Cunego, la cruelle déception

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Cunego, la cruelle déception
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Damiano Cunego a manqué la victoire dans le Tour de Suisse pour quatre petites secondes seulement, devancé par Levi Leipheimer à l'issue de la dernière étape, un contre-la-montre de 32 kilomètres. Un écart ridicule qu'il aura sans doute du mal à digérer alors que se profilent les Championnats d'Italie dans une semaine et le Tour de France dans quinze jours. Mais l'Italien a retrouvé de bonnes jambes dans les courses à étapes.

Damiano Cunego a manqué la victoire dans le Tour de Suisse pour quatre petites secondes seulement, devancé par Levi Leipheimer à l'issue de la dernière étape, un contre-la-montre de 32 kilomètres. Un écart ridicule qu'il aura sans doute du mal à digérer alors que se profilent les Championnats d'Italie dans une semaine et le Tour de France dans quinze jours. Mais l'Italien a retrouvé de bonnes jambes dans les courses à étapes. L'épilogue de l'édition 2011 du Tour de Suisse rappelle forcément la fameuse arrivée du Tour de France 1989, restée dans la légende pour les huit secondes d'écart entre Greg LeMond et Laurent Fignon sur les Champs-Elysées. La dernière ligne droite du contre-la-montre de Schaffhausen n'avait pas le charme de la plus belle avenue du monde, mais la déception de Damiano Cunego se rapproche à coup sûr de celle vécue par le Français il y a 22 ans. Le coureur italien, leader de l'épreuve helvète depuis le début de la semaine, s'est en effet fait souffler la victoire pour quatre secondes. Un écart dérisoire après neuf jours de course et plus de trente heures passées sur le vélo. Levi Leipheimer, le grand vainqueur du jour, avait lui un sourire rayonnant sur le visage, comme celui de son illustre compatriote, tout surpris de monter sur la plus haute marche du podium. Avec près de deux minutes d'avance sur Leipheimer, sa plus sérieuse menace, avant le départ du chrono, Cunego pouvait légitimement croire en ses chances, même s'il n'est pas un spécialiste de l'effort solitaire. Le parcours vallonné, avec quelques bosses à gravir, lui offrait même quelques garanties supplémentaires. Encore fallait-il être dans un bon jour, bien tourner les jambes et s'accrocher comme un beau diable dans cette course contre le temps parfois tellement crispante. Le coureur de la Lampre, dodelinant sur son vélo, n'était pas dans ce fameux bon jour, celui qui lui aurait permis de résister à Leipheimer, qui dispose de très bonnes références dans ce type d'exercice et qui a su parfaitement gérer son effort. L'Américain n'a sans doute pas cherché à remporter l'étape, laissant les honneurs à Fabian Cancellara. Mais il a fourni l'effort suffisant pour placer Cunego sous pression dès le premier pointage. Leipheimer: "Je suis désolé" Troisième temps à l'arrivée, à treize secondes du Suisse, Leipheimer scrutait avec attention la feuille de route de Cunego et les derniers kilomètres sur l'écran géant. Après un dernier coup d'oeil vers ses mécaniciens et son directeur sportif, comme pour s'assurer qu'il ne rêvait pas, l'Américain de 37 ans pouvait lever les bras au ciel avant de rejoindre la tente près du podium où il croisait son adversaire abattu qu'il tentait de réconforter par un "Je suis désolé". Pas sûr que cela soit suffisant pour Cunego, si près de remporter sa première course à étapes du World Tour depuis sa victoire sur le Giro en 2004. Leipheimer et ses faux airs de Lance Armstrong, vainqueur du Critérium du Dauphiné en 2006, confirme qu'il en a encore dans le moteur pour gagner de belles épreuves du calendrier mondial. Absent sur les routes du Giro cette année, Cunego a choisi d'axer sa saison sur le Tour de France et la Vuelta en septembre. Habitué à briller dans les courses d'un jour depuis quelques saisons (Tour de Lombardie 2007 et 2008, l'Amstel Gold Race 2008), l'Italien pourrait bien avoir des ambitions sur la Grande Boucle. "Il y a des coureurs bien plus crédibles pour le général. La dernière chose dont on a besoin, c'est d'un peu plus de pression. Mais il faut respecter toutes les courses. Et se désintéresser a priori du classement général d'une course comme le Tour de France, ce n'est pas possible", a concédé Roberto Damiani, son directeur sportif, dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport. Rendez-vous en juillet pour effacer cette cruelle déception.