CSBJ, la lanterne bouge... encore

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CSBJ, la lanterne bouge... encore
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Rejeté à la dernière place du Top 14 après sa 9e défaite de la saison concédée à Castres, le CSBJ délocalise à Grenoble un choc des extrêmes ce jeudi, en clôture de la 12e journée du Top 14, face au leader toulousain. En quête d'un exploit a priori impossible, les Isérois se souviennent qu'ils avaient su dominer les futurs Champions d'Europe à Gerland il y a six mois pour assurer leur maintien...

Rejeté à la dernière place du Top 14 après sa 9e défaite de la saison concédée à Castres, le CSBJ délocalise à Grenoble un choc des extrêmes ce jeudi, en clôture de la 12e journée du Top 14, face au leader toulousain. En quête d'un exploit a priori impossible, les Isérois se souviennent qu'ils avaient su dominer les futurs Champions d'Europe à Gerland il y a six mois pour assurer leur maintien... Bourgoin n'est pas mort. En tout cas pas encore... La situation du CSBJ n'a pourtant rien de rassurante. Bons derniers du Top 14, les Isérois traînent désormais tel un boulet leur bilan de neuf revers pour seulement deux victoires en onze journées. Il y a bien longtemps que les hommes de Catinot et Péméja se sont résolus à disputer ce terrible combat à la vie à la mort pour leur survie dans l'élite dans lequel sont engagés La Rochelle et Agen. Sans plus aucun espoir de voir plus haut... Un constat, implacable, qui aujourd'hui s'impose à des Berjalliens, que le statut de lanterne rouge ne surprend même plus leurs entraîneurs, lucides à l'heure de l'analyse. "On espérait un meilleur début de championnat, mais avec le recul, ce qui arrive relève d'une certaine logique des choses, constate un Eric Catinot fataliste sur le site du club. L'an dernier, en sauvant le club à court terme, on savait qu'on le mettait en danger à moyen terme, avec les départs de joueurs qui avaient signé jusqu'en 2012 comme Boyet, Genevois, Wihongi, Cardinali ou Vuli Vuli. Après, il a fallu recruter dans l'urgence, compte tenu des problèmes financiers, et des joueurs étrangers, qui découvrent une nouvelle culture et un nouveau rugby." Et voilà comment Bourgoin, vainqueur d'un seul de ses cinq derniers matches face à Brive, en est arrivé là... Catinot: "Dans ce genre d'évènement, on se transcende" A cette spirale de l'échec s'ajoutant une avalanche de blessures, qui il y a une semaine encore rejetait à l'infirmerie pas moins de seize joueurs, parmi lesquels le capitaine Julien Frier (mollet), les recrues de l'intersaison Buckle et Du Preez (hernie cervicale) ou encore l'emblématique Olivier Milloud (épaule), autant d'absences qui privent le club de ses atouts traditionnels en mêlée ; sans compter Di Bernardo (cheville), qui laisse l'équipe sans buteur et ouvreur de métier... "Si on ajoute les blessures à répétition, on peut donner une explication à ce début de saison plus que difficile. Mais c'était prévisible, note encore Catinot, les pronostiqueurs du Top 14 nous annonçaient relégués. Pour l'instant, on n'arrive pas à les faire mentir. Il faut faire le dos rond en attendant le retour des blessés." Bourgoin attend la trêve comme une délivrance. Mais avant cela, c'est un Everest qui se dresse devant les joueurs du nouveau président Tourtoulou ce jeudi avec la réception des Champions d'Europe et leaders toulousains. Toulouse et ses quatorze points pris sur quinze en octobre, capable de balayer l'Usap et Toulon coup sur coup et qui visera jeudi, il l'a annoncé, sa première victoire à l'extérieur en Top 14. Toulouse, que Xavier Péméja, coach des avants, dresse au pinacle en qualifiant le Stade dans Le Dauphiné Libéré de "meilleur équipe du monde". Un choc des extrêmes donc que le club isérois avait choisi dès le début de la saison de délocaliser au Stade des Alpes de Grenoble avant même de savoir qu'il vivrait une telle galère. Et pourtant, on veut croire à l'impossible exploit côté berjallien, où l'on se souvient que les deux délocalisations de la saison dernière avaient été ponctuées par autant de succès face à l'Usap à Grenoble (17-6) et face à... Toulouse à Gerland (15-13). Une semaine après sa qualification pour la finale de la Coupe d'Europe, le Stade était tombé à Lyon face à des Berjalliens survoltés par la perspective d'assurer leur maintien en cas de succès. Un signe et surtout une expérience dont le CSBJ entend profiter six mois plus tard. "Je pense que grâce à ses victoires, explique l'entraîneur des trois-quarts berjalliens, on ne fait plus de complexe quand on reçoit au stade des Alpes ou à Gerland. C'est même peut-être un bien pour nous car dans ce genre d'évènement, on se transcende. De toute façon, pour rivaliser avec Toulouse, il faudra jouer à un niveau bien supérieur à celui qui est le notre." Pourtant, malgré l'ampleur du score final concédé à Castres (41-24), lors de cette dernière sortie, Catinot retient dans Le Dauphiné qu'"on a eu du coeur, certes, mais pas que ça. On a inscrit des essais de toute beauté." Même construite de bric et de broc, avec ses jeunes et beaucoup d'envie, l'équipe berjallienne refuse d'abdiquer. Et dans ce contexte, le moindre des atouts est synonyme de lueur d'espoir. Comme celui de rentrer jeudi, à 21 heures, sur la pelouse grenobloise, en ayant connaissance des résultats de ses adversaires directs dans la course au maintien. A 18 heures, La Rochelle (12e) reçoit Clermont et Agen (13e) accueille le Racing-Métro. "Si l'écart ne dépasse pas 6 points avec La Rochelle jeudi soir, on sera encore dans le coup", prophétise Catinot. Tant qu'il y a de la vie...