Derbier: "Repousser nos limites"

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Derbier: "Repousser nos limites"
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Sixième du dernier championnat, Istres s'apprête à vivre un exercice autrement plus éprouvant, cette saison. Après un premier revers face à Dunkerque la semaine passée (18-29), les partenaires de Maxime Derbier, meilleur ailier droit du championnat l'an passé, rendent visitent à Montpellier, vendredi. Si la victoire semble illusoire, le gaucher de 25 ans espère que son équipe montrera tout de même ses valeurs.

Sixième du dernier championnat, Istres s'apprête à vivre un exercice autrement plus éprouvant, cette saison. Après un premier revers face à Dunkerque la semaine passée (18-29), les partenaires de Maxime Derbier, meilleur ailier droit du championnat l'an passé, rendent visitent à Montpellier, vendredi. Si la victoire semble illusoire, le gaucher de 25 ans espère que son équipe montrera tout de même ses valeurs. Maxime, la lourde défaite face à Dunkerque (18-29) est-elle digérée ? Non. Tant d'un point personnel que collectif. Non seulement, on perd, mais en plus on n'existe pas sur le match. On ne peut pas digérer aussi vite une défaite pareil. C'est avec les performances que l'on va pouvoir faire que l'on arrivera plus facilement à digérer. Affronter Montpellier dans la foulée, n'est peut-être pas la meilleure solution... (rires) On le savait. On savait qu'on avait un début de championnat difficile, avec des matches costauds. La semaine prochaine on a Tremblay, ensuite on a Toulouse, Chambé, Saint-Raph'... Montpeul, c'est un mal pour un bien parce qu'on les joue tout de suite. Nous, on est en train de se reconstruire après une prépa difficile. Limite, jouer les gros tout de suite, ça lance dans le grand bain directement. Après, on ne s'attend pas à des miracles à Montpellier, il ne faut pas rêver. Comment aborde-t-on un match comme cela ? On se dit qu'on veut en prendre le moins possible, on veut s'accrocher jusqu'au bout ? Déjà on va essayer de donner tout ce que l'on a pendant soixante minutes. A Montpeul', on sait qu'ils sont plus forts que nous. Ils sont les plus forts en France, et pas loin d'être les plus forts en Europe. Un match comme cela, on n'a pas la possibilité de dire « On fait ça, ça, ça ». On est plus à se dire, « on va y aller, et on va se donner à fond ». Même si, après une défaite, t'as toujours les glandes. Sauf qu'on va faire en sorte de ne rien avoir à se reprocher nous. Personnellement, vous avez évolué à Montpellier en 2005/2006, y a-t-il un sentiment spécial sur ce match ? Ça fait toujours quelque chose. Même si ça fait quelque chose assez souvent car je suis passé par pas mal de clubs (rires). Après Montpellier, c'est particulier. Ça a été un passage un peu éclair, mais c'était un passage spécial. Ne serait-ce que de rencontrer des gens comme Grégory Anquetil, ou toute la pléiade d'internationaux qu'il peut y avoir, le coach, la structure du club, etc. Il y a aussi l'engouement du public, c'est impressionnant. Quand j'y retourne, il y a plein de gens qui se rappellent de moi, et qui sont vraiment super sympas avec moi. Y a-t-il l'envie de montrer que vous avez mûri depuis ce passage ? Ce n'est pas l'envie de montrer. Les gens désormais le savent, l'ont vu. Je n'ai plus à prouver quoique ce soit à d'autres clubs, j'ai maintenant à me prouver à moi-même que je peux continuer à progresser, et continuer à faire de bonnes saisons comme l'année dernière. Mais je n'ai pas envie de montrer aux autres « Regardez j'ai progressé ». "Le niveau du championnat s'est relevé cette saison" Pour en revenir au collectif, l'épisode Diaw (le joueur est parti joué les Jeux Africains, sans l'autorisation de son club), c'est