David: "Une reprise très difficile"

  • A
  • A
David: "Une reprise très difficile"
Partagez sur :

Loin de la Coupe du monde et de l'actualité du XV de France, les Champions de France toulousains, au terme d'une solide préparation et à l'aube d'une saison de Top 14 de tous les dangers, se testent une première fois ce vendredi, à Aimé-Giral, face à l'Usap. Un match à part pour Yann David, le centre internationale du Stade, qui revient au jeu pour la première fois depuis près d'un an et sa grave blessure à la jambe.

Loin de la Coupe du monde et de l'actualité du XV de France, les Champions de France toulousains, au terme d'une solide préparation et à l'aube d'une saison de Top 14 de tous les dangers, se testent une première fois ce vendredi, à Aimé-Giral, face à l'Usap. Un match à part pour Yann David, le centre internationale du Stade, qui revient au jeu pour la première fois depuis près d'un an et sa grave blessure à la jambe. Yann, que représente ce premier match presqu'un an après votre double fracture tibia-péroné subie à l'entraînement (voir par ailleurs) ? Quasiment un an après la blessure, de pouvoir refouler les terrains, qui plus est à Aimlé-Giral, face à un adversaire, dont on connaît la valeur, c'est à la fois excitant, mais je suis aussi un peu nerveux, je me pose des questions, il y a un peu de retenue, je ne le cache pas, c'est un mélange de plein de choses, mais globalement beaucoup de positif. On ne sort pas indemne d'une telle blessure, même si aujourd'hui le feu vert est là. Vous avez craint de ne pas retrouver l'entière possession de vos moyens physiques ? J'ai pu me rassurer au cours de cette longue période de préparation physique, durant laquelle j'ai beaucoup bossé avec les préparateurs du Stade, j'ai obtenu les feux verts des différents staffs médicaux, donc je sais que ma jambe, c'est du solide. Maintenant, il me faut me rassurer dans la tête et dans mon corps, que je m'habitude de nouveau à enchaîner les efforts intensifs, reprendre des chocs aussi, ce qui sera sans doute le plus dur. Et puis savoir reprendre les réflexes, ces repères dans le jeu, parce qu'un an quasiment sans rien faire, ça ne m'était jamais arrivé, et se retrouver sur le terrain, pour du très haut niveau, ça va à 10 000 à l'heure ! Je sais pertinemment que des erreurs, je vais en commettre durant quelques matches et que petit à petit, ça va revenir. Je ne me mets pas de pression particulière, mais je sais que ce sera une reprise très difficile. "Le Stade Toulousain est devenu ma deuxième famille" On a coutume de dire qu'on apprend beaucoup de ce genre d'épreuves. N'est-ce pas surtout et avant tout une énorme galère ? C'était évidemment difficile dans la tête. On se pose beaucoup de questions : est-ce que ça va revenir, est-ce que je pourrai rejouer normalement et est-ce que je vais retrouver mon meilleur niveau ? Autant que questionnements, qui font qu'on traverse des périodes un peu noires et qu'il est important de pouvoir compter dans ces moments-là sur sa famille et ses amis autour de soi. Ça a été le cas et j'ai pu ressortir la tête de l'eau rapidement, et heureusement. Revenir plus fort, physiquement, je vais tout mettre en oeuvre pour que ce soit le cas, après, ce qui est sûr, c'est qu'on s'arme mentalement et qu'on apprend à plus relativiser le moindre pépin. La frustration doit-être décuplée d'autant quand ça rigole pour les copains sur le terrain comme ça a été le cas pour le Stade la saison dernière... Super frustrant ! C'était frustrant de les voir en finale et de ne pas pouvoir partager leur joie, même si j'étais au match et que j'ai vécu l'évènement d'une autre manière, stressé pour eux dans les tribunes, ça rend envieux et, que ce soit la défaite ou la victoire, on a envie de tout partager avec ses coéquipiers. C'est l'esprit d'équipe qui m'a beaucoup manqué et que j'ai hâte de retrouver. Existe-t-il aussi chez vous un sentiment d'être redevable à cette équipe du Stade Toulousain, où par la force des choses, vous restez un joueur neuf malgré tout ? Bien évidemment, le staff, depuis que je suis ici, m'a toujours fait confiance, m'a beaucoup soutenu à travers des messages de sympathie, en prenant des nouvelles, et je leur dois beaucoup. Venant de Bourgoin, où l'on peut se dire que Toulouse, c'est la grosse écurie, c'est l'usine, quand on y met les pieds et qu'on est à 300% dedans, le Stade, c'est certes une très grosse équipe avec toutes les qualités qu'on lui connaît, mais c'est vraiment un esprit famille. Je crois pouvoir dire que le Stade Toulousain est devenu ma deuxième famille. Pour les en remercier, la plus belle des manières serait de revenir à mon meilleur niveau pour leur renvoyer l'ascenseur sur le terrain et avec faire plaisir aux supporters. Est-ce qu'en cette saison de Coupe du monde, l'absence des internationaux peut constituer pour vous une opportunité de revenir plus vite et de profiter du temps de jeu ? A mon poste, il y a encore beaucoup de monde et pour ainsi dire, ils sont tous là, malheureusement pour Yannick (Yauzion), Clément (Poitrenaud) et "Flo" (Fritz), qui n'ont pas été sélectionnés, sans oublier Rupeni (Caucaunibuca). Mais c'est la règle à Toulouse, la concurrence à tous les moments et, certes, je reviens de blessure, mais il va falloir que je me bouge les fesses pour me refaire une place. Cette semaine, le staff a exposé le projet de jeu pour la saison à venir. On peut en savoir un peu plus ? Oui, comme chaque nouvelle saison, on débat sur ce qu'on a vécu la saison dernière, donc il y aura certainement des choses, qui vont changer, mais ce sera à vous de le découvrir tout au long de la saison.