Derrien:"Le cas Hilton, pas dans les lois du jeu"

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Derrien:"Le cas Hilton, pas dans les lois du jeu"
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Consultant pour Sports.fr, Bruno Derrien revient sur l'arbitrage de la 13e journée de Ligue 1. L'ancien arbitre international revient notamment sur l'imbroglio Hilton, privé de match en raison d'une licence non valide, l'arbitrage difficile de M.Millot lors de Lille-Evian-Thonon et les incidents ayant émaillé la fin de rencontre entre Reims et Istres en Ligue 2.

Consultant pour Sports.fr, Bruno Derrien revient sur l'arbitrage de la 13e journée de Ligue 1. L'ancien arbitre international revient notamment sur l'imbroglio Hilton, privé de match en raison d'une licence non valide, l'arbitrage difficile de M.Millot lors de Lille-Evian-Thonon et les incidents ayant émaillé la fin de rencontre entre Reims et Istres en Ligue 2. Bruno, commençons par cette polémique à Saint-Étienne autour du cas d'Hilton, défenseur montpelliérain finalement privé de match en raison d'une licence non valide. Pouvez-vous nous expliquer les tenants du règlement concernant cet épisode ? Ce n'est pas un problème de loi du jeu. L'arbitre n'a pas de réserves à signifier sur la qualification du joueur. Soyons clair, pour pouvoir être aligné, un joueur doit pouvoir présenter un passeport ou une licence au délégué de la Ligue. La feuille de match, elle, est réalisée avant le match, contresignée par les deux capitaines mais peut être modifiée jusqu'au coup de sifflet final. Tout simplement parce qu'un joueur peut très bien se blesser lors de l'échauffement et être remplacé le cas échéant. Le joueur n'étant pas qualifié, il ne pouvait non plus pas prendre place sur le banc ce qui explique qu'il en ait été renvoyé durant la première période. Autre imbroglio, cette fois en Ligue 2, puisque la rencontre Reims-Istres a connu une fin mouvementée avec ce penalty sifflé en fin de match pour les Champenois suivi de minutes confuses. Y avait-il penalty sur cette action ? Une soirée difficile, en effet. Le premier but rémois est entaché d'une faute. En revanche, l'expulsion d'un Rémois suite à deux cartons jaunes est logique. Mais arrive ce penalty à la 89e minute. J'ai entendu tout et n'importe quoi sur cette action. Il faut savoir que, d'une manière générale, l'arbitre a le pouvoir de siffler penalty à partir du moment où le ballon est en jeu quel que soit l'endroit où se situe le ballon. C'est l'endroit de la faute qui prime. Mais ici, le ballon est déjà entre les mains du gardien, bien sorti sur ce ballon aérien... Dans ce cas précis, le ballon est entre les mains du gardien qui va dégager mais l'attaquant semble poursuivre sa course, dans l'élan, et télescope le défenseur. Celui-ci le pousse alors par réflexe. Mais on n'a pas le sentiment qu'il y a une faute caractérisée. Le penalty, signalé par l'assistant, l'arbitre n'ayant pas vu la faute, me parait extrêmement sévère. Encore une fois, quand on joue les arrêts de jeu ou les toutes dernières minutes puisque nous étions alors à la 89e minute, il faut que la faute ne souffre d'aucune contestation, qu'il y ait penalty à 200%. Car le match est terminé derrière... Malheureusement, au vu des incidents qui ont suivi et des déclarations, on constate qu'un fossé se creuse de plus entre acteurs et arbitres. "M.Millot n'a pas été aidé par son assistant" Autre fait d'arbitrage à souligner, la difficile soirée vécue par M.Millot à Lille où les erreurs se sont multipliées... M.Millot vit une période difficile puisque cela suit le match Bordeaux-Brest où il avait aussi officié. Lille joue la tête en plus, c'est compliqué et il n'est pas aidé par son assistant qui n'est pas bien placé, pas aligné sur l'avant-dernier défenseur avec au moins deux mètres d'écart en placement. Plus le penalty pour Lille, puisque Bonnart est clairement poussé dans le dos. Le match Auxerre-Toulouse a lui été décalé d'une heure et demie en raison du retard des Toulousains confrontés à un problème d'avion. Que dit le règlement à ce sujet ? Encore une fois, ce n'est pas une question relevant de la fonction d'arbitre. Il fut un temps où un délai de 15 minutes existait pour constater un forfait, l'arbitre s'en chargeant. Au niveau professionnel, une commission de la Ligue se réunit par téléphone et doit prendre une décision. En revanche, sachez que, pour éviter tout problème, les arbitres sont eux tenus d'arriver sur place la veille de la rencontre. Et de repartir le lendemain du match. Avant, l'arrivée devait se faire à midi le jour même. Enfin, revenons sur ce penalty rocambolesque à Marseille lors de la rencontre OM-Nice (2-0). M. Castro avait-il raison de siffler puis de demander à le retirer ? Oui, il y a faute dans un premier temps. Puis, au moment de la frappe, on retrouve autant d'attaquants que de défenseurs dans la surface de réparation. Réglementairement parlant, M. Castro a donc raison.