Derrien: "Protéger Pastore"

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Derrien: "Protéger Pastore"
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Consultant pour Sports.fr, Bruno Derrien a évoqué la finale de la Coupe du monde de rugby, mais n'a pas voulu se prononcer sur l'arbitrage de M. Joubert. L'ex-arbitre est également revenu - quand même - sur la 11e journée de Ligue 1, avec les penalties non sifflés à Bordeaux et Caen. Par rapport à Pastore, l'ancien garant du jeu rappelle aussi que "l'arbitre doit protéger les créateurs du jeu, quels qu'ils soient".

Consultant pour Sports.fr, Bruno Derrien a évoqué la finale de la Coupe du monde de rugby, mais n'a pas voulu se prononcer sur l'arbitrage de M. Joubert. L'ex-arbitre est également revenu - quand même - sur la 11e journée de Ligue 1, avec les penalties non sifflés à Bordeaux et Caen. Par rapport à Pastore, l'ancien garant du jeu rappelle aussi que "l'arbitre doit protéger les créateurs du jeu, quels qu'ils soient". Bruno, qu'avez-vous pensé de M. Joubert, l'arbitre de la finale de la Coupe du monde de rugby ? J'ai regardé la finale, comme 15 millions de Français, je crois. Je ne me permettrais pas de critiquer l'arbitrage, car je ne connais strictement rien aux règles. Je sais juste qu'on n'a pas le droit de faire des en-avant. Vous savez, on cherche toujours des excuses à nos défaites, c'est un mal français. J'ai cru entendre qu'on s'en prenait à l'arbitre. Mais quand on ne connaît rien, on s'abstient de commenter. Pensez-vous que l'arbitre avait la pression de tout un peuple sur les épaules ? Quand vous arbitrez une finale de Coupe du monde et qu'une des deux équipes est le pays hôte, c'est sûr que c'est plus difficile. Mais à ce stade de la compétition, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu des terrains envahis, des jets de projectiles sur le terrain. J'ai le sentiment que l'ambiance dans les stades de rugby est festive. Comment expliquez-vous le fait que les arbitres de rugby soient plus respectés que ceux de football ? Les arbitres de rugby sont plus sereins, moins contestés sur le terrain. Il y a un vrai respect des décisions prises par les garants du jeu. On ne voit pas des joueurs entourer un arbitre. Ils opèrent dans un milieu qui est moins hostile. Par exemple, le Gallois qui quitte la pelouse au bout de vingt minutes (ndlr, lors de la demi-finale face à la France) ne manifeste pas sa frustration à l'égard de l'arbitre. Au football, il y a comme une forme d'impunité. Dans les centres de formation, il faut ré-inculquer le respect de l'arbitre, de l'adversaire, de la règle et de la défaite. Le football est un sport de rue, alors que le rugby est un sport de voyous pratiqué par des gentlemen. "Jourdren, une sortie régulière" L'entraineur de Dijon Patrice Carteron s'étonnait que son joueur Benjamin Corgnet prenait plus de coups que le Parisien Javier Pastore. Comment expliquez-vous cette différence de traitement ? Ça ne devrait pas être le cas. Les arbitres sont présents pour protéger les créateurs de jeu, les techniciens, contre les défenseurs. J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de fautes sur Pastore. Mais si le joueur dijonnais est victime de fautes, le défenseur parisien doit être sanctionné. Chacun doit avoir le même traitement. C'est vrai également que les grands joueurs, qui peuvent faire basculer le fil de la rencontre, sont souvent exposés. Il faut les protéger, car ensuite il peut y avoir des plans contre ce joueur pour le canaliser. C'est la parole de l'entraineur dijonnais. Comme je n'ai pas vu toute la rencontre, c'est difficile de se prononcer, mais l'arbitre doit protéger les joueurs quels qu'ils soient. Lors de Bordeaux-Brest (1-1), le défenseur bordelais Marc Planus méritait-il la double peine, après sa faute dans la surface de réparation sur le Brestois Eden Ben Basat? Et sur le but bordelais, Yoan Gouffran était-il hors-jeu ? Sur la faute, si l'arbitre siffle, il y a carton rouge et penalty, car le défenseur annihile une action nette de but. Le tacle n'est pas maitrisé, il y a donc double peine. L'action est très claire, il n'y a aucun doute à avoir. Mais il ne faut pas accabler l'arbitre, car il débute en Ligue 1. C'est à lui de tirer les enseignements de ses erreurs, et de continuer à travailler. Il faut faire un gros boulot avec les jeunes, afin de les soutenir et d'être présent avec eux. Quant au but de Gouffran, l'arbitre n'est pas aidé par son assistant, car le joueur est hors-jeu d'un mètre au début de l'action. C'est un manque de concentration de la part de l'assistant. Lors de Caen-Montpellier (1-3), l'arbitre aurait-il dû siffler un penalty pour les Normands avant le deuxième but d'Utaka ? Et sur cette même rencontre, la faute du gardien Geoffrey Jourdren est-elle justifiée ? Il n'y a pas penalty pour Caen avant le deuxième but montpelliérain, puisque la faute est commise en dehors de la surface de réparation. C'est une faute qui échappe à l'arbitre, alors qu'il était bien placé. Sur la faute de Jourdren, j'ai le sentiment qu'il joue le ballon. D'ailleurs, il touche le cuir avant de déstabiliser l'attaquant caennais. Pour moi, cette sortie me parait régulière. En ce qui concerne l'exclusion de l'entraineur montpelliérain René Girard, sous quelles conditions un arbitre peut-il mettre un carton rouge à un coach ? Si un entraîneur conteste ou profère des propos désobligeants, il peut être sanctionné. Dans ce cas-là, on ne connaît pas les propos échangés entre Girard et le quatrième arbitre. Seul le rapport complémentaire de l'homme en jaune le dira.