Cleveland-LeBron, le désamour

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Cleveland-LeBron, le désamour
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NBA - Un fan de LeBron James a été expulsé du stade de base-ball des Indians.

NBA - Un fan de LeBron James a été expulsé du stade de base-ball des Indians. Des "Kick him out ! Kick him out !" ("Virez-le, virez-le") suivis de sonores "Asshole, asshole" ("Conn***, conn***"). Nous sommes dans la sixième manche du match de base-ball entre les Indians et les New York Yankees (0-8) au Progressive Field de Cleveland, mercredi soir, lorsque la police débarque dans les gradins. Une bonne centaine de supporters des Indians – au bas mot - s'en prennent à un spectateur. Son tort : porter un maillot n°6 du Heat de Miami, celui de LeBron James, et plus encore, d'en être fier. Reconduit par la police à la sortie du stade ''pour sa propre sécurité'', l'homme qui n'avait pas froid aux yeux a continué d'exhiber son maillot, laissant même sa copine régler ses comptes avec un spectateur... Regardez les images de cette sortie mouvementée : Oui, être fan de LeBron James n'est plus très bien vu à Cleveland. Le 7 juillet dernier, le double meilleur joueur sortant de la NBA a choisi de quitter les Cavaliers pour rejoindre le Miami Heat. L'expulsion de mercredi illustre à merveille la rancoeur que la ville nourrit à l'égard de son ancien enfant chéri. Dès le lendemain de "The decision", le propriétaire des Cavaliers s'était fendu d'un communiqué de presse cinglant, présentant LeBron James comme un traître. Cette notion de trahison est partout dans Cleveland. Dans son excellente chronique signée pour Sports illustrated, Joe Posnanski raconte les tee-shirts, chapeaux, poupées, siglés "F*** Lebron" vendus ici ou là. L'un des slogans dit ceci : "Born here, raised here, played here, hated here" (Né ici, élevé ici, a joué ici, haï ici)... Mais pourquoi tant de haine ? A Cleveland, ville la plus pauvre des Etats-Unis selon le magazine Forbes, LeBron James faisait figure d'anticyclone permanent. Alors, forcément, les gens n'ont pas aimé la mise en scène du départ de "l'Elu" sur NBC. Ils ont vu l'enfant d'Akron, dans la banlieue de Cleveland, annoncer sur un média national qu'il quittait la franchise qui l'a fait Roi et la région qui l'a vu naître pour les sunlights de Miami. Aveuglés par leur passion, les fans des Cavs oublient un peu vite que LeBron James, deux titres de MVP, 28 points, 7 rebonds et 7 passes de moyenne, les a régalés pendant sept ans, réinstallant Cleveland sur la carte des Etats-Unis. Qui a bien aimé châtie bien. A Cleveland plus qu'ailleurs, cette version légèrement modifiée du dicton prend tout son sens.