Des "Bronzés" aux "Experts"

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Des "Bronzés" aux "Experts"
@ Montage Reuters/Maxppp
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Les "Bronzés", les "Barjots", les "Experts", etc. L’histoire des Bleus par leurs surnoms.

Contrairement à leurs collègues du foot et du rugby, les handballeurs ont toujours adoré les surnoms. Depuis les JO de 2008, les Bleus s'appellent les "Experts". Mais certains joueurs n'aimeraient pas ce pseudonyme. L'Equipe Mag a tenté de les renommer les "Insatiables".

La presse raffole de ces petits gimmicks. Des surnoms qui sonnent toujours mieux que les très traditionnels Bleus de France. En 1992, les compagnons de Jackson Richardson et de Philippe Gardent offrent à la France la première médaille dans une compétition internationale de handball. Un pseudonyme s’impose : les "Bronzés". Une référence logique au métal de leur médaille olympique. Depuis ce jour, les joueurs, la fédération française de handball mais aussi des sociétés de communication ont voulu imprimer un style, une marque à leur équipe.

Des "Bronzés" aux "Experts"

A surnoms décalés bizutages en règle. Aux JO de Barcelone, les "Bronzés" se tondent les cheveux pour marquer "physiquement" l’événement, comme l’explique Jean-Luc Thiébaut. A l’époque, le patron de cette équipe, Jackson Richardson arrive à "sauver ses rastas et teindre uniquement quelques mèches en blond".

Nouveau sacre et nouveau surnom. En 1995, la France devient championne du monde. A l’époque c’est Philippe Gardent qui renomme les "Bronzés" en "Barjots". Capables de perdre contre des équipes pourtant abordables pour enchaîner avec des victoires contre les meilleures nations, ce surnom imprime le nouveau style des Bleus. Interrogé par Europe 1, Philippe Gardent se souvient d’avoir donné ce surnom en "répondant à une simple question d’un journaliste". Quelques jours plus tard, le surnom est repris dans toute la presse et cette marque de fabrique restera jusqu’en 2001.

La page des "Barjots" n’est pas évidente à tourner pour le handball français. Des titres, des coupes de cheveux farfelues et un esprit d’équipe très souvent envié par les autres nations. L’entraîneur de cette génération, Daniel Constantini, assure lui-même la transition. Les Fernandez, Gille, Omeyer et Karabatic succèdent aux Martini, Gardent, Volle et autre Richardson. En 2001, après la finale mythique contre la Suède à Bercy, un journaliste demande à Constantini de définir son équipe. Un seul mot sort de sa bouche : les "Costauds".

"Experts" ou "insatiables"

Juste avant les JO de Pékin, la Fédération française de handball se rend compte que les surnoms se vendent bien et décide de reprendre la main. Conseillée par une société de communication, Carat Sport, la fédé trouve un nouveau surnom, les "Experts". Mais "les joueurs n’aiment pas vraiment" ce nouveau sobriquet, confie Jean Issartel, rédacteur en chef de L’Equipe Mag, contacté par Europe1.fr. Dans le numéro daté du 22 janvier, l’hebdomadaire tente un coup en renommant les "Experts" en "Insatiables".

Jean Issartel se défend d'avoir voulu faire un coup marketing. "Sinon, on aurait demandé au journal L’Equipe et au site internet de reprendre ce surnom". Et les joueurs dans tout ça ? "S’ils venaient à gagner le Mondial, ils adopteraient peut-être ce nouveau surnom", conclut-il en rigolant.