Deschamps: "Le nul serait bien"

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Deschamps: "Le nul serait bien"
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Alors que son équipe vient d'enchaîner trois victoires toutes compétitions confondues, Didier Deschamps assure que l'OM ne se déplacera pas sur la pelouse d'Arsenal seulement pour défendre, mardi lors de la 4e journée du groupe F de Ligue des champions. Mais l'entraîneur phocéen sait aussi que la qualification ne se jouera pas à l'Emirates Stadium.

Alors que son équipe vient d'enchaîner trois victoires toutes compétitions confondues, Didier Deschamps assure que l'OM ne se déplacera pas sur la pelouse d'Arsenal seulement pour défendre, mardi lors de la 4e journée du groupe F de Ligue des champions. Mais l'entraîneur phocéen sait aussi que la qualification ne se jouera pas à l'Emirates Stadium. Didier, le match aller vous reste-t-il encore en travers de la gorge ? Jouerez-vous avec le même dispositif ? Le football n'est pas une science exacte. On peut bien jouer et ne pas gagner. L'inverse est aussi possible. A l'aller, c'était un match équilibré. Chacun a eu sa période et on aurait dû se quitter logiquement sur un 0-0. Ce n'était pas normal de laisser un joueur seul dans la surface à la 92e minute. On ne peut pas revenir en arrière, mais cette défaite est encore dans la tête. Ce seront quasiment les mêmes équipes, mais dans un autre stade. Quant au dispositif, ce ne sera pas forcément le même... Samedi soir, vous étiez encore en réflexion quant à savoir si le 4-4-2 sera maintenu contre Arsenal. A la veille du match, vous êtes-vous décidé ? Ma réflexion a avancé. Je sais quelle équipe je veux aligner. Ce n'est pas que j'aime davantage le 4-3-3. Je suis entraîneur depuis huit ans, et j'ai joué en 4-4-2 durant cinq saisons. Ça ne me pose aucun problème. Vous pouvez découper l'équipe comme vous le voulez, ce n'est pas ma réflexion. Mon souci est de faire en sorte que l'équipe puisse créer des problèmes à l'adversaire, tout en étant capable de bien défendre. Dans un même système, on peut être plus offensif ou plus défensif selon la nature des joueurs qui débutent. Dans le 4-4-2, Mandanda est davantage sollicité, comme à Dijon. Non, il a fait un arrêt en début de match à la suite d'une passe en retrait. Après, il n'a pas eu énormément de travail. Moins il a besoin d'intervenir, mieux c'est. On ne va pas mettre une équipe qui ne fera que défendre. Il faudra penser à leur faire mal, sans leur donner trop de munitions devant. Arsène Wenger s'attend à une rencontre difficile, face à une équipe qui sait bien défendre et jouer en contre-attaque. C'est son analyse. Ça peut se passer différemment. Encore plus après sa victoire contre Chelsea avec cinq buts marqués, Arsenal possède un potentiel offensif de grande qualité. On centralise sur Robin van Persie car il marque beaucoup, mais c'est tout le trident offensif, ainsi que le milieu, qui sont dangereux. Après, on sait qu'ils peuvent concéder des occasions. Van Persie fait-il partie des meilleurs attaquants européens ? Quel discours allez-vous tenir à vos défenseurs ? C'est l'un des meilleurs. En tant qu'avant-centre, il affiche une moyenne de buts impressionnante. Après, son équipe joue beaucoup pour lui. Des joueurs en position de marquer, comme Gervinho et Walcott, préfèrent parfois lui faire la passe. Il fait partie du top européen. Le bloquer complètement serait l'idéal. On va essayer de limiter son influence. S'il touche moins de ballons, il aura donc moins d'occasions. Est-ce une solution de passer par les ailes, sachant qu'Arsenal a affiché de grosses lacunes défensives sur les côtés contre Chelsea ? Et plus généralement, est-ce un match décisif dans ce groupe ? Je ne suis pas persuadé qu'il y aura les mêmes latéraux. En fonction des changements, ce ne sera pas la même chose. Quant à ce match, pour Arsenal, une victoire serait