Décosse: "J'ai un peu d'avance"

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Décosse: "J'ai un peu d'avance"
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Lucie Décosse est la référence mondiale de la catégorie des -70kg. La Guyanaise aborde le championnat d'Europe à Istanbul comme une phase de préparation pour les prochaines échéances, à commencer par les Mondiaux qui se dérouleront en août à Paris. Consciente de son rang, cela ne l'empêche pas de travailler d'arrache-pied afin de conserver une longueur d'avance.

Lucie Décosse est la référence mondiale de la catégorie des -70kg. La Guyanaise aborde le championnat d'Europe à Istanbul comme une phase de préparation pour les prochaines échéances, à commencer par les Mondiaux qui se dérouleront en août à Paris. Consciente de son rang, cela ne l'empêche pas de travailler d'arrache-pied afin de conserver une longueur d'avance. Comment avez-vous géré cette préparation avant l'Euro ? Normalement, j'ai l'habitude, l'objectif, c'est de faire attention à mon corps de bien récupérer, c'est ma priorité. Je ne vais pas faire beaucoup de compétition, comme je fais les championnats d'Europe, je ne ferai pas le tournoi de Moscou en mai et on verra si je fais une autre compétition avant les Mondiaux. Aucun tournoi avant les Mondiaux, vous n'avez pas besoin de répétition avant une grande compétition ? Non, je n'en ai pas spécialement besoin, je m'entraîne, je n'ai jamais pris la compétition comme entraînement, il n'y a que maintenant que je commence à le faire mais l'entraînement me convient et j'ai aussi envie de me cacher un peu afin de ne pas faire trop de combat contre des filles que je vais retrouver après. Je pense que j'ai un peu d'avance et je n'ai pas envie qu'elles me rattrapent. Comment avez-vous vécu le Tournoi de Paris Ça s'est bien passé, j'ai fait des choses intéressantes au niveau judo, de mon comportement, je me suis fait plaisir, c'est important de ne pas me lasser, de ne pas subir car c'est dur, je vis les mêmes choses tous les ans. Du moment que je me fais plaisir c'est le principal. Lever les bras en demi-finale (son adversaire avait déclaré forfait, ndlr), je ne l'aurai pas fait avant, là je me suis dit : « je n'ai pas d'adversaire, je n'ai pas de pression, je vais pouvoir profiter 30 secondes, me lâcher et profiter». Les gens étaient étonnés mais maintenant, chaque fois que je monte sur le tapis je me dis : « Lucie tu vis tes derniers moments, profite ». Je n'ai pas assez profité du début de ma carrière, j'ai envie de me rattraper. "Je suis fière d'être la numéro 1" Comment vivez-vous le fait d'être la référence de la catégorie ? Je suis fière d'être la numéro 1, j'étais la référence en -63kg, je le suis en -70kg, ça ne change pas grand-chose à ma vie. Je sais que je fais partie des meilleures de ma catégorie, le plus dur c'est de rester en haut. Je suis presque en haut, il faut que je monte encore un peu et que j'y reste. Il y a encore 2 (les Mondiaux et les JO) ou 3 étapes si l'on inclut l'Euro qui n'est pas au même niveau. Comment appréhendez-vous ces étapes ? Le championnat d'Europe, ce sera un entraînement, je vais le considérer comme un tournoi. J'ai envie de gagner, d'avoir un 5e titre, de claquer la journée en moins de 5 minutes, c'est sûr. Si je le considère comme un entraînement c'est parce que j'ai envie de me concentrer sur les gros objectifs : Les championnats du monde à Bercy et surtout les Jeux à Londres. Dans ma programmation, je me concentre sur ces deux objectifs. Quels sont vos axes de travail ? Je continue à faire ce que je sais faire ! Sur mes spéciaux comme o ushi gari et sur les techniques que je travaille depuis maintenant 4 ans et si un jour j'arrive à la sortir ce sera un plus (seoi à droite). Pour l'instant, je ne l'ai pas encore fait. J'essaye d'aller un peu plus au sol mais c'est difficile. Parce que vous marquez trop de ippon direct ! On ne peut pas dire que vous passiez beaucoup de temps sur les tatamis. En temps de combat, c'est sûr, mais le ippon, c'est ce qu'il y a de plus dur donc on peut imaginer que dans l'intensité de mes attaques et comment je m'y emploie, j'y arrive donc peut-être que j'utilise plus d'énergie que les autres au final. Et quand vous attaquez, c'est une attaque forte... Oui, car j'ai toujours voulu mettre ippon. C'est sûr que ce n'est pas seulement une qualité de vouloir mettre ippon car c'est un sport de combat et qu'il faut gagner coûte que coûte. J'ai toujours aimé gagner par ippon, c'est un truc que je ne peux pas enlever. Que ressentez-vous en passant un ippon ? Est-ce toujours la même petite adrénaline ? Toujours ! L'adrénaline, la fierté, depuis petit, l'objectif c'est le ippon. Quand on y arrive en Grand Chelem à Bercy, à l'Euro ou aux championnats du monde c'est encore mieux ! Comment quantifier la petite avance dont vous parliez ? Je parle d'une avance car les filles ont toutes perdu contre moi donc c'est un petit avantage psychologique. Ensuite techniquement ou stratégiquement, je suis bien par rapport aux autres. Là j'ai vu que quelques filles ont travaillé certains trucs, du coup, je travaille aussi. J'ai une avance aussi sur le kumikata (la garde), je suis une des filles qui tient le mieux la garde. Ce n'est pas quantifiable, c'est léger.