De Puniet: "J'ai manqué de soutien"

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De Puniet: "J'ai manqué de soutien"
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Fauché en plein élan sur le Sachsenring alors qu'il réalisait le meilleur début de saison de sa carrière en MotoGP, Randy de Puniet a finalement terminé l'exercice 2010 au 9e rang, dimanche, à l'issue du GP ultime de Valence. Amer devant la conclusion de sa collaboration avec le team Honda LCR, le pilote Français de 29 ans s'apprête à embrasser la cause de Ducati, au sein de la structure satellite Pramac. Avec l'enthousiasme qui le caractérise.

Fauché en plein élan sur le Sachsenring alors qu'il réalisait le meilleur début de saison de sa carrière en MotoGP, Randy de Puniet a finalement terminé l'exercice 2010 au 9e rang, dimanche, à l'issue du GP ultime de Valence. Amer devant la conclusion de sa collaboration avec le team Honda LCR, le pilote Français de 29 ans s'apprête à embrasser la cause de Ducati, au sein de la structure satellite Pramac. Avec l'enthousiasme qui le caractérise. Randy, comment se sent-on à l'issue d'une saison MotoGP aussi riche en émotions et en rebondissements ? J'ai mal à la jambe ! (rires) Sérieusement, il est grand temps que je me repose. J'ai encore deux journées de tests à assurer, je suis content de découvrir une nouvelle machine mais il me tarde vraiment de souffler parce que ma jambe a beaucoup souffert ces dernières semaines. Il faut que j'aille voir mes médecins car les nouvelles ne sont pas forcément réjouissantes. Je pensais me faire opérer la semaine prochaine mais ce ne sera finalement pas le cas. Les os ne se sont pas suffisamment consolidés, il est donc impossible d'enlever le matériel cette année comme prévu. La double fracture tibia-péroné subie en Allemagne vous a coupé dans votre élan. Gardez-vous de cette saison 2010 un goût d'inachevé ? Complètement ! J'étais quatrième et je réalisais mon meilleur départ en MotoGP avant cette coupure à la mi-saison. Je suis revenu petit à petit dans le rythme mais je n'ai pas pu concrétiser ce retour en termes de résultats. J'ai traîné cette blessure sur pas mal de courses, j'ai fait des erreurs à cause de la douleur et ça ne m'a pas permis de viser les performances auxquelles je prétendais en Australie ou au Japon par exemple. Maintenant, ça fait partie du jeu, et j'ai quand même beaucoup appris durant la deuxième partie du championnat. Je me suis donné à fond, je n'ai pas de regrets à ce niveau-là. J'aimerais juste revenir à 100% l'an prochain pour faire une saison complète sans accroc et viser encore plus haut. Dimanche à Valence, il s'agissait de votre 200e Grand Prix, le dernier sous la bannière du team LCR après trois ans de collaboration. Est-ce difficile de tourner la page ? Oui et non... L'aventure ne s'est pas terminée comme je l'aurais voulu alors j'ai moins de regrets. Ça a été dur vis-à-vis de mes mécaniciens et de mon équipe technique parce qu'ils m'ont toujours soutenu. Mais globalement, l'ambiance n'était pas au top depuis ma blessure et certaines personnes m'ont déçu. J'ai manqué de soutien lorsque j'en avais besoin, mes patrons ne se sont pas rendu compte des efforts que j'ai dû fournir pour me remettre si vite d'une double fracture. Comme je ne me plaignais pas, les gens se sont imaginé que j'étais totalement rétabli. C'est une leçon à retenir pour la suite... "J'aurais préféré piloter une moto d'usine" La saison prochaine, vous courrez chez Pramac, au sein de la structure satellite de Ducati. Comment s'est noué cet engagement ? Ça s'est concrétisé samedi après-midi. Rouler chez Ducati a toujours été un rêve pour moi et, visiblement, ils avaient très envie de travailler avec moi chez Pramac. J'ai aujourd'hui pas mal d'expérience en MotoGP. J'ai couru avec Kawasaki, Honda, et découvrir une nouvelle structure est toujours passionnant. Il va falloir que je m'adapte à une nouvelle machine et à un nouveau staff mais je pense qu'on a les moyens de réaliser de bonnes choses ensemble. Les Ducati sont réputées performantes mais plutôt difficiles à dompter. Appréhendez-vous cette découverte ? Non, d'autant que la marque a fait de gros efforts pour simplifier le développement et l'exploitation de ses machines. De toute façon, j'en saurai davantage dans les prochains jours, dès que j'aurai essayé ma future moto. Ce qui est sûr, et c'est une bonne nouvelle, c'est que je bénéficierai de la même base que Valentino Rossi et Nicky Hayden. Ce n'était pas le cas chez Honda... Pramac a besoin de faire des résultats parce que ça fait longtemps que ça ne leur est pas arrivé, ça tombe bien, j'ai l'intention de poursuivre ma progression. On est fait pour s'entendre ! Vous étiez pilote unique chez LCR, vous ferez équipe avec Loris Capirossi l'an prochain. Un autre changement en perspective... Oui mais ça ne me dérange pas, au contraire. Loris est un pilote avec lequel je m'entends bien. Il est expérimenté et je pense qu'on peut former une bonne équipe tous les deux. C'est vrai que j'étais tout seul ces trois dernières années mais le collectif ne me fait pas peur. J'ai déjà connu ça avec Kawasaki en MotoGP. Ne regrettez-vous pas de rester cantonné à un team satellite en 2011 ? J'aurais préféré piloter une moto d'usine, c'est certain, mais les circonstances en ont décidé autrement. J'ai tout de même l'opportunité de faire une belle saison l'an prochain avec Pramac. On verra ensuite comment se présente 2012. Les dernières semaines ont été si dures que vous avez un temps songé à la retraite... J'y ai pensé, c'est vrai, quand ça devenait vraiment compliqué. Je m'étais préparé à cette idée, en me disant que ce n'était pas la fin du monde, mais heureusement mon manager a trouvé une solution. Je préfère de loin être en piste que chez moi. J'ai encore beaucoup trop d'ambitions pour prendre ma retraite sportive.