qualificative. Pour nous, par exemple, le nul serait bien. Le match décisif sera la réception de l'Olympiakos. "Je ne fais pas en fonction du salaire" Arsenal a encaissé beaucoup de buts sur coups de pied arrêtés. Avez-vous travaillé spécialement cet aspect ? On n'en a pas forcément besoin. Il est surtout important d'avoir un bon tireur, et des joueurs dans la surface avec un bon timing. L'an dernier, on avait perdu cette efficacité. Dans les matches de haut niveau, les coups de pied arrêtés sont très importants. Ils peuvent l'être mardi. Toutes les occasions sont bonnes à prendre, notamment sur phases arrêtées. Pensez-vous qu'un rôle de manager à l'anglaise vous irait bien ? En France, ça n'existe pas, ça ne se fait pas. Ce rôle a des avantages et des inconvénients. Vous devez les connaître. C'est spécifique à l'Angleterre, et ce n'est pas valable non plus en Espagne et en Italie. Tenir ce rôle est le cadet de mes soucis, simplement parce que je suis entraîneur d'un club français. Après cette série de victoires, la pression est-elle moins forte sur les joueurs ? Je vois un groupe qui vit bien, qui a fait preuve de caractère, d'envie et de détermination. Je ne vais pas occulter le fait que nos adversaires n'étaient pas les premiers de la classe. Nous étions dans une situation compliquée. Elle est meilleure désormais, mais on a pris du retard et le plus important est d'enchaîner. Les victoires redonnent de la confiance et de la sérénité. Les joueurs ont le sourire et ressentent moins de fatigue. Ceux qui ne jouent pas ont envie d'être dans l'équipe. Cette dynamique positive est importante. Un peu moins de deux semaines après le match aller, les deux équipes restent donc sur des séries positives. Le scénario sera-t-il complètement différent ? Je l'espère, au niveau du résultat. Les forces en présence restent les mêmes de chaque côté. Tout est possible, dans un sens comme dans l'autre. Je suis convaincu que nous sommes capables de faire un bon résultat, même face à une équipe de haut niveau qui a de l'expérience dans cette compétition. Le niveau de tous vos joueurs est-il remonté ? Oui. Plus ils sont proches de leur meilleur niveau, mieux c'est. Après, je ne peux pas tous les faire débuter en même temps. J'ai un groupe en meilleure forme dans l'ensemble, et mes choix sont toujours difficiles à faire. Il y a de la concurrence. Il y en a plus à certains postes. Et quand je dois choisir, il y a toujours un joueur content et un autre mécontent. Sur ce genre de match, êtes-vous capable de vous priver de Lucho et Diarra ? Ce n'est pas une question de se priver d'un joueur. Ce sont des choix. Je dois composer avec 11 joueurs. Diarra, par exemple, peut très bien entrer pour la dernière demi-heure. Je comprends la déception d'être sur le banc. Après, il y a un intérêt collectif. Les entrants, pour cinq minutes ou une période entière, doivent apporter quelque chose. Qu'ils aient un statut ou pas. Je ne fais pas en fonction du salaire. Lors de la première saison, Niang avait débuté quelques matches sur le banc. Je ne fais pas en fonction de l'âge non plus. Je ne l'ai jamais fait. C'est une logique sportive avant tout. Il y a quand même une attente supplémentaire concernant des joueurs avec un statut plus important... Il y a une certaine logique et vous (ndlr, les journalistes) faites en sorte qu'ils le ressentent bien. Dans tous les clubs, certains joueurs débutent avec le montant du transfert affiché dans leur dos. Après, je ne décide pas des montants des transferts et du salaire. La qualité a un prix, et ça dépend du marché et des négociations. Il vous faudra bien relancer Lucho un jour... Oui. Enfin, relancer, je ne sais pas si c'est le terme. Il a joué mardi en Coupe de la Ligue. Mon souci est de ne perdre personne, et que tout le monde se sente concerné. Les joueurs affichent des niveaux de forme différents, mais j'aurai besoin de tout le monde jusqu'au 31 décembre.