Cormier: "On en rêve tous"

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Cormier: "On en rêve tous"
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Arnaud Cormier est sous le charme de cette très vieille dame qu'est la Coupe de France. L'entraîneur du Mans, leader de Ligue 2, n'a pas d'yeux que pour elle, mais il aime son odeur "et tout ce qui va avec". Vainqueur de la Gambardella en 2004, il rêve de "redéplacer les Manceaux au Stade de France". Avant ça, il faudra écarter le PSG, mercredi soir en quarts de finale, au Parc des Princes.

Arnaud Cormier est sous le charme de cette très vieille dame qu'est la Coupe de France. L'entraîneur du Mans, leader de Ligue 2, n'a pas d'yeux que pour elle, mais il aime son odeur "et tout ce qui va avec". Vainqueur de la Gambardella en 2004, il rêve de "redéplacer les Manceaux au Stade de France". Avant ça, il faudra écarter le PSG, mercredi soir en quarts de finale, au Parc des Princes. Arnaud, après Plouzane, Bayeux, Chauvigny, Cherbourg et Nancy, voici le PSG... Il n'y a qu'un point commun: on joue encore à l'extérieur. Tout notre parcours a été fait à l'extérieur... C'était l'un des pires tirages possibles pour nous de devoir se déplacer chez une Ligue 1 et encore plus à Paris, qui joue la tête du championnat et qui en a les moyens, parce qu'ils ont une très grosse équipe. Donc au moment du tirage, on n'était pas très content. A quelle place voyez-vous les Parisiens en fin de saison ? Ils peuvent accrocher un tour préliminaire de Ligue des champions au minimum, ils peuvent rentrer dans les trois. Aller chercher le titre, c'est difficile, il y a un mois de mars qui est très chargé... Si Paris rentre dans les trois, ce sera déjà une grosse performance. Êtes-vous attaché à cette très vieille Dame ? J'aime beaucoup la Coupe de France et tout ce qui va avec. Lorsque vous êtes un club professionnel, se déplacer chez des équipes de DH, amateurs, et toute l'atmosphère qui va avec, ce sont des moments superbes à vivre. On a été extrêmement sérieux sur les matches où on a joué des équipes moins bien classées, on a joué un bon coup à Nancy... Maintenant, aller gagner au Parc, il n'y a pas beaucoup d'équipes de Ligue 1 qui ont réussi à le faire (ndlr, Bordeaux et Auxerre) donc la tâche est difficile. On aurait préféré recevoir Paris et avoir un stade derrière nous qui nous pousse, pour réduire l'écart entre les deux équipes. La Coupe de France est-elle devenue une priorité ? Lorsque vous arrivez en quart de finale, vous vous dites que vous avez fait un parcours déjà très bon et qu'il faut essayer de le poursuivre le plus loin possible. Après, l'objectif prioritaire du Mans, comme celui de Paris, c'est de finir le plus haut possible en championnat. Vous jouez le championnat à fond et la Coupe arrive à des moments différents: nous, on l'a démarrée sur des week-ends où il n'y avait pas de compétition, maintenant c'est en milieu de semaine donc on essaie de jouer avec nos effectifs. Mais, et c'est le point commun que l'on a avec Paris, on ne peut pas tirer sur des joueurs cadres, de risque de les perdre pour le championnat. Chaque équipe est obligée de faire tourner un petit peu. "Déplacer les Manceaux au stade de France, ce serait un moment inoubliable" La blessure de votre gardien titulaire, Didier Ovono, a-t-elle un gros impact ? Makaridze aurait joué de toute façon parce que j'ai passé un deal avec lui: s'il bossait bien, qu'il progressait et que Didier était amené à faire tous les matches de championnat comme il l'a fait depuis le début, Maka pourrait avoir l'opportunité de montrer sa progression sur les matches de Coupe. Il n'avait aucune garantie de ma part, mais c'est son travail et la saison comme elle se déroule qui peuvent lui donner l'opportunité de s'exprimer. C'est bien... C'est le cas pour Makaridze, c'est le cas pour d'autres jeunes aussi. Vous allez retrouver Yves Bertucci, un ancien de la maison, aujourd'hui adjoint d'Antoine Kombouaré... Avec Yves, on a travaillé longtemps ensemble. Il m'a fait confiance en me confiant les 18 ans nationaux. A l'époque, on a structuré ensemble la formation du Mans et on l'a mise en place à un moment donné où il y avait beaucoup, beaucoup de travail. On s'est retrouvé après, au niveau de l'équipe professionnelle, avec moins de réussite en terme de résultats mais sur une période du club très