Clermont rêve un peu

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Clermont rêve un peu
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Menés à la pause sur leur pelouse de Marcel-Michelin par une jeune garde du Racing décomplexée, les champions de France clermontois ont préservé vendredi l'espoir d'une qualification pour les quarts de finale de la H Cup, en signant après le repos une victoire bonifiée (28-17) contre des Ciel et blanc privés de leurs stars. L'ASM revient du même coup en tête de la poule 2 à hauteur du Leinster, opposé samedi aux Saracens.

Menés à la pause sur leur pelouse de Marcel-Michelin par une jeune garde du Racing décomplexée, les champions de France clermontois ont préservé vendredi l'espoir d'une qualification pour les quarts de finale de la H Cup, en signant après le repos une victoire bonifiée (28-17) contre des Ciel et blanc privés de leurs stars. L'ASM revient du même coup en tête de la poule 2 à hauteur du Leinster, opposé samedi aux Saracens. Autant le dire tout de suite, Clermont peut bien avoir fait le plein aux dépens de ce Racing-bis (28-17), on ne va pas pour autant déjà imaginer l'ASM venir coiffer le Leinster sur le poteau dans une semaine. Même rejointe par les champions de France en tête de cette poule 2, la province irlandaise garde la main et on la voit mal trébucher dès ce samedi, sur sa pelouse de Dublin, face à des Saracens déjà éliminés. Et quand bien même lui faudrait-il valider son billet lors de la dernière journée dans une semaine, le Racing de Berbizier aura d'autres chats à fouetter que de filer un coup de main aux Clermontois en signant l'exploit face à O'Driscoll et consorts. Pourtant, ces doublures des Racingmen ont prouvé qu'ils n'avaient rien de faire-valoir, capables de mener à Marcel-Michelin à la pause (7-10). Mais il suffisait dans la foulée d'écouter Aurélien Rougerie, interrogé au micro de Canal+ Sport, faire l'analyse froide et brutale de la prestation de son équipe pour comprendre que personne ne se berce d'illusions à Clermont, à commencer donc par le capitaine, dont c'était le retour: "C'est un sentiment partagé, soulignait l'international. On est content de ce qu'on a pu faire en seconde période, avec de belles entrées en jeu, mais on avait du mal en première à manoeuvrer un Racing bien organisé. On a trouvé des solutions dans l'axe avec les avants qui ont fait un gros match, on est satisfait d'avoir trouvé des solutions face à une bonne défense ce soir. C'est la victoire du collectif, c'est ce qui est satisfaisant." Pour le reste, une fois encore, Clermont a déjoué avant de jouer... Chabal au soutien... sur Twitter "Ils sont bien entrés dans le match. Allez !" Un coup d'envoi réceptionné sur un en-avant de Ti'i Paulo et un geste d'antijeu de Julien Bonnaire: l'entame de match de l'ASM, commentée sur Twitter, a de fait de quoi réjouir Sébastien Chabal devant sa télé. Les champions de France, s'ils avaient l'intention de lever les doutes, n'y sont pas et ce n'est que logique de voir Hernandez ouvrir le score (0-3, 7e). Les intentions sont là, mais l'exécution laisse à désirer entre maladresses et autres imprécisions. Les doublures du Racing, dans ces conditions, ne s'en laissent pas conter et déroulent une copie propre et appliquée: cela suffit à enfoncer une défense qui, à la première accélération, craque et offre le premier essai à la charge du troisième ligne sud-africain Le Roux. Sous les sifflets de Michelin, Hernandez transforme et le Métro s'envole (0-10, 17e). Le malaise se fait de plus en plus palpable au fil des minutes côté clermontois, où les munitions se font rares, pour même devenir quasi inexistantes. La volonté de réagir existe pourtant bel et bien. Cette pénalité dans les cordes de James non tapée en dit long et, surtout, aboutit à l'essai de Canale sous les poteaux (7-10, 26e). Un champion qui donne soudain l'impression d'être à nouveau sûr de sa force ! Sensation fugace. Si Senio est pétri de bonnes intentions, le demi de mêlée néo-zélandais n'a pas le pep d'un Parra, diminué par une mauvaise fièvre et qui garde le banc, pour concrétiser ce bref temps fort clermontois (31e). Dix minutes jouées en supériorité numérique, suite au carton jaune reçu par Galindo, n'offrent pas plus de garanties et l'ASM, de nouveau assoupie, rentre aux vestiaires menée au score (7-10). Sans compter six points égarés en route par Hernandez (13e, 20e). A la pause, Vern Cotter, le visage plus marqué que jamais, réclame de chercher l'axe. Message entendu par ses avants, qui emmènent le cuir au pied des perches, où James perd le ballon au contact sans pouvoir servir son capitaine Rougerie, qui piaffait au soutien (44e). Un tournant puisque dans la même minute, Senio, touché à la cheville, cède sa place à Parra, tandis que le Racing joue à nouveau à quatorze. Mais Clermont a désormais un axe de conduite et s'y tient, à l'image du nouveau rentrant Debaty, derrière lequel James fixe et envoie son pilier Domingo à dame. Pour la première fois, l'ASM passe devant (14-10, 56e) et fait même mieux grâce au troisième essai de White, toujours selon la même philosophie (21-10, 62e). La jeune garde francilienne plie, tente bien de résister sur cet essai en contre du jeune arrière Jané (21-17, 64e), mais la machine jaunarde est lancée et Rougerie apporte le bonus offensif comme un symbole, sur un service au pied le long de la touche de Parra (28-17, 73e). "Pas de supputations inutiles, on ne trace pas de plan sur la comète". Rougerie botte en touche, au moment d'évaluer si les chances de qualification de son équipe ont repris des couleurs à la faveur de ce succès. Pour Clermont, en quête de constance, l'essentiel est ailleurs...