Coville, en avance toute !

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Coville, en avance toute !
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Et si Thomas Coville parvenait à faire tomber le record du tour du monde en solitaire ? Passé au Cap Horn avec 660 milles de retard sur le tableau de marche de Francis Joyon, le skipper de Sodebo a, quasiment pour la première fois depuis le départ, pris de l'avance, un écart favorable de 160 milles lundi. Pas de quoi cependant rendre euphorique l'intéressé qui, avec un bateau légèrement handicapé, souffre le long du Brésil.

Et si Thomas Coville parvenait à faire tomber le record du tour du monde en solitaire ? Passé au Cap Horn avec 660 milles de retard sur le tableau de marche de Francis Joyon, le skipper de Sodebo a, quasiment pour la première fois depuis le départ, pris de l'avance, un écart favorable de 160 milles lundi. Pas de quoi cependant rendre euphorique l'intéressé qui, avec un bateau légèrement handicapé, souffre le long du Brésil. Thomas Coville ou le paradoxe du chasseur de records en solitaire ! Alors que, quasiment pour la première fois depuis qu'il a franchi la ligne de départ de son tour du monde devant Ouessant, le skipper de Sodebo est en avance sur le tableau de marche de Francis Joyon (en début de parcours, il avait compté une poignée de milles d'avance, depuis, il a toujours été en retard), c'est d'une humeur bien maussade qu'il a répondu à son équipe à terre lors d'une courte vacation lundi vers 10h30. La cause de ce coup de blues ? Une dépression assez méchante au large du Brésil avec avec du près dans du vent fort et une mer usante pour un trimaran qui, depuis la semaine dernière et un léger choc avec un globicéphale, n'est plus en pleine possession de ses moyens, puisqu'une bonne partie de la crash box protégeant le flotteur tribord a cédé. "Je n'ai pas idée de comment l'aborder, par l'est ou par l'ouest, a-t-il ainsi commenté, c'est la première fois qu'on est dans cette expectative sur une situation météo. Cette dépression, les modèles (météo) ne la sentent pas du tout, ils ne sont pas les seuls.""Je n'ai pas récupéré du tout" Le skipper de Sodebo appréhendait d'autant plus le phénomène que la dépression allait l'obliger à virer de bord pour se retrouver bâbord amure (vent venant de la gauche) et donc à de nouveau solliciter son flotteur abîmé. "Malheureusement, je vais devoir passer en bâbord amure avec l'étrave endommagée, je ne sais pas comment le bateau va se comporter. Ça cogne énormément, je n'arrive pas à comprendre pourquoi la mer s'est formée aussi vite. Déjà hier (dimanche), la houle d'est m'a emmerdé. Là, j'ai une autre houle de nord-est, une grosse mer, et 28 noeuds de vent. Je n'ai aucune idée de comment ça va se passer, je ne sais pas quelle va être l'intensité de la dépression, à quel moment la rotation va avoir lieu. Ce matin (lundi), ce n'est pas la folle ambiance." Au son de sa voix, on sent Thomas Coville pas loin d'exploser, ce qu'il confirme d'ailleurs, mettant cette mauvaise humeur sur le compte de la fatigue: "Je n'ai pas récupéré du tout. L'anxiété que je peux avoir est liée au fait que depuis le Cap Horn, je suis au près dans des conditions pas faciles. Cumulé avec le reste du tour du monde dans les pattes, le moindre truc pas calé fait monter la pression, il y a des moments, on pète... Là, les conditions orageuses sont vraiment faites pour faire péter..." Malgré cela, Sodebo comptait lundi après-midi (45e jour de mer) 160 milles d'avance sur le tableau de marche d'IDEC, il lui faut arriver avant le lundi 28 mars, à 1h40'34" (heure française) pour décrocher un Graal derrière lequel le skipper breton court depuis maintenant cinq ans...