Des coqs de combat

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Des coqs de combat
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Levier privilégié actionné par les Bleus pour se remettre la tête à l'endroit après l'humiliation des Tonga et pour bouter l'Anglais hors de la Coupe du monde, le sacro-saint combat reste plus que jamais au coeur des préoccupations tricolores cette semaine avant de se frotter à la nouvelle vague galloise, elle si joueuse et insouciante. A l'image de ses gros, le XV de France demeure persuadé que son salut réside dans le défi et l'engagement.

Levier privilégié actionné par les Bleus pour se remettre la tête à l'endroit après l'humiliation des Tonga et pour bouter l'Anglais hors de la Coupe du monde, le sacro-saint combat reste plus que jamais au coeur des préoccupations tricolores cette semaine avant de se frotter à la nouvelle vague galloise, elle si joueuse et insouciante. A l'image de ses gros, le XV de France demeure persuadé que son salut réside dans le défi et l'engagement. Si on ne change pas une équipe qui gagne, on ne change pas non plus une méthode qui gagne. Pour se relever du fiasco face aux Tonga, l'équipe de France avait remis le bleu de chauffe, rangé les belles théories et les plans sur la comète autour d'un jeu un brin illusoire, pour repartir à la mine. Du combat, rien que du combat... On se souvient du mea-culpa d'un Lionel Nallet, trop conscient que "notre jeu, sans combat, il n'existe pas" et que "ce qu'on me demande, c'est de mettre du combat et de mettre des coups de tronche." Une semaine plus tard, les Bleus on retrouvé l'envie, concassé au passage le rival anglais, renvoyé à la maison sans ménagement, et voilà que se présentent à eux une bande de joyeux garnements gallois, décomplexés, qui depuis six semaines enchantent le public et affolent les défenses par son jeu libéré et complet. On serait tenté de dire tout ce à quoi les Bleus ont renoncé pour se replier sur une panoplie plus restrictive. Un choix assumé qui pour l'heure a réussi aux hommes de Marc Lièvremont. A la seule différence près que c'est un adversaire au profil totalement différent qui se proposera à cette équipe de France ce samedi, à l'Eden Park, en demi-finale de cette Coupe du monde. Ces Gallois en progrès constants à chacune de leur sortie s'épanouissent dans une profusion de jeu, où comme le note Nicolas Mas, "que ce soit un pilier ou un troisième ligne, ils arrivent toujours à jouer un bon rugby [...] On s'attend à beaucoup de jeu, c'est une équipe qui joue beaucoup avec des avants qui se déplacent beaucoup et ne lâchent rien, très combattifs, même en difficultés, ils parviennent toujours à s'en sortir", décrit le pilier catalan, qui en un seul match depuis son retour de blessure, a démontré face aux Anglais à quel point il était indispensable au rendement de la mêlée tricolore. "A nous de les contrer et essayer de les ralentir en les usant devant dans les mêlées et sur les mauls." Ces fameuses phases statiques à soigner pour mieux freiner, voire même briser la dynamique galloise. Vitesse contre combat Schématiquement, ce choc à venir reviendrait à opposer le combat à la vitesse. Un brin réducteur sans doute, même si Nallet n'en démord pas d'un pouce: "C'est tout l'équipe qui s'est retrouvée dans le combat, martèle encore et encore le deuxième ligne, qui avoue d'ailleurs: Ce match face aux Anglais, on l'a gagné au courage. Dès qu'on est prêt dans le combat, dès qu'on a envie mentalement de secouer nos adversaires, c'est beaucoup mieux. [...] On a des talents, on a tout un tas de choses. Mais dès que l'on ne met pas les bases, que l'on se prend pour d'autres, on redevient une équipe de très faible niveau. Il faut rester prudent [...] Le mot d'ordre, quelque part, ça reste le combat." On avait cru comprendre, mais "Nalluche", fort de son brainstorming vidéo avec le reste des leaders tricolores, ne manque pas d'arguments: "Ça va être important d'être très présent dans les phases de ruck parce qu'on a pu voir que les Gallois sont capables d'enchaîner beaucoup de temps de jeu, ils font des rucks à deux avec des sorties de balles très rapides et ce qui leur permet après d'opposer leurs trois-quarts contre les avants adverses. Donc on aura un beau combat à mener sur cette partie. [...] Face aux Anglais, je n'avais pas trop envie de parler de jeu. Je n'ai encore pas trop envie d'en parler aujourd'hui parce que pour ce que j'ai à faire sur le terrain, ce n'est pas trop mon problème." Nico Mas adopte, le contraire eut été étonnant de la part de cet esthète dans le combat d'avants, un discours tout aussi minimaliste, mais pas moins ambitieux: "Il ne faut rien changer. C'est un secteur qui nous va le mieux. Devant, c'est vraiment là où on s'est retrouvé. Il faut vraiment garder cette optique. Nous, devant, on est fait pour ça, on n'est pas trop fait pour réfléchir, on est là pour être efficaces et donner de bons ballons aux trois-quarts. Je pense que la trame de notre match face aux Anglais sera la même face aux Gallois, donc il ne faut surtout pas se relâcher et croire que c'est fait. C'est pour moi, la base du rugby." De bons ballons aux trois-quarts, justement, qu'en dit cette ligne d'arrières prête elle aussi face aux Anglais à suivre comme un seul homme ses "gros" dans la bataille ? Parfait relais entre les lignes, Dimitri Yachvili ne laisse guère de place au doute: "Maintenant, il va falloir aller chercher, leur mettre beaucoup de pression, un bon paquet d'avants et une bonne conquête." Qu'on se le dise, les Bleus sont au diapason.