quelque chose qui a déstabilisé le groupe ? (rires) Oui. Ça a déstabilisé le groupe tant moralement que sportivement. Sportivement il nous manque un arrière, il nous manque un détonateur, un mec capable de tirer de loin, de faire des un-contre-un. Et puis moralement, on est un peu tous tombé sur le cul. En plus c'est difficile de se situer dans ces cas-là car c'est quand même un coéquipier, un mec avec qui tu passes plus de temps qu'avec ta femme (rires). Là, tu te retrouves à te dire « Qu'est-ce qui va se passer ? ». Y a-t-il une appréhension quant à son retour dans le groupe ? Non, pas à notre niveau. On est un peu trop dans notre propre bulle. On doit déjà essuyer les critiques de notre défaite à Dunkerque, ce qui n'est jamais évident. Maintenant, quand il reviendra, il est prévu que l'entraîneur et le président aient une discussion avec lui, qui s'annonce passionnée. Pour avoir eu quelques rumeurs auprès du staff, ça ne va pas aller très loin non plus. On ne fera pas un exemple sur son cas. Après votre belle saison dernière, n'est-il pas difficile d'avoir l'impression de devoir faire des miracles tous les ans ? Il y a un peu de ça c'est vrai. On repart cette année en tant qu'outsider, et le niveau du championnat s'est relevé cette saison. Il n'y a pas d'équipe contre qui on sait qu'on sera sûr de gagner. On ne peut pas se dire, par exemple, on va à Sélestat ou Créteil, qui sont les deux promus, et être sûr de prendre les points. Il faut repartir en se disant que notre principal défaut ça va être nous. A savoir que si on n'arrive pas à relever notre niveau tout de suite, et à aller au-delà de ce qu'on est capable de produire, on n'y arrivera pas. Parce que l'année dernière, on avait quand même plus que du potentiel. Il y avait du talent. Là cette année, ça ne suffira peut-être pas. Il faut vraiment repousser nos limites pour faire une saison qui sera meilleure que l'an passé. Peut-être pas au niveau du classement, mais au niveau de l'investissement. "On va se maintenir et ça sera bien" Le fait de perdre Jordan Perroneau, arrivé cet été sur blessure, ne doit pas aider... C'est dur. C'est très très dur parce qu'en plus, le peu de matches qu'il a pu faire avec nous, il nous a vraiment montré qu'il allait apporter quelque chose de primordial dans le groupe. En plus c'est quelqu'un qui a beaucoup d'envie. C'est un mec qui a beaucoup de tonus, qui court dans tous les sens, qui défend, c'est un guerrier. Et voilà on ne l'a plus. Après on a Casanova, l'autre recrue, qui n'est pas encore réglé pour l'instant. Ensuite évidemment que ça va venir, mais pour l'instant ce n'est pas le cas. Avez-vous des objectifs chiffrés sur votre classement ? On a eu une discussion avec le président comme lors de chaque début de saison. Cette année ce fut assez simple: on va se maintenir et ça sera bien. On ne va pas regarder loin devant, on ne va pas s'enflammer. On n'a pas le même groupe que l'année dernière, et ce n'est pas les mêmes équipes en face donc on va déjà faire en sorte de se sauver le plus vite possible. Ça attendra peut-être la trêve ou mars, mais il faut s'éloigner des dernières places, puis après de dérouler tranquillement en faisant notre métier comme il faut. Et personnellement, vous êtes-vous fixé des objectifs ? Oui, je me suis mis des objectifs en tête, mais pas en terme quantitatif. Ce n'est pas en terme de nombre de buts, c'est d'avoir plus de réussite, d'être plus régulier et de continuer à apporter au groupe. Tout ça avec un oeil sur les listes de Claude Onesta ? Je mentirai si je disais que je ne suivais pas, mais son groupe est bien en place. Il n'a pas de raisons, à mon goût, de le changer. Je serais patient. Pour l'instant je bosse en club, je bosse sur moi-même et si ça vient, ça vient.