délicate. C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup, c'est quelqu'un de très compétant, d'honnête. Je suis content qu'il ait pu rebondir à Paris, qu'il puisse faire son job comme il le fait aujourd'hui. Chacun est dans sa course contre la montre de chaque saison, mais on arrive à se parler de temps en temps et on s'envoie quelques messages. Quand on vise la montée en Ligue 1, peut-on jouer à fond la Coupe de France ? Ce qui est paradoxal, c'est que sur les saisons de Ligue 1 où on a joué des milieux de tableau, s'il y avait eu le parcours que l'on vit aujourd'hui en Coupe, on l'aurait joué à 2000% parce qu'il n'y avait pas d'autre objectif. Aujourd'hui, on se retrouve avec un parcours que le club n'a pas réussi depuis très longtemps mais, en même temps, avec un objectif énorme en championnat. Il y a une volonté de réussir quand même cette compétition, mais une prudence par rapport à notre but prioritaire qui est la remontée. Vous souvenez-vous de la demi-finale perdue à Sedan en 1999 (3-4 a.p.) ? Ça remonte un petit peu... J'étais dans les tribunes, j'étais jeune, je m'étais déplacé avec les supporters, je venais d'intégrer le club en tant qu'éducateur à ce moment-là. C'est un engouement que peut susciter cette compétition, on en rêve tous. J'ai emmené quelques Manceaux au stade de France avec la Gambardella. A ce moment-là, on ne se rendait pas compte de la difficulté de pouvoir réaliser un parcours comme celui-là, alors la gagner... Il y avait eu un petit peu de monde pour venir nous soutenir et c'est sûr qu'il faudrait le réussir avec l'équipe première un jour, pour pouvoir véritablement déplacer les Manceaux au stade de France. Ce serait un moment inoubliable. "J'aime cet esprit qui rapproche les professionnels et les amateurs" En parlant de la Coupe Gambardella, avez-vous suivi le parcours de ce petit club sarthois, Guécélard (DH), qui s'est hissé jusqu'en seizièmes de finale ? Je suis allé les voir et les encourager contre Lille au tour précédent (ndlr, victoire 1-0), leur dire que ce sont des moments uniques, qu'il faut jouer et ne pas être observateur ou inhibé. C'est très bien, ça a permis à d'anciens joueurs de chez nous aussi de pouvoir faire ce parcours, peut-être qu'ils n'auraient pas pu le faire avec Le Mans... Ils l'ont fait avec Guécélard, ils sont allés aussi loin que nous puisqu'on est tombé au même moment. C'est la Coupe de France des jeunes, avec tous ses petits poucets qui sont médiatisés. Pour nous, c'était Guécélard, c'était à côté de chez nous. J'ai trouvé ça très bien de pouvoir renouer des contacts avec les éducateurs de là-bas, qui m'ont envoyé leur résultat contre Troyes (ndlr, défaite 5-0) quand je revenais du match de Paris dimanche. C'est ça la Coupe, la Gambardella, la Coupe de France: il y a des amateurs, des professionnels, on se retrouve tous dans le même truc, on y va ensemble, on se soutient ensemble... C'est vrai que j'aime bien cet esprit-là qui rapproche les professionnels et les amateurs. Qu'avez-vous pensé alors du match de Paris contre Toulouse (2-1)? Il y a beaucoup de confirmations: il y a des joueurs de très haut niveau, capables de faire basculer des matches à tout moment. C'était intéressant de revoir le rythme et les impacts athlétiques qui sont différents. J'ai trouvé Paris solide et maîtrisant globalement bien son match, même s'il y a quelques frayeurs à la fin. On sent que, même sur un match de Ligue 1, ils ont un peu de marge par rapport à un adversaire comme Toulouse, donc ils doivent en avoir un petit peu par rapport à nous aussi. Un mot sur votre situation en Ligue 2, où vous restez sur une défaite et un nul ? Je n'ai pas aimé notre match à Boulogne (ndlr, défaite 1-0). On sortait de trois victoires consécutives et on est allé à Boulogne sans jouer, en subissant la pression de l'adversaire, une équipe courageuse. C'est un match décevant même si on aurait pu revenir avec un nul logique. Ce qui m'ennuie la semaine dernière, c'est le match de Boulogne. Le match de Sedan (ndlr, nul 1-1) a été bon, on a cherché à le gagner jusqu'au bout, on a joué une bonne équipe, on a beaucoup d'occasions... On aurait pu se faire contrer mais on a cherché à le gagner, à construire notre victoire, et parfois vous n'avez pas la réussite offensive qui vous permet de gagner. Ça arrive... Ce que je ne veux pas revoir, c'est la contre-performance que l'on a eue à Boulogne.