Contador: "Si j'avais pu attaquer..."

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Contador: "Si j'avais pu attaquer..."
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C'est souriant et décontracté qu'Alberto Contador s'est adressé à la presse ce lundi dans le luxueux cadre du château de Rochegude, dans la Drôme. L'Espagnol, 7e du classement général à 4' de Thomas Voeckler, semble bien avoir repris du poil de la bête. Il affirme se sentir de mieux en mieux et croire en des jours meilleurs dans les Alpes. La victoire à Paris reste sa priorité et assure qu'il attaquera s'il en a les moyens.

C'est souriant et décontracté qu'Alberto Contador s'est adressé à la presse ce lundi dans le luxueux cadre du château de Rochegude, dans la Drôme. L'Espagnol, 7e du classement général à 4' de Thomas Voeckler, semble bien avoir repris du poil de la bête. Il affirme se sentir de mieux en mieux et croire en des jours meilleurs dans les Alpes. La victoire à Paris reste sa priorité et assure qu'il attaquera s'il en a les moyens. Alberto Contador a retrouvé le moral et le Tour de France le soleil. C'est dans un climat espagnol que le triple vainqueur de la Grande Boucle s'est exprimé, lundi matin, devant un parterre de journalistes venus aux nouvelles comme on va consulter le médecin. Ceux qui avaient émis il y a quelques jours des doutes sur la volonté du Madrilène à poursuivre la course ont de quoi être rassurés. Contador, septième du classement général au terme des deux premières semaines de course, est concentré sur l'objectif. Lequel ? "Je vais tout faire pour gagner ce Tour de France, assure-t-il. C'est un grand défi, mais pas le plus grand de ma carrière. C'est surtout une situation nouvelle pour moi." En retard sur tous les candidats au maillot jaune à Paris, le grimpeur de la Saxo Bank est dans la situation du chasseur. Problème, il n'a pas repris de temps lors de la traversée des Pyrénées, pire, il a même concédé quelques secondes aux Schleck, à Evans et Basso dans les derniers lacets de Luz-Ardiden. "Ma douleur au genou m'a gêné dans les Pyrénées, avance le protége de Bjarne Riis. Je ne pouvais pas pédaler naturellement. Mais ça va de mieux en mieux. Je reste confiant, je pense que je serai meilleur dans les Alpes." Une condition sine qua none pour inscrire une quatrième fois son nom au palmarès. Et l'Espagnol de réfuter la thèse selon laquelle il aurait caché son jeu dans le premier massif montagneux. "Si j'avais pu attaquer, si j'avais eu les jambes pour le faire, je l'aurais fait, lâche-t-il. Parce que j'ai du temps à reprendre et parce que c'est ma façon de courir.""Je ne mets pas Voeckler au même niveau qu'Evans" Moins aérien que d'habitude dans les premiers cols, Contador semble payer tout autant les séquelles de ses chutes que sa participation au Tour d'Italie qu'il a remporté fin mai pour la deuxième fois. "Faire le Giro n'a pas été la meilleure préparation pour le Tour, concède celui qui n'a su que tardivement qu'il pourrait prendre le départ de l'épreuve en Vendée (sa participation étant en partie liée à l'audience du Tribunal arbitral du sport, finalement fixée au mois d'août, concernant son contrôle positif au clenbutérol lors du Tour 2010, nldr). Je n'ai aujourd'hui pas le même niveau, c'est certain. Je ne suis pas dans le même état de fraîcheur." Jusque-là incapable de passer à l'offensive quand la route s'est élevée, El Pistolero sait que le temps qui passe ne joue pas en sa faveur. "Il reste trois jours importants dans les Alpes, annonce le grimpeur de Pinto. J'espère que les jambes répondront bien. Ce qui est sûr, c'est que je ne veux pas arriver à Paris avec le regret de ne pas avoir essayé. Vu ma situation au classement général, je ne peux laisser passer aucune occasion. Les deux gros morceaux seront les étapes du Galibier et de l'Alpe d'Huez. Il y aura la possibilité de faire des écarts." Relégué à environ deux minutes des frères Schleck et de Cadel Evans, Contador doit réussir à reprendre au moins la moitié aux Luxembourgeois et la totalité sur l'Australien s'il veut conserver une chance avant le contre-la-montre de Grenoble (42.5 km). Si je n'avais pas perdu de temps à cause de la chute le premier jour (il avait concédé 1'20" sur les favoris, ndlr) je serais dans une bonne position pour gagner", regrette l'intéressé. Et quid de l'actuel maillot jaune. "Voeckler n'est pas mon favori n°1 pour la victoire, avoue-t-il, mais il est un candidat sérieux. Il est dans la forme de sa vie. Il l'a prouvé dans les Pyrénées. Mais je ne le mets pas au même niveau que Cadel Evans. Dans les Alpes, il suivra dans l'étape de Pinerolo. Mais il pourrait perdre du temps dans les deux autres." Si lui parvient enfin à attaquer sans doute. Mais Contador demeure une énigme sur ce Tour. Ce qui, pour le suspense, ne gâche rien.