Collet: "il y a de l'espoir"

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Collet: "il y a de l'espoir"
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BASKET - Vincent Collet est persuadé que les Bleus peuvent s'imposer face à la Turquie.

BASKET - Vincent Collet est persuadé que les Bleus peuvent s'imposer face à la Turquie. Vincent, comment allez-vous faire pour rebondir après cette défaite évitable contre la Nouvelle-Zélande ? Déjà, on change de phase dans la compétition puisque la Nouvelle-Zélande, c'était le dernier match de poule alors que maintenant on passe sur les matches à élimination directe. Le match raté de jeudi nous précipite dans les bras de la Turquie. Mais ça reste une équipe de basket et un match à jouer. On sait que ça va être compliqué mais il y a de l'espoir. Il faut d'abord essayer de se remobiliser d'ici dimanche pour aborder au mieux cette rencontre. Les Turcs ont jusque-là bien limité leurs adversaires, nous on a des problèmes d'attaque. Ce sont des choses sur lesquelles on va travailler pour les repousser dans leurs derniers retranchements. Comment faire ? Le décrassage a déjà permis d''effacer certaines déceptions et frustrations. On sait que la Turquie est une équipe très grande, très difficile à bouger. Bogdan Tanjevic (le sélectionneur de la Turquie, ndlr) utilise cet atout à l'excès et fait beaucoup de défense de zone. Il dissout le problème que pourrait être la grande taille de ses joueurs par la zone. Il va falloir qu'on soit capable d'attaquer face à ça et qu'on réponde au défi physique, même s'ils sont plus lourds que nous, pour fermer notre raquette. Le contexte sera aussi défavorable avec près de 20.000 supporters turcs dans la salle. Allez-vous préparer vos joueurs à ça ? C'est difficile de les préparer à ce genre de choses. On a quand même travaillé sur quelques détails comme les annonces: ne rien faire à la voix, tout au signe, limiter nos formes de jeu pour qu'elles soient reconnaissables et qu'elles limitent les problèmes de communication entre les joueurs. Ce sont des petits artifices qu'on va essayer de peaufiner d'ici là. Après, il faudra qu'on soit guerrier au maximum et que le groupe arrive à rééditer la performance qu'on a pu faire contre l'Espagne. Serez-vous revanchards par rapport aux deux matches que vous venez de produire ? Il ne faut pas confondre les deux. Contre la Lituanie, on a très bien commencé jusqu'à la A5e minute. Mais, à un moment donné, on a été confronté à un problème tactique qu'on n'a pas su résoudre. On n'a pas trouvé les armes sur le terrain pour se défaire de cette défense "match up" assez collante. La défaite face à la Nouvelle-Zélande est plus dommageable parce qu'on n'avait pas l'attitude requise pour un match de cette envergure là. On a malgré tout bien réagi mais ce qu'on n'a pas fait au début, on l'a payé jusqu'au bout. "Mais ça ne me parait pas du tout impossible" Mickaël Gelabale a parlé jeudi soir d'un manque de motivation chez certains joueurs. L'avez-vous ressenti de la même manière ? Il a parlé à chaud, sous le coup de l'émotion, ce qu'il faut éviter de faire. Vous avez profité de la situation, c'est votre métier et c'est normal... Je ne sais pas si c'est un manque de motivation mais peut-être que tout le monde n'a pas mesuré l'enjeu de ce match. La fatigue a aussi pesé un peu et a certainement contribué au fait qu'on a lâché. Il y a aussi eu quelques vifs échanges sur le terrain, des remises en place. Chose qu'on n'avait pas vue avant... On ne l'avait pas vue parce qu'il n'y en avait pas eu. Avec la frustration et la fatigue, ce sont des choses qui arrivent souvent sur un terrain et ça nous a sans doute pénalisés. Parmi les choses qu'il faudra travailler d'ici dimanche, il y a ça. Il faudra qu'on y aille tous en ordre