Clermont en champion

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Clermont en champion
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Le choc des Champions de France et d'Europe ce samedi, à Marcel-Michelin, dans le cadre de la 13e journée du Top 14, a permis à l'ASM Clermont Auvergne d'initier sur des bases solides (32-25) un mois de décembre de tous les dangers en dominant un Stade Toulousain, champion d'automne impuissant. Deux essais de Malzieu et Lapandry, contre une réalisation sur interception de Médard, mais aussi les 22 points au pied de Parra relancent totalement les tenants du titre.

Le choc des Champions de France et d'Europe ce samedi, à Marcel-Michelin, dans le cadre de la 13e journée du Top 14, a permis à l'ASM Clermont Auvergne d'initier sur des bases solides (32-25) un mois de décembre de tous les dangers en dominant un Stade Toulousain, champion d'automne impuissant. Deux essais de Malzieu et Lapandry, contre une réalisation sur interception de Médard, mais aussi les 22 points au pied de Parra relancent totalement les tenants du titre. Du grand, du bon Clermont ! Attendu au tournant à l'heure de cette reprise et de l'entame d'un mois de décembre de tous les dangers, les Champions de France se devaient de répondre présents ce samedi, sur leur pelouse de Marcel-Michelin, préservée des intempéries, face aux Toulousains dans un choc des Champions en très haute altitude entre tenants du Brennus et Champions d'Europe, accessoirement assurés depuis la veille de la couronne honorifique de Champions d'automne. L'ASM, à douze points de son adversaire avant la rencontre, avait beaucoup à perdre, mais a donné les garanties attendues face à son rival n°1, qui n'aura existé que l'espace d'une interception de Maxime Médard à laquelle répondait du tac au tac, ou presque, le premier des deux essais clermontois, oeuvre de Julien Malzieu. L'ailier clermontois, comme son rival toulousain, qu'il talonne au classement des meilleurs marqueurs d'essais du Top 14, se rappelaient du même coup au bon souvenir des sélectionneurs nationaux... L'équipe de Vern Cotter rendait une copie dense, complète et proche de la perfection, à l'image d'un Morgan Parra, auteur de 22 points au pied et symbole d'une colonie d'internationaux, tous sur le pont pour cette séance collective d'exorcisme de leurs démons bleus, qui avant la double confrontation européenne face au Leinster, replace Clermont dans les six premiers. "Caucau", une cravate d'entrée Attraction au coup d'envoi, le grand retour de Rupeni Caucaunibuca tourne court... Tandis que Brock James allonge une passe qu'un Maxime Médard, mort de faim, intercepte pour refroidir un peu plus, si c'est possible l'ambiance de Marcel-Michelin (3-10, 9e) - la température avait chuté à -12 la nuit précédant le match - la recrue fidjienne du Stade, sur sa première intervention, prouve qu'il a encore quelques progrès physiques à accomplir, quand, pris de vitesse, par Julien Malzieu, il commet une vilaine cravate en bord de touche, synonyme de carton jaune (13e). "Il est encore très loin de son meilleur niveau, on investit à moyen terme..., commentait Novès avant la rencontre. "Rups"" semble en effet encore loin du compte... L'ancien Agenais peut s'excuser, le mal est fait... Car Clermont, exception faite de ce coup du sort à l'entame de match, manifeste une faim de loup et impose une intensité terrible que cette supériorité numérique ne fait qu'accentuer. Après la percussion de Nalaga côté droit, Sione Lauaki fixe plein axe avnt de décaler Malzieu qui, décidément en verve face aux Fidjiens, raffûte Vilimoni Delasau sur la gauche avant de croiser sa course pour tromper Clément Poitrenaud et s'en aller aplatir sous les perches. Quel essai clermontois qu'un Morgan Parra, parfaitement réglé au pied, à la différence de James... et de Skrela, transforme (13-10, 19e) ! Soucieux d'effacer le traumatisme du Stade de France, le demi de mêlée enfonce le clou (16-10, 29e) quand Toulouse, sous l'éteignoir et contraint à la faute, rend ses trop rares munitions. Dans ces conditions, le nouvel essai clermontois apparaît plus que logique. Un jeu au pied rasant de James dans le dos de la défense rouge et noire et Poitrenaud, en couverture, cafouille sous ses perches et devant Alexandre Lapandry pour laisser le troisième ligne aplatir un ballon ; une action que valide la vidéo à tort en raison d'une position de hors jeu au départ de l'action. Parra n'en a cure, qui poursuit son sans-faute (23-13, 37e). La réduction du score de Skrela (23-16, 38e) est un moindre mal avant la pause pour des Toulousains pris de manière incontestable. "Garder l'intensité et l'emprise sur cette équipe toulousaine. La feuille de route de l'ASM est dressée par Cotter, interrogé à la mi-temps sur Canal+. Clermont, sans parvenir à tuer la bête, s'y emploie au cours d'un chassé-croisé, qui rythme la seconde période, entre Parra (44e, 57e) et Skrela (50e, 60e) pour maintenir l'écart au tableau d'affichage (29-22). Le Stade fait une croix sur la victoire, d'autant que le coaching mobilise un banc quatre étoiles côté clermontois (Domingo, Pierre, Bonnaire) quand Toulouse a choisi de laisser ses internationaux au repos. Ça n'empêche pas Frédéric Michalak de signer son retour à la compétition après neuf mois d'absence d'une pénalité, qui remet le Stade dans les clous pour un éventuel bonus défensif (29-25, 73e). Un minimum syndical qui, malgré le dernier coup de pied d'un Parra proche du 100 % (8 sur 9), n'échappera pas aux Champions d'Europe. "On avait à faire à une grosse défense", jugeait le capitaine toulousain du jour, Yannick Nyanga, évoquant "un sentiment mitigé." "Peut-être qu'on a manqué de d'ambition à certains moments, mais à Clermont, c'est quand même bonne opération." Dire que Toulouse concède là sa plus lourde défaite de la saison, ça laisse rêveur...