Des Bleus sans mordant

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Des Bleus sans mordant
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Quatre jours après son succès au Luxembourg dans le cadre des éliminatoires de l'Euro 2012, l'équipe de France n'a guère convaincu mardi au Stade de France, concédant un nul 0-0 devant la Croatie au terme d'un match pas franchement emballant. A l'arrivée, difficile de tirer de vrais enseignements de cette rencontre amicale pour des Bleus qui ont désormais rendez-vous le 3 juin en Biélorussie pour un «match à six points».

Quatre jours après son succès au Luxembourg dans le cadre des éliminatoires de l'Euro 2012, l'équipe de France n'a guère convaincu mardi au Stade de France, concédant un nul 0-0 devant la Croatie au terme d'un match pas franchement emballant. A l'arrivée, difficile de tirer de vrais enseignements de cette rencontre amicale pour des Bleus qui ont désormais rendez-vous le 3 juin en Biélorussie pour un «match à six points». Fin de série pour l'équipe de France ! Après six succès de rang, la formation de Laurent Blanc n'a certes pas perdu, mardi soir face à la Croatie, 8e nation mondiale au classement Fifa, mais pour la première fois depuis sa défaite dans ce même Stade de France face à la Biélorussie début septembre (0-1), elle n'a ni marqué, ni gagné (0-0), ce qui sonne comme un petit pas en arrière de la part de ces Bleus dont on attendait mieux. Est-ce leur nouveau maillot marine et blanc qui les fait ressembler à des matelots sur la Jeanne-d'Arc, ou la tiédeur d'un Stade de France qui ne demandait pourtant qu'à s'emballer, à moins que ce ne soit tout simplement l'absence d'enjeu de cette partie amicale ? Toujours est-il que les occasions de vibrer auront été assez rares, le moment clé de la rencontre ayant finalement été la rentrée sous les sifflets de Ribéry, qui, un an après son dernier match au Stade de France (défaite 0-2 face à l'Espagne), aura été le meilleur joueur offensif de l'équipe de France. En une demi-heure, sur son côté préféré, le gauche, le Munichois a beaucoup tenté, accéléré, certes sans succès, mais sa passe magnifique en fin de match pour Rémy aurait mérité un meilleur sort que ce dribble raté du Marseillais (84e). La bonne rentrée de Ribéry aura été l'un des rares enseignements de cette partie qui aura vu la charnière Mexès-Rami, une fois de plus, rendre une copie propre (le second trouvera même le poteau sur une montée rageuse avant de sortir sur une civière en toute fin de match), le petit nouveau Matuidi plutôt bien négocier sa première au Stade de France, et Malouda, une fois de trop, passer à côté de son match. Benzema manque son 13e but en Bleu Laurent Blanc avait promis du changement, il tient promesse au coup d'envoi de ce cinquième France-Croatie de l'histoire, puisqu'ils sont cinq nouveaux (Réveillère, Clichy, Diarra, Matuidi, Ménez) par rapport à l'équipe alignée au Luxembourg, la surprise venant non pas des mises sur la touche d'Evra et Ribéry, à qui le sélectionneur évite ainsi un accueil houleux de la part du Stade de France, mais de la titularisation au côté du capitaine Alou Diarra de Matuidi qui, jusqu'ici, n'avait joué que douze minutes en Bleu, en septembre en Bosnie. Le Stéphanois est d'ailleurs l'un des premiers en action, préférant la louche pour Malouda, plutôt qu'une frappe de 20 mètres, Runje s'interpose (8e). Par Ménez ou Clichy, les « marins » tricolores tentent, studieux, de passer par les côtés, mais sans succès, s'attirant des premiers sifflets du public dionysien après une passe manquée de Malouda (21e). Matuidi, d'une frappe de loin hors cadre (22e) puis Rami, dont la tête sur un bon centre de Nasri file à côté (26e), tentent de réveiller un Stade de France assoupi et bientôt douché par la pluie fine qui se met à tomber. Rien de mieux qu'une bonne vieille ola pour se réchauffer et, sur le pré, enfin une belle action collective avec une bonne passe dans l'intervalle de Nasri pour Ménez, qui, comme face au Brésil le 9 février, sert Benzema sur un plateau, mais la réussite fuit l'avant-centre, gêné par un rebond capricieux au moment d'inscrire son 13e but en Bleu (37e). On retrouve les deux mêmes hommes dans les arrêts de jeu avec une petite passe dans la surface du Romain pour le Madrilène qui tire au ras du poteau gauche. Côté croate, pas grand-chose jusqu'à cette fin de première mi-temps galvaudée par les Français, ce dont manque de peu de profiter Perisic qui voit sa tentative enroulée du gauche boxée par Lloris (42e). Rémy rate la balle de match La deuxième occasion croate met moins de temps à arriver, cinq minutes après la pause, sous la forme d'une relance de Rami sur... Ratikic, rentré à la mi-temps, qui tire de peu à côté (51e). Cette action a le don de réveiller les Bleus, notamment Benzema qui décale Réveillère pour le premier tir cadré français, boxé par Pletikosa, qui a supplée Runje, blessé en début de match (53e). Après une tête à côté de Matuidi sur un corner de Nasri, Laurent Blanc provoque la bronca du Stade de France en lançant Ribéry à gauche à la place de Malouda, tandis que Rémy supplée Ménez. Les sifflets semblent en tout cas ne pas gêner le Munichois qui tente beaucoup, sans réussite, la réussite fuit également Rami qui frôle son premier but en Bleu en trouvant le poteau extérieur de Pletikosa au terme d'une chevauchée rageuse (68e). Les Bleus tentent d'emballer cette fin de deuxième mi-temps, Gameiro remplace Benzema et place une tête renversée captée par Pletikosa (82e), deux minutes avant la meilleure occasion tricolore, pour Rémy sur une belle ouverture de Ribéry, mais l'ancien Niçois tergiverse trop devant le portier croate (84e) qui détourne en corner dans le temps additionnel une frappe enroulée de Gourcuff puis capte une audacieuse bicyclette de Rami, d'ailleurs fatale au Lillois, mal retombé. En face, seul Petric est tout près de marquer, butant sur un Lloris bien sorti (77e). La France l'emporte nettement aux points, mais elle concède un deuxième nul de rang face à la Croatie (le dernier datait de l'Euro 2004) au terme d'un match qui laissera tout le monde sur sa faim. Rendez-vous désormais le 3 juin pour un match en Biélorussie dans un groupe D des éliminatoires de l'Euro 2012 qui pourrait être chamboulé par la possible exclusion de la Bosnie. VIDEO RIbéry: "je comprends les sifflets"