de marche. Mais ça ne me parait pas du tout impossible. Un mot sur Ali Traoré, qui n'est pas bien. Comment allez-vous gérer son cas ? On va en parler avec lui. Mais il faut qu'on soit tous dans la même direction et qu'il fasse des efforts. Il faut qu'il arrive à oublier ses difficultés personnelles. Ça arrive toujours dans une campagne qu'un joueur soit en-dessous du niveau auquel on l'attendait. Mais pour que ça ait des effets moindres, il doit passer au-dessus de ça et donner toute son énergie à l'équipe. Là, il veut bien faire mais il veut tellement se reprendre qu'il se concentre trop là-dessus et pas assez sur l'équipe. Est-il en marge du groupe ? Non, c'est un problème de basket. Ali est un joueur talentueux, il n'est pas habitué à ne pas meyttre ses paniers et ça lui prend la tête. C'est encore un jeune, je ne suis pas surpris que ça le frustre à ce point là. Mais pour grandir il doit apprendre à gérer ces périodes là. On ne peut pas toujours être au sommet de sa forme. Il doit trouver le moyen de se rendre utile à l'équipe. Après, il ne faut pas non plus exagérer. Il ne faut pas en faire un cas à part. "On s'est mise dans une situation compliquée, maintenant il faut essayer d'en sortir" Reste qu'il y a encore des problèmes de fixation à l'intérieur. Face aux grands gabarits turcs, ça risque d'être compliqué... Pour l'instant, personne n'a réussi à jouer intérieur contre la Turquie. On va essayer de trouver des solutions. Cela dit, on a marqué plus de points dans la raquette que tous nos adversaires. Sur le dernier match, au-delà du scoring, c'est vrai que c'est surtout la fixation qui nous a fait défaut. Mais le problème est plus global, il ne concerne pas que les joueurs qui occupent le poste. Contre la Turquie, il faudra que la balle aille dans la raquette mais pas forcément pour finir l'action. Il ne faut surtout pas qu'on fasse du handball. N'avez-vous pas peur que certains aient complètement lâché mentalement au niveau de l'engagement ? Il n'y a pas de raison. On s'est qualifié contre le Canada après seulement trois matches et la rencontre la plus passionnante est celle qui vient dimanche. On voulait se qualifier, ce n'était pas évident. Ceux qui étaient à Lyon (lors du tournoi de Villeurbanne en préparation, ndlr) ont vu qu'on n'était pas plus confiants que ça. On a eu le bonheur de faire un début de Mondial qui a surpris tout le monde, vous les premiers. Moi, j'avais pris des pincettes parce que je ne crois pas aux miracles. Mais je suis persuadé que si le groupe se remobilise et fait le chemin en sens inverse, il peut montrer un autre visage que celui affiché contre les Tall Blacks. Alors oui, le match qui vient sera très compliqué. Sur le papier, on a très peu de chances. A nous de repousser les Turcs le plus loin possible en sachant qu'ils auront la pression chez eux. Ça nous laisse peut-être une fenêtre. A nous de nous y engouffrer. Vous y croyez ? Oui, je ne désespère pas d'y arriver. On s'est mise dans une situation compliquée, maintenant il faut essayer d'en sortir. Ça passe par un travail de précision, en particulier au niveau de leur défense. Il faut qu'on soit cohérent en attaque, qu'on limite les pertes de balle sinon on va souffrir avec leurs contre-attaques. En plus, ils sont portés par une adresse de loin infernale. Ne faut-il pas un vrai leader dans cette équipe pour y arriver ? Depuis le début de la préparation, Boris avait assumé ce rôle là à plein. Il s'était vraiment investi de manière importante. J'étais d'ailleurs très content de la façon dont il relayait les informations du staff. C'est vrai que dernière, ça a été un peu plus compliqué. Mais il a été abattu à l'image des autres joueurs. Moi franchement, je ne m'y attendais pas. Je pensais qu'on allait réagir après la Lituanie.