Contador n'y est pas

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Contador n'y est pas
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Alors qu'Alberto Contador devait attaquer jeudi à l'occasion de la première étape de montagne du Tour de France pour rattraper une partie de son retard concédé lors de la première semaine, l'Espagnol a perdu plusieurs secondes sur ses principaux rivaux dans la montée finale vers Luz-Ardiden et au premier rang desquels les frères Schleck. La victoire d'étape est revenue à Samuel Sanchez, alors que Thomas Voeckler conserve le maillot jaune.

Alors qu'Alberto Contador devait attaquer jeudi à l'occasion de la première étape de montagne du Tour de France pour rattraper une partie de son retard concédé lors de la première semaine, l'Espagnol a perdu plusieurs secondes sur ses principaux rivaux dans la montée finale vers Luz-Ardiden et au premier rang desquels les frères Schleck. La victoire d'étape est revenue à Samuel Sanchez, alors que Thomas Voeckler conserve le maillot jaune. Le contraste est saisissant. Le 15 mai dernier, Alberto Contador avait assommé le Giro dès la première ascension en s'imposant avec près d'une minute d'avance sur ses principaux rivaux au sommet de l'Etna. Deux mois plus tard, le 14 juillet, jour de la première étape de montagne du Tour de France dans les Pyrénées, l'Espagnol semble bien loin de son meilleur niveau. Après une première semaine très compliquée au cours de laquelle il avait perdu 1'20'' sur les autres prétendants à la victoire finale en chutant dans le final de la première étape, le leader de la Saxo Bank-Sungard a de nouveau perdu de précieuses secondes sur les frères Schleck, Cadel Evans, Ivan Basso et Damiano Cunego dans les derniers virages de la montée vers Luz-Ardiden. Le triple vainqueur de la Grande Boucle est plus que jamais au pied du mur, alors que la forme semblait peu à peu revenir. Mais le Castillan n'a pu que subir la course dans une journée au cours de laquelle les favoris ont mis longtemps à se découvrir. Ce qui n'a pas été le cas de six coureurs partis dès le kilomètre zéro en dépit du copieux menu du jour, avec trois cols au programme: Laurent Mangel (Saur-Sojasun), à l'initiative de l'offensive, Jérémy Roy (FDJ), Ruben Perez Moreno (Euskaltel), José Ivan Gutierrez (Movistar), Geraint Thomas (Sky) et Blel Kadri (AG2R). Une échappée qui va compter jusqu'à neuf minutes d'avance avant le premier col du jour, La Hourquette d'Ancizan, situé à 70 kilomètres de l'arrivée. Dès les premières pentes de cette ascension classée en première catégorie, deux rescapés des chutes de la première semaine, le maillot à pois Johnny Hoogerland et le champion de France Sylvain Chavanel passent à l'attaque, bientôt rejoints par Roman Kreuziger, qui a perdu toutes ses ambitions au général lors de la première semaine (130e à 52'13'' du maillot jaune jeudi matin). Chavanel et Hoogerland tentent leur chance Au sommet de cette première difficulté du jour, le Tricolore et le Tchèque, débarrassés du Néerlandais qui n'a pas pu suivre leur rythme dans la montée, passent avec 3'55'' de retard sur le groupe de tête. Une échappée dans laquelle Geraint Thomas se fait une grosse frayeur dès les premiers virages de la descente en partant à deux reprises à la faute. Rendue glissante par la pluie, la chaussée joue aussi un vilain tour au maillot jaune Thomas Voeckler, victime d'une chute sans gravité dans le même virage à l'avant du peloton, qui est passé au sommet avec 5'44'' de retard. Deux des coéquipiers du leader d'Europcar, ainsi qu'Andreas Klöden, se retrouvent aussi à terre, mais finissent par repartir et à retrouver le peloton en bas de la descente. Dans les premières pentes du Tourmalet, le Team Leopard-Trek se met en ordre de bataille à l'avant du peloton. Un durcissement de la course fatal à Hoogerland, rattrapé puis lâché par le peloton, au maillot blanc Robert Gesink, puis au dernier vainqueur de Paris-Nice Tony Martin (HTC-Highroad). Après avoir lâché Chavanel, Kreuziger revient peu à peu sur les échappés, mais Jérémy Roy et Geraint Thomas passent en tête au sommet du Tourmalet, devant Kadri et Moreno toujours intercalés, et avec plus de deux minutes d'avance sur le coureur d'Astana, qui a coincé dans les derniers kilomètres, et plus de trois minutes sur le groupe des favoris et du maillot jaune, pas encore mis en danger. Contador ne panique pas Alors que tout le monde s'attend à assister à une grande explication lors de la montée vers Luz-Ardiden, Philippe Gilbert choisit de prendre les devants en accélérant dans la descente et attaque l'ascension dans un groupe intercalé en compagnie notamment de Samuel Sanchez (Euskaltel-Euskadi), Christophe Riblon (AG2R La Mondiale), Laurens Ten Dam (Rabobank) et Yuri Trofimov (Katusha). Mais ce groupe explosera rapidement, seul l'Espagnol Sanchez, en compagnie du Belge Jelle Vanendert (Omega Pharma-Lotto), parvenant à revenir puis à lâcher les deux hommes de tête, avalés par le groupe des favoris, réduit à moins de vingt unités, sous l'impulsion du coéquipier polonais d'Ivan Basso, Sylvester Szmyd (Liquigas-Cannondale). Ce n'est qu'à moins de quatre kilomètres de la ligne d'arrivée que les Schleck lancent les hostilités. Andy est le premier a se porter vers l'avant pour tester les forces en présence, rapidement relayé par Frank, qui insiste à trois reprises avant de réussir à partir seul sans vraiment puiser dans ses réserves. A l'arrivée, Samuel Sanchez s'impose en solitaire avec sept secondes d'avance sur Vanendert, dix secondes sur Frank, trente sur Basso, Evans et Andy, 35 sur Cunego et 43 sur Contador qui concède donc 33 secondes à l'aîné des Schleck et 13 à son cadet. Pas de quoi s'affoler pour autant pour l'Espagnol qui préfère rester positif: "Ils ont attaqué car ils se sentaient plus forts. Sur la fin, je n'ai pas réussi à garder un gros développement, mais je suis quand même satisfait. Jour après jour, j'irai de mieux en mieux". Arrivé avec cinquante secondes de retard sur le vainqueur du jour, Thomas Voeckler, accompagné de son coéquipier Pierre Rolland, conserve de son côté le maillot jaune. Une tunique qui semble aujourd'hui bien loin d'Alberto Contador.