Des consignes qui changent tout

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Des consignes qui changent tout
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Mikko Hirvonen a mis fin à une série de huit victoires du team Citroën en WRC, dimanche à Coffs Harbour. Un succès qui s'est dessiné dès la première étape du rallye d'Australie, Sébastien Loeb et Sébastien Ogier étant partis à la faute dans les premières spéciales. Ainsi relancé au championnat, Hirvonen n'a toutefois dû sa victoire qu'à une consigne édictée aux dépens de Jari-Matti Latvala. Ogier lui aussi a pâti de la volonté supérieure au profit de Loeb.

Mikko Hirvonen a mis fin à une série de huit victoires du team Citroën en WRC, dimanche à Coffs Harbour. Un succès qui s'est dessiné dès la première étape du rallye d'Australie, Sébastien Loeb et Sébastien Ogier étant partis à la faute dans les premières spéciales. Ainsi relancé au championnat, Hirvonen n'a toutefois dû sa victoire qu'à une consigne édictée aux dépens de Jari-Matti Latvala. Ogier lui aussi a pâti de la volonté supérieure au profit de Loeb. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Certes... Mais en rallye, on peut aussi compter sur l'esprit de corps pour parvenir à ses fins. Mikko Hirvonen en a encore fait l'expérience ce week-end, en voyant son coéquipier Jari-Matti Latvala s'effacer pour lui offrir sa seconde victoire de la saison sur un plateau. Dans l'avant-dernier chrono du rallye d'Australie, le deuxième pilote Ford a volontairement levé le pied, perdant 28 secondes dans la bataille, pour permettre à son partenaire de prendre les devants. Une largesse dictée par Malcolm Wilson en personne. "C'est pour ça que je ne me sens pas comme le vainqueur du rallye, soufflait après coup Hirvonen, relayé sur le site officiel du WRC. J'ai juste pris les 25 points. Nous avons travaillé en équipe sans nous attaquer. En début de saison, nous étions d'accord pour être traités de la même façon avec Jari-Matti. Malheureusement, il n'a plus la possibilité de jouer le titre. Si les positions étaient inversées, j'aurais fait la même chose. C'est fair-play selon la situation..." A la faveur de ce "geste", le vice-champion du monde 2008 et 2009 revient dans la course au titre, à 15 longueurs seulement du leader Sébastien Loeb. Et à trois rallyes de la fin de la saison. Hors-jeu dès la première étape, les ambitions réduites à néant par les sorties de piste prématurées de ses deux équipages, Citroën n'a pourtant pas été en reste en termes de consignes. Partisan d'une libre concurrence qui a conduit à l'explosion de la cohésion de son équipe, Olivier Quesnel s'est résolu ce week-end à favoriser son septuple champion du monde, au détriment d'un Sébastien Ogier qui avant les deux derniers chronos australiens était revenu en neuvième position, non loin de la huitième. Le but ? Permettre à Loeb, alors 12e seulement, d'entrer dans les points, en contraignant Ogier à concéder près de dix minutes dans l'ES25. Un drôle de calcul de la part du double chevron. "Après notre sortie de route de vendredi, il fallait tout mettre en oeuvre pour perdre le moins de points possible. En plus de rallier l'arrivée pour marquer les points 'Constructeurs', j'avais fait de la Power Stage un objectif personnel", dixit Sébastien Loeb, lauréat des trois points alloués au vainqueur de cette fameuse spéciale bonus. "Je tiens à remercier une nouvelle fois l'équipe technique, qui nous a permis de reprendre la course avec une DS3 WRC compétitive, ainsi que mon équipier. Nous avons limité les dégâts et nous aurons pour ambition de renouer avec la victoire en Alsace !" Evidemment, Sébastien Ogier était moins enthousiaste à l'arrivée: "J'ai reçu une consigne de l'équipe et je l'ai respectée. Je n'ai aucun commentaire à faire là-dessus, vous pouvez tirer vos propres conclusions mais pas de commentaires de ma part..." Malgré les 62 points d'avance que gardent les troupes de Quesnel sur celles de Wilson, la fracture ouverte en Allemagne est encore béante chez Citroën.