Décosse: "Je ne réalise pas"

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Décosse: "Je ne réalise pas"
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Triple championne du monde depuis vendredi soir, Lucie Décosse a pu profiter de la clameur du public de Bercy. Ravie d'avoir pu gagner ce titre devant sa famille et ses amis, la Guyanaise ne veut cependant pas se reposer sur ses lauriers. Evoquant les prochains Jeux Olympiques, son dernier grand objectif, elle se sait très forte mais ne va rien laisser au hasard et travailler encore plus fort.

Triple championne du monde depuis vendredi soir, Lucie Décosse a pu profiter de la clameur du public de Bercy. Ravie d'avoir pu gagner ce titre devant sa famille et ses amis, la Guyanaise ne veut cependant pas se reposer sur ses lauriers. Evoquant les prochains Jeux Olympiques, son dernier grand objectif, elle se sait très forte mais ne va rien laisser au hasard et travailler encore plus fort. A quoi avez-vous pensé après votre victoire ? C'était bizarre, je ne savais plus si c'était le Tournoi de Paris ou les Mondiaux. J'ai eu un blanc, j'étais contente et après j'ai réalisé que c'étaient les championnats du monde que j'attendais, que je voulais gagner et que c'était fait, c'était bizarre. Racontez-nous votre journée ? Ce matin, franchement, même en gagnant je commençais à me poser des questions ceci, cela, le premier match, je n'étais pas contente. Le deuxième j'ai réalisé que si je n'avais pas pris le coup dans le nez ça ne m'aurait pas fait un électrochoc, peut-être que j'aurai baissé la tête et à partir de là, je me suis dit : « Il faut arrêter de réfléchir car sinon ça va mal se passer. » Après, ça a été. Que représente cette troisième médaille ? Je ne réalise pas trop qu'il s'agit de mon troisième titre, j'avais seulement envie de gagner. Je sais que c'est bien, que je suis contente, je pense beaucoup aux Jeux parce que j'ai vraiment envie de devenir championne olympique. Plus que d'avoir trois titres mondiaux, je voudrais le titre olympique. Est-ce plus fort du fait d'être à Bercy ? Oui, parce qu'il y a le public, tout le monde. Tu es soutenue, c'est magnifique de gagner à Bercy. En termes d'émotion, c'est fort. "Ça me donne un avant-goût des JO" Vous attendiez-vous à une telle finale ? Non parce qu'au Tournoi de Paris, elle n'avait pas fait la demi-finale parce que soi-disant elle avait mis en place une tactique, moi j'attendais de voir sa tactique et j'ai vu qu'elle était agressive mais qu'elle reculait en même temps, dès que j'arrivais à prendre un bout de kimono elle se jetait, je me suis dit: "On va gagner comme on peut." Je voyais bien qu'elle ne voulait pas que je la fasse tomber et elle n'avait pas l'intention de tomber non plus. J'aime bien gagner par ippon mais ce n'est pas grave. Auriez-vous gagné cette finale il y a deux ans ? Je ne sais pas. C'est aussi ça qui fait que lorsque je sors de ma compétition je suis contente, j'ai bien fait ce qu'il fallait alors qu'avant je ne savais pas faire ce genre de match. Bosch je la connais bien, je savais que ce serait difficile car ce n'est pas une fille qui fait du judo, ça ne me convient pas. Quand je prends Meszaros, je me dis que ça fait deux fois que je la bats, je sais qu'elle peut me sortir un truc auquel je ne m'attends pas donc il y a toujours un peu de stress. Mais à la fin, ça a été. Vous êtres la deuxième Française triple championne du monde. Avez-vous le sentiment d'être entrée dans la légende ? Légende ? Je ne sais pas, je pense que c'est en arrêtant que je vais me dire wouaw, t'étais une légende (elle éclate de rire). Pour l'instant, je reste dans mon truc pour continuer à travailler, il me reste encore un gros championnat dans ma vie, dans ma carrière et je ne veux pas trop m'enflammer. C'est bien, super, je vais faire la fête mais il reste du travail et on verra la suite. Mesurez-vous le chemin qu'il reste à accomplir avant les JO ? Je sais que ça va être très court car c'est fin juillet. Là, entre Tokyo et Bercy j'ai l'impression qu'il n'y a pas eu beaucoup de temps. Ça va passer vite. Je sais aussi qu'au niveau pression, ça va être comme ici, j'étais tendue parce que j'étais attendue, ça me donne un avant-goût des JO mais si je continue à m'entraîner comme je le fais, normalement, ça devrait être bien. Vous sentez-vous plus forte que jamais ? C'est bizarre parce que je me sens hyper forte, hyper bien et pourtant j'ai toujours ce stress avant de combattre comme si j'étais une petite. Et ça, je n'arrive pas à l'expliquer. Mais par contre, dès que j'arrive à poser les mains, à avoir la manche que la fille elle commence à tituber, là je me sens forte. Psychologiquement, je vois que j'ai un ascendant parce que je sens dans le couloir qu'elle me regarde, alors j'en rajoute un peu, je fais la fille super sereine alors qu'en fait suis en stress. Mais j'ai l'impression d'être bien.