Décosse: "Je sais que je suis attendue"

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Décosse: "Je sais que je suis attendue"
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Des championnats du monde à Paris, c'est forcément un moment à part. Surtout pour une Lucie Décosse qui détient le record de victoires à Bercy. Numéro 1 mondiale dans la catégorie des -70kg, championne du monde en titre, la sociétaire du Lagardère Paris Racing sera donc dans son antre pour ces Mondiaux. Décosse le sait mais la pression la fera d'autant moins reculer qu'elle a travaillé très dur pour viser une 3e couronne mondiale.

Des championnats du monde à Paris, c'est forcément un moment à part. Surtout pour une Lucie Décosse qui détient le record de victoires à Bercy. Numéro 1 mondiale dans la catégorie des -70kg, championne du monde en titre, la sociétaire du Lagardère Paris Racing sera donc dans son antre pour ces Mondiaux. Décosse le sait mais la pression la fera d'autant moins reculer qu'elle a travaillé très dur pour viser une 3e couronne mondiale. Comment s'est déroulée la préparation ? Les préparations, je connais, l'important c'est d'écouter mon corps. Je me suis bien entraînée afin d'être le plus efficace possible. Je dois davantage penser à la récupération qu'avant, je me concentre sur les échéances importantes afin de mettre mon judo en place. Je me suis concentrée sur le judo car je ne voulais pas faire l'erreur de répondre à trop de sollicitations, je n'étais pas prête à sacrifier la récupération, c'était important pour être prête. Comment continuer à progresser et rester la numéro 1 de votre catégorie ? J'ai effectué un travail psychologique avec Serge (Diot) qui m'oblige à m'investir toujours à fond, d'être une guerrière, de ne pas la jouer facile. Dans certaines séances, s'il n'est pas là à me motiver, je ne me dépasse pas forcément. Je suis habituée à faire tomber alors quand c'est dur je recherche le côté facile, or plus on me pousse et meilleure je suis. Il me dit : « Tu peux faire plus, ne lâche pas ». Je suis déjà championne du monde mais avec un tel événement à Paris, ce n'est pas le moment de baisser de pied. En 2009, j'avais un peu lâché et j'avais perdu tout de suite. Je sais que les qualités et les acquis ne suffisent pas. Ensuite, quand tu as bien travaillé, le matin de la compétition tu n'as pas de doute car tu sais que tu es prête. Vous partez avec un statut de favorite à Paris, qu'est-ce que cela change ? Je sais que je vais être attendue à Paris, il y aura de la pression car tout le monde pense que je vais gagner. Je le prends comme un défi, je suis numéro 1 à la ranking list, à moi d'aller chercher ce titre, un des plus durs, devant un Bercy plein. Ce serait mon 3e titre mondial et ça commencerait à faire beaucoup. Ce sera un moment important. A l'Euro par exemple, je fais 3e mais ça ne m'a même pas fait plaisir, il n'y a eu aucun sourire, c'était comme un premier tour, pour moi ce n'était pas possible de faire moins. A Bercy, il y aura cette notion de plaisir, ce sera un gros défi pour décupler le plaisir. A l'Euro justement vous vous faites disqualifier face à l'Espagnole Blanco. Avez-vous compris ? Je savais avant le championnat qu'il ne fallait pas que je le fasse, ça m'a permis d'analyser cette situation, je ne voulais pas aller en golden score, j'étais pressée de gagner et impatiente. J'avais pris ce championnat comme un entraînement, il aurait fallu être plus rigoureuse et sérieuse sur chaque combat. Je sais que c'est une erreur qu'il ne faudra pas commettre aux Monde.