Des bleus et des bosses

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Des bleus et des bosses
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Entre arrivées spectaculaires et chutes aussi massives que conséquentes, la première semaine du Tour de France laissera à coup sûr des traces dans les esprits et dans les organismes. Certains, comme Philippe Gilbert, Thor Hushovd et Thomas Voeckler, ont déjà réussi leur Grande Boucle. Pour les autres favoris, dont la liste s'est déjà bien réduite, il s'agit déjà de récupérer.

Entre arrivées spectaculaires et chutes aussi massives que conséquentes, la première semaine du Tour de France laissera à coup sûr des traces dans les esprits et dans les organismes. Certains, comme Philippe Gilbert, Thor Hushovd et Thomas Voeckler, ont déjà réussi leur Grande Boucle. Pour les autres favoris, dont la liste s'est déjà bien réduite, il s'agit déjà de récupérer. Gilbert a bien fait de venir C'est le caméléon du peloton. En l'espace d'une semaine, Philippe Gilbert s'est pratiquement métamorphosé tous les jours. Parti avec le maillot de champion de Belgique, le Wallon a revêtu le jaune dès la première étape remportée au Mont des Alouettes, avant se mettre au vert dès le lendemain, pour ensuite se parer du maillot au pois. Le Belge était de toute façon le protagoniste attendu de cette première semaine du Tour, taillée pour les puncheurs et dont il est le roi, ce qui l'a convaincu de mettre un terme à ses trois ans d'absence sur la Grande Boucle. Finalement, Gilbert ne s'est adjugé qu'une seule étape, la première, avant d'être battu par Evans et les autres au Mûr de Bretagne, par Cavendish au Cap-Fréhel puis par Boasson Hagen à Lisieux. Mais son Tour n'est pas encore terminé. S'il n'est pas sûr du tout de remporter une nouvelle étape, le Liégeois a encore une belle carotte pour le faire continuer : la quête du maillot vert. Avec ce nouveau règlement renforçant la valeur du désormais unique sprint intermédiaire, Gilbert pourra grappiller des points sur son plus sérieux (et unique ? ) rival, Rojas, dès que la route s'élèvera. C'est ce qu'il a fait dimanche sur la route vers Saint-Flour. D'autant plus que, si ses coéquipiers lui reprocheraient son individualisme en interne, Gilbert est désormais le seul leader de la formation Omega Pharma-Lotto depuis l'abandon de Jürgen van den Broeck. Épatant Hushovd Il existe dans le cyclisme une bien étrange malédiction qui veut que le champion du monde ait bien du mal à briller la saison suivante, en particulier sur le Tour de France. Si ce fut le cas pour Alessandro Ballan en 2009 ou pour Cadel Evans en 2010, Thor Hushovd, lui, semble au-dessus de tout ça. Le Norvégien, qui avait dû attendre le 14 juin et la 4e étape du Tour de Suisse pour lever les bras avec le maillot arc-en-ciel, a vécu un début de Tour de France certainement bien au-delà de ses espérances. Durant une semaine, l'ancien coureur du Crédit Agricole a défendu avec ardeur le maillot jaune conquis lors d'une chrono par équipes remporté par son équipe Garmin-Cervélo. Costaud au Mûr-de-Bretagne, Hushovd s'est révélé bluffant sur la route de Super Besse samedi. Il a fallu l'abnégation de Thomas Voeckler pour voir le Norvégien céder sa précieuse tunique, dimanche, lors de l'arrivée à Saint-Flour. Volontairement écarté de la course au maillot vert, qu'il avait ramené l'an passé à Paris, Hushovd rêve maintenant d'une 9e victoire d'étape sur la Grande Boucle. Cavendish est bien le plus fort Un chiffre suffit à situer le niveau du bonhomme : 17 victoires d'étapes sur le Tour. A 26 ans seulement, Mark Cavendish fait déjà partie du Top 10 des coureurs s'étant imposés le plus souvent sur la Grande Boucle. S'il dit ne pas rêver du record de 34 victoires d'Eddy Merckx, on voit mal comment le ''Manx Express'' pourrait ne pas rentrer dans le Top 5 de ce classement honorifique. Il faudrait au Britannique égaler les 22 succès d'André Darrigade et Lance Armstrong. Au rythme où le Britannique accumule les bouquets depuis 2008, ce chiffre pourrait être atteint dès l'an prochain. Sa moyenne annuelle est de cinq victoires par Tour de France. Il en actuellement à deux et il reste des arrivées à Carmaux, Lavaur, Montpellier et bien sûr à Paris taillées pour lui. Si le train HTC le dépose en tête dans la dernière ligne droite, comme à Châteauroux, il n'y a rien à faire. Et même à la pédale, Cavendish a prouvé dans une arrivée difficile au Cap Fréhel qu'il était le plus fort. Les chutes n'ont pas épargné les favoris Plus nerveuse que jamais, cette première semaine s'est chargée de faire le ménage parmi les candidats au podium final. Bradley Wiggins, out. Jürgen Van den Broeck, out. Janez Brajkovic et Christopher Horner, également. Robert Gesink, Andreas Klöden sont eux bien touchés. Et Roman Kreuziger et Levi Leipheimer ont déjà perdu beaucoup de temps. Une vraie hécatombe à laquelle n'a pas échappé Alberto Contador, qui est déjà allé au sol à quatre reprises (il souffre de quelques bobos au genou), et qui a perdu 1'20'' lors de la première étape. L'Espagnol se retrouve obligé d'attaquer dès les Pyrénées pour combler l'écart avec les autres favoris qui s'en sortent pour le moment le mieux, et notamment Cadel Evans. L'Australien, vainqueur à Mûr-de-Bretagne, sort renforcé de cette première semaine. C'est pour le moment lui qui a fait la meilleure impression, bien plus que les frères Schleck. Fränk et surtout Andy n'ont pas présenté d'énormes garanties quand la course s'est durcie, mais ils sont pour le moment dans une position idéale. "On attend la montagne pour en savoir plus. Il y a eu beaucoup d'étapes nerveuses et dures mais je suis devant et c'est un signe de ma bonne forme", assure Andy. Les Bleus se sont montrés Sur un début de parcours très sélectif, qui ne laissait que peu de place aux baroudeurs, les Français ont comme souvent tenté de se montrer, en vain. Mention spéciale à Jérémy Roy, le coureur le plus offensif de ce début de Tour. Vainqueurs d'étapes à six reprises en 2010, les Bleus doivent pour le moment se contenter de la 2e place de Romain Feillu à Redon et bien sûr du magnifique maillot jaune de Thomas Voeckler, conquis dimanche à Saint-Flour. Voeckler, à l'attaque depuis le départ de Vendée, c'est un peu l'arbre qui cache une première semaine difficile pour les leaders français. Jean-Christophe Péraud et Jérôme Coppel, les plus ambitieux au classement général, n'ont pas été épargnés par les chutes et aborderont les Pyrénées bien entamés, avec déjà respectivement trois et quatre minutes de retard sur Cadel Evans.