Denis: "Je ne suis pas un génie"

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Denis: "Je ne suis pas un génie"
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Le Paris-Levallois a changé de tête, après huit défaites consécutives en Pro A. Exit Jean-Marc Dupraz et place à son ancien adjoint Christophe Denis, qui sera assisté par Ron Stewart jusqu'à la fin de saison. Le nouvel entraîneur parisien, qui "ne va pas tout réinventer" et estime que son équipe est "la mieux placée pour descendre", réclame de l'exigence et de l'agressivité. Et ce dès samedi, pour la réception à haut risque d'Orléans.

Le Paris-Levallois a changé de tête, après huit défaites consécutives en Pro A. Exit Jean-Marc Dupraz et place à son ancien adjoint Christophe Denis, qui sera assisté par Ron Stewart jusqu'à la fin de saison. Le nouvel entraîneur parisien, qui "ne va pas tout réinventer" et estime que son équipe est "la mieux placée pour descendre", réclame de l'exigence et de l'agressivité. Et ce dès samedi, pour la réception à haut risque d'Orléans. Christophe, vous étiez jusqu'alors adjoint de Jean-Marc Dupraz, avec déjà une belle expérience au sein du club parisien. Pouvez-vous nous raconter votre parcours ? Je suis arrivé en 2003 au Paris Basket Racing en provenance d'Antibes où j'étais déjà à l'époque assistant de Jacques Monclar et également responsable du centre de formation, quand on pouvait encore cumuler les deux postes. J'ai ensuite été assistant de Gordon Herbert, d'Elias Zourios puis de Jean-Marc Dupraz depuis la fusion avec Levallois. J'ai donc connu pas mal de choses à Paris et des personnages comme Louis Nicollin, Reed Salwen et aujourd'hui Francis Flamme. Vous attendiez vous à prendre les rênes de l'équipe ? Bien sûr qu'on s'y attend forcément un peu, ça serait complètement hypocrite de dire qu'on ne s'y attendait pas. L'an dernier on a tout fait pour que ça marche, ce qui a été le cas et c'est tant mieux. Je pense qu'on le méritait. Mais cette année, malgré tous les efforts et toute l'énergie qu'on a pu y mettre au quotidien, ça n'a pas fonctionné. Après, on se dit que ça peut arriver mais le choix ne devait pas forcément se porter sur moi, les dirigeants auraient très bien pu faire appel à une aide extérieure. Sinon, je ne suis pas du tout opportuniste. Et quand vous êtes adjoint pendant quelques années, c'est évidemment normal d'avoir des ambitions. Mais que ça soit clair: j'aurais continué mon rôle d'assistant avec grand plaisir. Qu'est-ce que vous comptez apporter comme changements concrets, notamment en termes de philosophie de jeu ? Jean-Marc a mis en place un projet de jeu qui me paraissait tout à fait cohérent. Dire le contraire, ça serait aussi décrédibiliser mon rôle d'assistant parce qu'on a fait le projet à deux et que j'étais totalement d'accord. Il est hors de question de révolutionner quoi que soit. Ce qui a été mis en place est de très bonne qualité. Ce qui l'était un peu moins ces derniers mois, ou plutôt ce qui n'allait pas du tout, c'est l'exécution des choses. Il faut donc corriger l'investissement mis dans le projet, l'investissement individuel de chacun des joueurs et du staff technique. Être plus exigeant avec soi-même, plus agressif, avoir plus de conviction... On ne va pas tout réinventer. Je ne suis pas un génie, pas un magicien non plus. Mais j'ai des convictions qui se portent sur des valeurs. "On ne jouait plus au basket" L'équipe reste sur huit défaites consécutives, après avoir pourtant débuté la saison avec quatre victoires en cinq matches. Quelle est la principale raison de cet effondrement selon vous ? Dans un premier temps, l'accumulation des blessures. Tout le monde trouve ça incroyable d'avoir perdu huit matches d'affilée mais une belle mécanique, si jamais on l'a été, c'est fragile. Il faut savoir que la semaine qui précède le match face au Mans, on perd Jimmall Ball et Guillaume Yango. Yango, chacun en pense ce qu'il veut mais