Denis la malice

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Denis la malice
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Mais qui est ce German Denis, co-meilleur buteur de Serie A avec l'intouchable Antonio Di Natale ? Un trentenaire avide de revanche après avoir ciré les bancs de touche transalpins durant les trois dernières années. Mais aussi un joueur de football moyen obsédé par le but et qui, lorsqu'il est en confiance, peut se transformer en tueur de surface. C'est le cas cette saison où l'Argentin se révèle sur le tard avec l'Atalanta Bergame. Portrait.

Mais qui est ce German Denis, co-meilleur buteur de Serie A avec l'intouchable Antonio Di Natale ? Un trentenaire avide de revanche après avoir ciré les bancs de touche transalpins durant les trois dernières années. Mais aussi un joueur de football moyen obsédé par le but et qui, lorsqu'il est en confiance, peut se transformer en tueur de surface. C'est le cas cette saison où l'Argentin se révèle sur le tard avec l'Atalanta Bergame. Portrait. Un double prénom comme patronyme fait-il obligatoirement d'un homme un serial-killer (Emile Louis, Guy Georges) ou un commentateur de mauvais goût (Christian Jeanpierre, Thierry Adam, Thierry Roland) ? En attendant une éventuelle reconversion télévisuelle, German Denis perpétue en tout cas la première légende en se projetant au royaume des tueurs de surface avec l'Atalanta Bergame. Et comme les bougres ne sont pas du genre à faire les choses à moitié, voilà l'un des leurs en tête du classement actuel des buteurs de Serie A, à égalité de buts avec la référence nationale, Antonio Di Natale, alias l'homme qui plante en toute furtivité avec 57 réalisations et les titres de capocannoniere ces deux dernières saisons. Ça vous classe le début de saison canon de notre assassin en herbe, non ? Son profil est pourtant connu dans tout le pays depuis son arrivée à Naples en juin 2008. Il faut dire que sa réputation parlait plutôt pour lui: 27 buts en 36 matches pour le CA Independiente. Mais voilà, des terres chéries argentines aux pelouses hostiles transalpines, les modes opératoires sont différents, les victimes plus méfiantes et les faits et gestes tous disséqués au peigne fin. Alors, "El Tanque" a observé, beaucoup, trop même, sur les bancs du Napoli puis sur ceux de l'Udinese, vite devenus des prisons dorés pour ce fauve en cage. Résultat, trois saisons, des bouts de rencontres, vingt petits buts, une "grinta" appréciée et des souhaits de départ jamais concrétisés. On parle même un moment de Marseille comme refuge provisoire pour celui dont les talents de buteur sont alors recherchés. Wanted, le gamin de la banlieue de Buenos Aires optera finalement pour l'Atalanta Bergame, noyée dans la corruption (*), histoire que son transfert ne s'ébruite pas trop et qu'il puisse enfin se "mettre au travail" sans pression. Celle qui pesait à Naples, temple de la criminalité, avait fini par l'étouffer, comme le fait d'évoluer en binôme (avec Di Natale) dans le Frioul. En Lombardie, il est désormais seul aux manettes dans un système fait pour lui (4-5-1), et n'a de compte à rendre à personne. A part à ses souffre-douleurs qu'il prend plaisir à berner avec sa technique moyenne et son allure pataude. Dix crimes en quatorze tentatives, Denis (la malice) est bien parti pour marcher sur les traces de Pippo Inzaghi, l'ancien gangster local, même s'il a plutôt pris exemple sur les méthodes utilisées par ses compatriotes. "Je m'inspire plutôt de Crespo et de Batistuta, j'ai toujours regardé comment ils se déplacent", affirme celui qui n'a effectué qu'un seul centre depuis le début des hostilités. Cette boulimie permet en tout cas au club bergamesque d'effacer de ses ardoises cette pénalité et de se maintenir dans le ventre mou du Calcio. Un objectif pas gagné d'avance pour le promu, qui serait même dans le Top 5 sans ce handicap, dont la préparation d'avant-saison a été particulièrement ébranlée par la suspension de son capitaine emblématique, Christian Doni. Pas un motif de vengeance suffisant pour Denis, qui a le sens du châtiment dans le sang. (*) Impliquée dans un scandale de matches truqués, alors que le club évoluait en Serie B, l'Atalanta entame la saison 2011-12 avec un handicap de six points et son capitaine, l'ex-international Cristiano Doni, est suspendu trois ans et demi par la Fédération italienne de football.