Desjoyeaux casse son mât

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Desjoyeaux casse son mât
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Coup dur pour Michel Desjoyeaux et François Gabart ! Alors qu'ils occupaient la deuxième place de la Barcelona World Race derrière Virbac-Paprec 3 (Dick-Peyron), les deux skippers de Foncia ont constaté dans la nuit de mardi à mercredi la casse du haut de leur mât. Une avarie qu'ils ont pour l'instant maîtrisée mais qui signifie un abandon inéluctable. Les deux hommes font route vers Le Cap, distant de 600 milles au moment de la casse.

Coup dur pour Michel Desjoyeaux et François Gabart ! Alors qu'ils occupaient la deuxième place de la Barcelona World Race derrière Virbac-Paprec 3 (Dick-Peyron), les deux skippers de Foncia ont constaté dans la nuit de mardi à mercredi la casse du haut de leur mât. Une avarie qu'ils ont pour l'instant maîtrisée mais qui signifie un abandon inéluctable. Les deux hommes font route vers Le Cap, distant de 600 milles au moment de la casse. Pour son premier tour du monde, François Gabart n'aura pas le bonheur de connaître les trois caps mythiques d'une circumnavigation. Après une première avarie dans l'Atlantique Nord (casse de la crashbox) qui avait obligé Foncia à effectuer une rapide escale technique à Recife, au nord-est du Brésil, Michel Desjoyeaux et le récent champion de France de course au large en solitaire en déplorent une nouvelle depuis mercredi, 3h40, bien plus pénalisante celle-ci puisqu'elle va les contraindre à l'abandon. Dans un message envoyé à la terre, Michel Desjoyeaux a raconté mercredi matin : "Le 26 janvier 2011, à 2H40 UTC (3H40 Heure française), par 41°12,6 S et 8°59,8 Est, Foncia naviguait cap au 115° à 18 noeuds de moyenne sous solent et un ris dans la grand voile, à 140° du vent, qui soufflait environ à 25/30 noeuds, mer du vent, dans ces conditions, depuis 8 heures environ. Le mât a cassé en dessous du capelage de solent, soit environ 25 mètres au dessus du pont (tube de 27,30m). Le gréement est toujours en l'air, tenant par les bas-haubans, les basse-bastaques, l'étai de trinquette et l'étai de foc de route. Le morceau cassé pend à 20 mètres, retenu par les drisses. Le solent, non roulé puisque en service au moment de la casse, est saucissonné le long du mât." En clair, c'est le haut du mât qui s'est cassé sur le plan VPLP-Verdier, ce qui signifie que l'intégrité de celui-ci n'est pas menacée à condition que les câbles le tenant droit (bas-haubans, basses-bastaques, étais) ne lâchent pas. Les deux marins ont pour cela en priorité "saucissonné" le solent (voile d'avant en service au moment de la casse) autour du mât pour éviter qu'elle ne le sollicite trop, naviguant désormais avec la seule grand-voile "retenue par sa drisse autour du mât, grosso-modo au troisième ris", raconte Michel Desjoyeaux qui ajoute : "Tous les éléments sont à bord, rien n'a été perdu à la mer." En revanche, les illusions de boucler le tour du monde sont bel et bien perdues pour les deux hommes, d'où une légitime déception à bord de Foncia qui fait désormais route vers l'Afrique du Sud : "L'équipage, dont je vous cacherais ici la déception, est sain et sauf, j'ai juste le pouce droit un peu douloureux, il est parti avec le solent quand j'essayais de ramener le bas de la voile à bord. Nous ne demandons aucune assistance. Nous tentons de rejoindre Cape Town avec les moyens du bord, distant actuellement de 600 milles. Notre vitesse actuelle est de 11 noeuds, cap 76°." C'est donc prudemment mais assez sûrement que Foncia se dirige vers Le Cap, où son équipe technique devrait l'attendre afin de faire une première évaluation des dégâts. Mis à l'eau très tard, mi-septembre, Foncia avait depuis franchi sans encombre l'Atlantique lors de la Route du Rhum, que Michel Desjoyeaux, peut-être par nécessité, avait terminée à la sixième place au prix d'une option sud plus prudente. Le plan VPLP-Verdier paie sans doute sa jeunesse sur ce tour du monde pendant lequel, en double, il est mené de façon plus optimale que sur une course en solitaire. Michel Desjoyeaux aura le temps de tirer les leçons de cette avarie, lui qui compte, si la mer le permet, aller se rendre compte par lui-même de l'étendue des dégâts : "Les prévisions de vent pour les jours à venir sont adaptées et sans risque (aujourd'hui 25/30 noeuds Sud Ouest mollissant). Dans deux jours, passage de la dorsale de l'anticyclone (vents calmes). Si la mer veut bien être calme également, nous en profiterons peut-être pour grimper dans le mât pour récupérer les morceaux et être en mesure d'affaler la grand voile, puis vent de Sud Est 20/25 noeuds jusqu'à Cap Town." Arrivée prévue en Afrique du Sud dimanche ou lundi.