il fait partie de l'équipe et il a lui aussi un rôle très important à jouer. Cela venait aussi après la blessure de David Noël, avec un moral forcément à la baisse, on commence à douter, à remettre en question ce qu'on vient de faire, à ne plus croire en soi. C'est une accumulation de plein de petites choses qui nous ont plongés dans le néant. On ne jouait plus au basket. Olu Famutimi a été remplacé en cours de saison par Bracey Wright, qui vient à son tour de quitter le club, comme Nigel Wyatte, qui s'est lui engagé avec Le Portel. Avez-vous le sentiment d'avoir payé ce que l'on peut considérer comme des erreurs de casting ? Et sinon vers quel profil de joueur souhaitez-vous vous orienter pour les remplacer ? Si on s'est séparés d'eux, c'est qu'ils ne convenaient pas. C'est donc logique et ce serait hypocrite de dire le contraire. Alors après est-ce qu'on a fait une erreur en les faisant venir et en leur faisant signer un contrat ou est-ce que les joueurs ont fait une erreur en ne s'investissant pas totalement dans le truc... On dira forcément que c'est une erreur parce qu'ils ont été mauvais depuis le début du championnat. Pour le recrutement à venir, ça reste très flou. On est déjà en pleine discussion entre nous déjà pour mettre en lumière ce qu'il nous faut. On n'a toujours pas déterminé de profil de joueur et on ne sait toujours pas si on va recruter un ou deux joueurs. On prendra une décision d'ici la fin de semaine. Mais contre Orléans, on jouera avec les joueurs qui s'entraînent depuis lundi. Vous connaissez parfaitement les jeunes et notamment les Espoirs, actuellement premiers ex-aequo de leur championnat. Comptez-vous en intégrer plus au sein de l'équipe première dans le futur ? Sur les trois prochains matches, en comptant la Coupe de France, on va être obligé de faire appel aux jeunes puisqu'il y a huit pros valides, David Noel étant le neuvième. Après, on a mis en place une politique de formation avec Jean-Marc depuis deux ans, pour intégrer petit à petit les jeunes qui en ont les capacités. Et il y en a de très bons au centre de formation. "Se prouver à nous-mêmes qu'on peut faire preuve de courage" Vous allez être assisté par Ron Stewart, ancien entraîneur et manager du club. Comment s'est effectuée la répartition des tâches et comment s'organise cette collaboration ? Notre collaboration se passe à merveille, nous sommes sur la même longueur d'ondes. On a pris le temps, avant de nous adresser aux joueurs, d'en discuter tous les deux. Détailler ce que l'on va faire, la manière dont on va demander aux joueurs d'exécuter les choses. On va se partager le travail, on est différents et les compétences vont s'additionner, ce n'est pas plus mal comme ça. Orléans, qui vient de faire voler en éclats Strasbourg (96-39), est votre prochain adversaire. A quoi vous attendez-vous pour votre premier match à la tête de l'équipe ? Très sincèrement, peu importe qui vient jouer chez nous samedi, j'en ai strictement rien à faire. Que ce soit Orléans, Pau, l'Asvel ou je ne sais qui d'autre. Il y a avant tout un travail à faire sur nous-mêmes. Là c'est Orléans, qui a effectivement mis une "branlée" à Strasbourg ce week-end. Mais il faut aussi voir le contexte du match. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé sur ce match-là. Nous, on en a pris 30 contre Strasbourg et je ne peux pas penser que c'est la même équipe qui vient presque d'en prendre 60 à Orléans ! Mais, comme je le disais, peu importe. On va déjà essayer de se prouver à nous-mêmes qu'on peut faire preuve de courage. Quel est l'objectif principal pour cette deuxième partie de saison ? Le maintien ? Gagner ! Et le maintien est bien évidemment l'objectif prioritaire. Nous sommes aujourd'hui l'équipe la mieux placée pour descendre en Pro B. Si on dit le contraire, ce sont des conneries. On vient de prendre 27 points contre le dernier qui est à un point de nous et on vient de perdre huit matches d'affilée...