Dernier galop au Sud

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Dernier galop au Sud
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A moins de 50 jours du coup d'envoi de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 sept.-23 oct.), l'Australie et l'Afrique du Sud, opposées samedi à Sydney, ouvrent un Tri-Nations aux allures de dernière répétition pour les trois ténors de l'hémisphère Sud. Une 16e édition certes raccourcie, mais au terme de laquelle les trois prétendants pourraient laisser des plumes, dans la foulée d'un Super 15 éprouvant.

A moins de 50 jours du coup d'envoi de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 sept.-23 oct.), l'Australie et l'Afrique du Sud, opposées samedi à Sydney, ouvrent un Tri-Nations aux allures de dernière répétition pour les trois ténors de l'hémisphère Sud. Une 16e édition certes raccourcie, mais au terme de laquelle les trois prétendants pourraient laisser des plumes, dans la foulée d'un Super 15 éprouvant. Compétition majeure de l'hémisphère Sud, le Tri-Nations n'est qu'un simple hors d'oeuvre en cette année de Coupe du monde. La 16e édition de l'épreuve, qui débute samedi à Sydney, par le choc opposant les Wallabies aux Springboks, passe forcément au second plan à moins de deux mois du match d'ouverture du Mondial. Un Tri-Nations qui, pour l'occasion, est réduit à quatre matches par équipe - contre les six habituels - et s'achèvera le 27 août à Brisbane, avec le déplacement des tenants néo-zélandais. 13 jours plus tard, et les All Blacks ouvriront leur Coupe du monde face aux Tonga le 9 septembre, à l'Eden Park d'Auckland. Autant dire que la moindre blessure se paiera cash, si près de l'échéance... De là à faire de ce Tri-Nations une édition au rabais - comme l'Afrique du Sud a pu être accusée de la considérer pour avoir choisi de se passer de 21 de ses joueurs parmi ses meilleurs éléments (Habana, Matfield, Burger...) pour ses deux premiers matches face aux Wallabies et face aux All Blacks - il y a un pas à franchir. Si l'Australie et la Nouvelle-Zélande, soucieuses malgré ce contexte de satisfaire leurs partenaires et de remplir leurs stades, ont enjoint la Sanzar (ndlr, l'organisme qui gère la compétition) d'enquêter sur cette série suspecte de forfaits, les Springboks - soupçonnés de préserver leurs meilleurs joueurs pour le Mondial sans finalement être inquiétés - jurent leurs grands dieux qu'ils seront comme des morts de faim samedi sur la pelouse du stade olympique de Sydney. Prêts à enfoncer une équipe australienne encore sous le choc de l'humiliation subie une semaine plus tôt, dans cette même enceinte, face aux Samoans (23-32). "Cette histoire d'équipe B, je ne l'écoute pas. C'est une équipe de Springboks et si vous êtes choisis pour jouer dans cette sélection, vous devez donner le meilleur, a rétorqué Danie Rossouw sur le site de la compétition. Nous sommes les 22 meilleurs joueurs pour ce match. Ce n'est pas agréable d'être appelé l'équipe de deuxième série." Un duel Wallabies contre All Blacks ? Reste que le madré Peter De Villiers, sélectionneur d'une Afrique du Sud qui caresse le fol espoir de conserver sa couronne mondiale - une performance inédite - n'a pas hésité à aligner pour l'occasion trois néophytes et neuf joueurs à 10 capes ou moins. Dans ces conditions, deux défaites semblent déjà promises aux champions du monde, qui risquent une fois encore d'avoir toutes les peines à éviter le rôle de lanterne rouge, déjà tenu il y a un an lors d'une précédente campagne calamiteuse (une victoire, cinq défaites). Bien que refroidie par son faux pas du week-end dernier - qui au final n'a fait que confirmer ce qu'on savait déjà, à savoir qu'elle ne possédait pas un banc à la hauteur de son 15 de départ - l'Australie reste a priori le seul obstacle susceptible de donner du fil à retordre aux tout puissants All Blacks, que les Wallabies restent les seuls à avoir dominé lors des quatorze derniers tests joués par Richie McCaw et ses coéquipiers (*). La plus excitante ligne d'arrières de la planète rugby, composée des Quade Cooper, Will Genia, Kurtley Beale, James O'Connor et autres Digby Ioane, a les moyens de briller pour peu que son paquet d'avants, parent pauvre du rugby australien depuis une décennie, évolue à un niveau enfin décent. Alors l'équipe de Robbie Deans pourra envisager, après la conquête du Super 15 par les Reds du Queensland, mettre fin à dix ans de disette, le dernier Tri-Nations datant de 2001 (ndlr, la dernière Bledisloe Cup de 2003). Pas de quoi néanmoins remettre en cause le statut de grandissime favori des All Blacks qui, si proches de la Coupe du monde, voudront rééditer leur triomphe de la saison passée - six victoires en six matches - pour prendre le meilleur des élans avant de partir à l'assaut de la Coupe William Webb-Ellis, attendue au pays du long nuage blanc depuis plus de 20 ans. Impitoyable, le sélectionneur national Graham Henry n'a pas hésité à laisser à la maison de grands noms, à l'image de l'ailier Sitiveni Sivivatu, plus certain d'intégrer l'effectif pour le Mondial. Preuve que ce Tri-Nations sera pour les Blacks, en lice pour un 11e sacre dans la compétition, une répétition grandeur nature. (*) Le 30 octobre dernier, l'Australie s'imposait (26-24) à Hongkong face aux All Blacks en finale de la Bledisloe Cup, déjà acquise à leurs rivaux.