Correa n'abandonne pas

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Correa n'abandonne pas
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Brillant à l'extérieur, Nancy n'a pris que 3 points sur 18 à Marcel-Picot depuis le début de la saison, restant sur une claque infligée par Monaco (0-4). A l'heure de se déplacer à Bordeaux pour le compte de la 13e journée, Pablo Correa, vivement critiqué par l'ancien Lorrain Ouaddou, s'est employé à remobiliser ses troupes à sa manière. Ainsi qu'à éteindre le feu de la rumeur d'une éventuelle démission. Pour le moment.

Brillant à l'extérieur, Nancy n'a pris que 3 points sur 18 à Marcel-Picot depuis le début de la saison, restant sur une claque infligée par Monaco (0-4). A l'heure de se déplacer à Bordeaux pour le compte de la 13e journée, Pablo Correa, vivement critiqué par l'ancien Lorrain Ouaddou, s'est employé à remobiliser ses troupes à sa manière. Ainsi qu'à éteindre le feu de la rumeur d'une éventuelle démission. Pour le moment. Pourtant, Nancy n'est pas relégable. Mais Pablo Correa préfère manifestement prévenir avec fracas que tenter de guérir lorsqu'il sera peut-être trop tard. Défaits lourdement dimanche à Marcel-Picot face à Monaco (0-4), un relégable justement, les Lorrains ont essuyé de sévères remontrances de la part de leur coach, en conférence de presse après le match. "Ce qui est dérangeant, c'est de voir un groupe changer de visage en permanence (...) Ne pas prendre de buts, c'est une volonté, et on n'a pas de volonté. C'est un manque de maturité, une grosse défaillance dans le mental." Désireux toutefois de ne pas laisser ses joueurs seuls responsables de la galère actuelle, le coach uruguayen a aussi évoqué son cas personnel: "C'est peut-être mon message qui ne passe pas auprès des joueurs. Je me pose la question." D'autres se la sont posée dans la foulée, un autre plus précisément: Abdeslam Ouaddou, ancien défenseur de l'ASNL, parti fâché avec Correa l'été dernier (en direction de Lekhwiya, au Qatar), et qui s'est largement répandu dans la presse sur la situation actuelle de Nancy, au micro de RMC par exemple. Et le Marocain n'y a pas été de main morte: "J'appelle à la démission de Pablo Correa. Cela fait deux ans que cela ne fonctionne pas et l'entraîneur se protège en faisant porter le chapeau aux joueurs. Sa gestion humaine et technico-tactique est catastrophique. S'il aime ce club, il doit dire stop. Les supporters et les partenaires en ont marre. Je sais aussi que plus de la moitié du vestiaire ne peut plus le voir..." L'attaque a le mérite d'être claire, nette et précise. Mais les joueurs n'ont pourtant pas profité de l'occasion pour s'engouffrer dans la brèche, restant concentrés sur leur déplacement à Bordeaux. Et solidaires de leur coach. "Je ne crois pas que ce soit un aveu de faiblesse" "Il a trouvé les mots justes pour faire passer son message, indiquait ainsi Julien Féret, lundi sur le site du club. Il a été compris, car il a dit des choses vraies. On doit se mettre minables pour espérer quelque chose à la fin." André Luiz ou Youssouf Hadji n'ont pas dit autre chose, et pas une voix ne s'est élevée dans les rangs des joueurs en place, ni du côté des dirigeants, pour mettre en doute l'avenir de Pablo Correa à la tête de l'ASNL. La rumeur de démission engendrée par ses propos à l'issue de la déroute de dimanche dernier aurait donc été mal interprétée. "Je pense qu'il était tout bêtement loyal de ma part de parler ainsi et je ne crois pas que ce soit un aveu de faiblesse de se dire: il va falloir que la suite soit différente, a confirmé Pablo Correa mercredi, toujours sur le site du club. Retrouver la valeur des choses, la crainte, peut nous aider à cette prise de conscience. Car on manque de maturité à certains endroits." Pour mieux symboliser son durcissement de ton et prouver qu'il n'abandonne aucunement, Correa a programmé trois séances supplémentaires dans la semaine, mardi, mercredi et jeudi après-midi, en plus des habituels entraînements matinaux. Privés de Chrétien (arrêté trois semaines en raison d'un claquage) et de Bakar (élongation à l'ischio-jambier droit) pour ce déplacement à Bordeaux, les Nancéiens peuvent toutefois s'appuyer sur leur bon parcours à l'extérieur depuis le début de la saison pour se rassurer. Si l'ASNL est désastreuse à Marcel-Picot, dernière du classement à domicile avec seulement trois petits points, elle occupe en revanche le troisième rang à l'extérieur avec 11 points - et une unique défaite à Marseille - soit près de 80% de son total jusqu'ici. Si Pablo Correa n'est pas prophète en son pays, il espère au moins continuer à l'être loin de la Lorraine.