Contador sème la pagaille

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Contador sème la pagaille
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Alberto Contador, attentiste dans les Pyrénées, est passé à l'offensive pour l'entrée du peloton dans les Alpes. Sur la route de Gap, lors de la 16e étape du Tour de France, l'Espagnol a distancé les frères Schleck dans l'ascension du col de Manse, mais il a emmené Cadel Evans sur son porte-bagage. L'Australien a sans doute fait la meilleure opération de la journée. Thomas Voeckler reste en jaune.

Alberto Contador, attentiste dans les Pyrénées, est passé à l'offensive pour l'entrée du peloton dans les Alpes. Sur la route de Gap, lors de la 16e étape du Tour de France, l'Espagnol a distancé les frères Schleck dans l'ascension du col de Manse, mais il a emmené Cadel Evans sur son porte-bagage. L'Australien a sans doute fait la meilleure opération de la journée. Thomas Voeckler reste en jaune. En position de réaction dans les Pyrénées, Alberto Contador est passé à l'action dès les premiers contreforts des Alpes. Obligé de tenter quelque chose pour combler l'écart qui le sépare des frères Schleck et de Cadel Evans au classement général, le coureur espagnol a retrouvé son coup de pédale pour mettre le bazar dans le groupe des favoris dans l'ascension du col de Manse, unique difficulté de la 16e étape du Tour de France entre Saint-Paul-Trois-Châteaux et Gap. Suivi par Cadel Evans et Samuel Sanchez, le leader de la formation Saxo Bank a rallié l'arrivée, après onze kilomètres de descente sur une route détrempée, avec 1'06" d'avance sur Andy Schleck, le grand perdant de la journée. Sans doute avait-il préparé son coup. Contador savait qu'en prenant un peu de marge au sommet du col de Manse, il pourrait profiter des piètres qualités de descendeur du cadet des frères Schleck pour lui prendre du temps. C'est exactement ce qu'il s'est passé. Debout sur les freins, le Luxembourgeois a laissé filer son grand rival, tandis que son frère Frank terminait dans le groupe maillot jaune de Thomas Voeckler, à 18 secondes de Contador. L'offensive du Madrilène est en tout cas le premier signe d'un physique qui recouvre la totalité de ses moyens. Gêné par une douleur au genou, après ses chutes de la première semaine, il avait traversé les Pyrénées en souffrance. C'est désormais en attaquant qu'il aborde les Alpes, massif décisif pour la victoire finale à Paris. Evans devient le favori n°1 Alors oui, Contador a repris du temps, oui il a de nouveau des jambes, mais pour porter le maillot jaune sur les Champs-Elysées, il devra se débarrasser d'un autre problème, celui posé avec de plus en plus d'insistance par Cadel Evans. Dans son style caractéristique, l'Australien réalise pour le moment la course parfaite. Dans une position d'attente dans les Pyrénées, autorisée par sa place au classement général et ses aptitudes présumées en contre-la-montre, meilleures que celles des frères Schleck, le leader de la BMC a d'abord réagi à l'attaque de Contador dans le col de Manse, avant de prendre quelques distances dans la descente vers Gap. Evans a fini par couper la ligne avec trois secondes d'avance sur l'Espagnol. Une broutille peut-être, mais c'est un signe fort. Le favori n°1, c'est bien lui. Désormais deuxième du classement général, à 1'45" de Thomas Voeckler, Evans n'a pas connu la moindre défaillance depuis le début du Tour. Deuxième à Paris en 2007 et 2008, l'Australien, champion du monde en 2009 à Mendrisio, n'a jamais été aussi près de remporter sa première Grande Boucle. Toujours en jaune, Voeckler, lui, a d'abord répondu aux attaques de Contador: "J'ai tenté de réagir lors de sa première attaque. Sur la deuxième, je n'y arrivais plus, donc j'ai laissé les autres rouler, mais il était déjà parti avec Evans et Sanchez. L'une des rares choses qui me rassure aujourd'hui, c'est de voir que je n'ai pas été le seul à coincer." Andy Schleck peut en témoigner...