, c'est assez physique, il y a de la puissance dans le manche, on commence à avoir des problèmes de peau avec les manchons des cirés, ce n'est pas des vacances, c'est ambiance humide, très humide !" Au passage, Christopher Pratt salue la performance sur Bureau Vallée (l'ancien Delta Dore de Jérémie Beyou) des frères Burton, totalement novices à ce niveau mais en mesure de terminer sur le podium. "Ils font une super course. Se retrouver là, à une semaine de l'arrivée, c'est une super performance, ils font bien avancer le bateau. Etonné ? On ne les connaissait pas plus que ça, mais ils se débrouillent bien, ils ont eu un peu de réussite au niveau stratégie, ils seront dans le coup pour faire une bonne place à Puerto Limon, bravo à eux !" Il sera temps d'ici la fin de semaine de féliciter les deux frères de vive voix, en attendant Banque Populaire entend bien priver Bureau Vallée d'un podium également brigué par Macif, avec a priori un avantage en vitesse pour les deux sisterships de dernière génération (Verdier-VPLP) sur Bureau Vallée, plan Farr mis à l'eau il y a un peu plus de cinq ans. Du côté des autres classes, Actual (Yves Le Blévec-Sam Manuard) a, comme on s'y attendait, repris de la marge en Multi 50 sur Maître Jacques (Loïc Féquet-Loïc Escoffier), plus de 200 milles lundi, alors que le trimaran de tête avait laissé Saint-Barthélémy à bâbord et filait vers la Barbade, dont il s'apprêtait à faire le tour en soirée, tandis qu'en Class 40, Aquarelle.com (Yannick Bestaven-Eric Drouglazet), comme depuis le départ du Havre, fait toujours la course en tête, avec le même dauphin, à 135 milles derrière lui, ERDF-Des Pieds et des Mains, de Damien Séguin et Yoann Richomme.